Daniel Baer, Représentant permanent des Etats-Unis auprès de l'OSCE
La question de la mission de police armée dans le Donbass, il faut la résoudre selon la situation
16.12.2016 11:54 257

Les Etats-Unis estiment qu'à l'heure qu’il est il n’est pas utile de modifier le mandat de la Mission spéciale de surveillance de l'OSCE dans le Donbass, mais les Etats-Unis sont prêts à discuter cette question quand les conditions permettront à le faire. Les pays membres de l'organisation sont prêts au dialogue avec la Russie, mais en cas de refus obstiné de ce pays de coopérerde manière constructive,des contre-mesures respectifs seront pris. Dans sa brève interview à Ukrinform l'Ambassadeur et le Représentant permanent des Etats-Unis à l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe Daniel Baer a fait une analyse de la situation.

- Monsieur l'Ambassadeur, il est évident que la question de la mission de police armée ne se voit pas faisable, au moins à ce stade. Vous en avez parlé, vous-même. Le chef de la diplomatie ukrainienne Pavlo Klimkine a récemment suggéré que l'une des options puisse consister à attirer des capacités de l'ONU, option qui a été discutée par lui avecle nouveau Secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres. À votre avis, est-ce que cela peut être une solution?

- En ce qui concerne la mission de police ou sa présence pour garantir la sécurité des élections dans le Donbass, aucune propositionformelle à ce sujet n'a été présentée jusqu’à présent.

Comme vous le savez, l'OSCE a sa Missionspéciale de surveillance en Ukraine et une petite mission de surveillance sur deux postes de contrôle le long de la frontière russo-ukrainienne. Ces missions, toutes les deux, sont civiles et non-armées. Nous croyons qu'elles doivent continuer à faire leur travail dans le cadre de leurs mandats.

Nous avions déjà dit que si le cessez-le-feu est atteint et il reste stable et durable, si le plein contrôle de la frontière est rétabli, alors cela pourrait ouvrirune possibilité pour un certain progrès sur d'autres points des accordsde Minsk. Et si à ce moment on a besoin de plus de soutien de la part de la communauté internationale pour promouvoir la mise en œuvre des accordsde Minsk, alors nous allons l'examiner. Jusqu'à présent, les discussions se font plus souvent pendant les conférences de presse que lors des réunions officielles.

Je pense qu'en réalité la question consiste en ce que nous devons assurer la trêve durable et stable, cesser les actions de combat sur le terrain et de réfléchir ensemble à ce qu'il faut encore de la part de la communauté internationale. Les Etats-Unis sont ouverts pour ce débat et nous le ferons du point de vue pratique compte tenu de ce qui est vraiment nécessaire en fonction de la situation sur le terrain. La semaine dernière nous avons entendu un point de vue similaire de la Haute représentante de l'UE Federica Mogherini qui consisteen ce que l'UEégalement architecturera toute discussion sur ce point en fonction de la situation sur le terrain.

-Le chef de la diplomatie allemande Frank-Walter Steinmeier a parlé à Hambourg de la nécessité l’année prochaine de renforcer et de mieux équiper la Mission spéciale de surveillance (MSS) et donc il a appelé les pays membres à tenir compte de ce fait lors de la discussion du budget de l'organisation pour l'année 2017. De quelles mesures de renforcement s’agit-il?

Il n'y a pas de sens d'augmenter le nombre d'observateurs de la MSS sur le terrain, si ils n'ont pas la possibilité de se déplacer librement et de faire leur travail.

- Nous comptons sur la coopération avec la présidence autrichienne et les autres Etats parties dans la question d'améliorer l'efficacité de la MSS et de garantir qu'elle recevra les outils, les ressources et le soutien politique qui lui sont nécessaires pour l'exécution du mandat.

A' bref délai cela signifie de fournir du matériel supplémentaire : caméras, capteurs et d'autres équipements qui permettront d'élargir sa capacité de «voir» en dehors des endroits où les observateurs sont présentsphysiquement.

Cela signifie également la poursuite de la pression sur la Russie et les séparatistes dont elle prend en charge, visant à assurerl’accès plein et libre des observateurs conformément aux accordsde Minsk.

Nous aimerions, bien sûr, obtenir plus d'informations de la part de la MSS sur la base d'un plus large accès au territoire qu'elle doit surveiller. Mais il n'y a pas de sens d'augmenter le nombre d'observateurs sur le terrain, si ils n'ont pas la possibilité de se déplacer librement et de faire leur travail.

- Le représentant permanent de la Russie auprès de l'OSCE Alexandre Loukachevitch a récemmentdéclaré que la Mission de surveillance de l'OSCE dans le Donbass en vigueur peut avoir des problèmes avec le renouvellement de son mandat qui expire le 31 mars, et ce faisant il a jeté le blâme sur l'Ukraine du fait, selon Loukachevitch, de «la réticence de l’Ukraine de résoudre des questionsde manière constructive». Pouvez-vous apporter vos commentaires sur cela? Est-ce que vraiment existe un risque potentiel que le mandat même de la mission existante puisse être révoqué?

                                                                   

Il est vrai que la Russie démontre ces derniers temps qu'ils sont prêts à être des nuisibles et des intervenants malhonnêtes, notamment dans le cadre de l'OSCE.

Les Etats parties de l'OSCE ont été précis et unis dans leur appel à la cessation de la guerre à l'est de l'Ukrainequi a été déclenchée par le Kremlin.

- Je ne veux pas du tout discourir de ce que nos collègues russes peuvent faire ou non. L'OSCE est une organisation à un consensus et c'est vrai que la Russiedémontre ces derniers temps qu'ils sont prêts à être des nuisibles et desintervenants malhonnêtes, notamment dans le cadre de l'OSCE.

Mais ils sont isolés dans ce genre d'activité. Tous les autres Etats parties de l'OSCE ont été précis et unis dans leur appel à la cessation de la guerre à l'est de l'Ukraine qui a été déclenchée par le Kremlin. Il est compréhensible que la Russie est l'agresseur et le réprouvé dont témoignent ses efforts unilatéraux visant à bloquer le projet de déclaration de l'OSCE sur l’Ukraine.

Et parce que nous sommes pleinement conscients du comportement de la Russie, les autres - ceux d'entre nous qui agissent sur la base de la bonne volonté - continueront d'essayer d'impliquer la Russie dans la coopération constructive et d'être ouverts à ce type d'interaction.

Nous allons les juger sur leurs actes. Et si les Russes décident de continuer à être les nuisibles et d'agir de manière malhonnête, alors nous allons travailler afin de les poursuivre.

Olga Тanassiytchouk, Berlin.

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