La communauté internationale réagit aux accusations portées par le JIT dans l'enquête sur le MH17

La communauté internationale réagit aux accusations portées par le JIT dans l'enquête sur le MH17

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Ukrinform
De nombreux pays ont réagi aux conclusions apportées par les enquêteurs du JIT (Joint Investigation Commission), jeudi 24 mai, accusant le missile et le système de lancement d'appartenir à la 53ème brigade d'artillerie antiaérienne de la Fédération de Russie. Les dirigeants russes, de leur côté, continuent de nier les accusations portées à leur encontre.

Malgré le refus de la Russie de reconnaître le travail et les preuves apportées par les enquêteurs, une grande part de la communauté internationale l'enjoint maintenant à apporter des justifications et assumer ses responsabilités.

Les partenaires et soutiens de longue date de l'Ukraine dans le conflit qui l'oppose à la Fédération de Russie suite à l'occupation de la Crimée et l'intervention de ses forces armées dans le Donbass ont pour beaucoup d'entre eux réagit aux conclusions de l'équipe d'investigation internationale. Parmi ceux-ci, le Canada, par la voix de sa ministre des Affaires étrangères du Canada, Chrystia Freeland :

"Le Canada continue d'exhorter les autres pays à défendre un ordre international fondé sur des règles dans lequel les responsables du crash du vol MH17 seront tenus responsables de leurs actions conformément aux normes internationales. Cela est conforme à l'appel à la responsabilité et à la coopération unanimement adopté dans la résolution 2166 du Conseil de sécurité des Nations Unies. Nous devons continuer à exiger justice pour les victimes et leurs familles, y compris un citoyen canadien qui a péri dans cette horrible attaque".

Son homologue australienne, Julie Bishop, a pour sa part désigné directement la Fédération de Russie, selon un communiqué du service de presse du ministère des Affaires étrangères australien :

 "L'équipe d'enquête conjointe, qui comprend également des membres de plusieurs pays - la Belgique, la Malaisie, les Pays-Bas et l'Ukraine - a conclu que le système de missiles BUK utilisé pour détruire le MH17 appartenait à la 53ème brigade antiaérienne de la Fédération de Russie. […] Qu'une arme sophistiquée appartenant à l'armée russe a été envoyée et utilisée pour abattre un avion civil devrait être une grave préoccupation internationale. Nous discutons de ces conclusions avec nos partenaires et examinons nos options", a déclaré la ministre.

Lire aussi : Le MH17 abattu par un missile « Buk » russe tiré par la 53ème brigade de Koursk

L'OTAN, par la voix de son secrétaire général, Jens Stoltenberg, à également appelé la Russie a pleinement coopérer avec les instances internationales afin d'établir toutes les responsabilités dans cette affaire :

"Les Pays-Bas et l'Australie ont annoncé qu'ils tiennent la Russie pour responsable du vol MH17 le 17 juillet 2014. J'appelle la Russie à assumer ses responsabilités et à coopérer pleinement à tous les efforts visant à établir la responsabilité, conformément à la résolution 2166 du Conseil de sécurité des Nations Unies", a précisé Stoltenberg.

"Le crash du MH17 a été une tragédie mondiale […] L'OTAN a exprimé à plusieurs reprises son plein soutien aux efforts entrepris par les autorités néerlandaises et d'autres pour faire la lumière sur ce qui s'est passé ce jour terrible et pour rendre justice aux 298 personnes tuées et à leurs proches", peut-on lire dans le communiqué publié sur le site internet de l'Alliance atlantique.

MH17

Même souhait du côté du ministres des Affaires étrangères britanniques. Le Royaume-Uni, engagé dans un bras de fer politique avec Moscou depuis l'empoisonnement d'un ancien agent double russe et de sa fille sur son territoire au début du mois de mars, dans une affaire qui ressemble fort à une tentative d'ingérence des autorités russes, a usé d'un ton plus fort que ses partenaires occidentaux :

"Le Kremlin estime qu'il peut agir en toute impunité [...] Le gouvernement russe doit maintenant répondre de ses actions en ce qui concerne la chute de MH17 […] C'est un exemple flagrant du mépris du Kremlin pour la vie innocente", a déclaré Boris Johnson, le ministre britannique des Affaires étrangères.

Au-delà des initiatives personnelles des Etats, dont les Pays-bas furent les premiers a exiger de la Russie qu'elle coopère à l'enquête et accepte les conclusions de l'équipe d'enquêteurs internationale, l'Union européenne a elle aussi tenu, à travers un communiqué publié par la cheffe de sadiplomatie, Federica Mogherini, a exiger officiellement de la Fédération russe qu'elle "reconnaîsse sa responsabilité" et "coopérer pleinement avec tous les efforts visant à établir l'imputabilité" de la destruction de l'avion de la compagnie Malaysia Airlines. 

Lire aussi : MH 17 : Un officier russe du GRU identifié comme suspect

Le président de la République française, Emmanuel Macron, actuellement en visite officielle a quant à lui appelé Moscou à adopter "une attitude constructive" dans l'enquête afin de participer à la manifestation de la vérité.

Le chef de l'Etat s'est déclaré satisfait du fait que Vladimir Poutine ait décidé de coopérer avec l'équipe d'enquêteurs internationaux.

La diplomatie russe, pourtant, refuse toujours les conclusions du JIT. Serguei Lavrov, au cours d'une conférence de presse tenue vendredi à Moscou à déclaré que les Pays-Bas n’avaient présenté "aucun fait" permettant d’accuser la Russie et que ces accusations n'étaient que "politiques". La veille déjà, Lavrov avait qualifier les conclusions de l'équipe d'enquête internationale d' "accusations gratuites visant à discréditer [son] pays devant la communauté internationale", rejoignant ainsi les propos du président russe tenus jeudi 24 mai au soir lors d’une conférence de presse aux côtés d’Emmanuel Macron.

Vladimir Poutine avait alors déclaré ne "pas être au courant des détails" des accusations portées par le JIT et regretter que la Russie ne participe pas aux investigations, à l'inverse de l'Ukraine.

Lire aussi : L'Ukraine intentera une action devant la Cour de justice de l'ONU contre le financement du terrorisme par la Russie

Pour information : L'avion de ligne, un Boeing-777 appartenant à Malaysia Airlines, en provenance d'Amsterdam et à destination de Kuala Lumpur, a été abattu par des miliciens soutenus par la Russie dans le Donbass en juillet 2014. Il y avait 283 passagers et 15 membres d'équipage à bord de l'avion. .

En septembre 2016, le JIT avait annoncé avoir établi sur la base de preuves irréfutables que l'avion avait été abattu par un missile Buk-9M38 lancé depuis le territoire contrôlé par des miliciens.

L'JIT est composée d'autorités policières et judiciaires des Pays-Bas, d'Australie, de Belgique, de Malaisie et d'Ukraine.

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