Rebecca Harms, membre du Parlement européen
Les sanctions doivent rester en vigueur tant que l'occupation de la Crimée se poursuit
21.08.2018 16:06

Membre du Parlement européen, membre de la commission sur la coopération parlementaire entre l'Ukraine et l'UE, Rebecca Harms soutient l'Ukraine depuis l'Euromaidan. Elle défend constamment les intérêts de l'État ukrainien devant la communauté européenne et ne cesse de se battre pour que la réalisation des réformes dans le pays se poursuivent. « Crimea Inform » a discuté avec madame Harms de la représentation que les pays européens entretiennent à propos de la  Crimée, 4 ans après le début de  son annexion.

Rebecca, à quel stade la question de la Crimée est-elle aujourd’hui à l’ordre du jour en Europe et dans le monde ?

Je pense que l'on n'y prête pas suffisamment d'attention. Au Conseil de l'Europe, nous avons échangé des informations avec le Commissaire aux droits de l'homme, Nils Muižnieks, à propos de  la situation des droits de l'homme dans toutes les régions en proie à des conflits gelés à la frontière de l'Union européenne et dans les pays partenaires. De l'avis commun, la Crimée suscite la plus grande inquiétude parmi tous les territoires occupés. Et cela signifie que la communauté internationale devrait s'impliquer davantage dans ce dossier.

En Ukraine, on dit souvent que la réaction de la communauté internationale à un conflit militaire avec la Russie pourrait être plus forte. Pensez-vous que les sanctions soient la seule action que la communauté internationale puisse faire?

Il n'y aura pas d'intervention militaire dans ce conflit. Le régime des sanctions continuera à fonctionner. De temps en temps, dans certains gouvernements de l’UE, des discussions se poursuivent sur la nécessité de ces sanctions. Mais la majorité est en faveur de leur maintien. Et compte tenu des tendances négatives du développement économique en Russie, nous observons  que les sanctions fonctionnent, c'est-à-dire qu'elles ont l’impact que nous voulons. On peut se demander si la diplomatie fait suffisamment d’efforts. Et ici je suis d'accord. Je pense que ça ne suffit pas. Les négociations concernant le Donbass ont des résultats douteux. La Crimée devrait également occuper une place beaucoup plus importante dans les négociations. La situation humanitaire et les problèmes des droits de l’homme en Crimée nécessiteraient autant d’attention que pour d’autres conflits.

Combien de temps pensez-vous que les sanctions de la communauté européenne contre la Russie seront maintenues?

Les sanctions devraient rester en vigueur tant que l'occupation de la Crimée se poursuit. En ce qui concerne les sanctions liées au Donbass, je ne vois pas non plus de conditions préalables à leur affaiblissement.

Pensez-vous que le gouvernement ukrainien fait tout ce qui est en son pouvoir pour libérer la Crimée de l’occupation?

Pour être honnête, je ne vois pas quelles mesures concrètes le gouvernement ukrainien peut prendre pour libérer la Crimée de cette occupation. Je pense que la décision de la communauté internationale d’imposer des sanctions contre la Russie est correcte et qu’elle ne devrait pas être modifiée. C'est une sorte de garantie qui peut donner des résultats à l’avenir. De plus, j’estime qu’il est très important que l’Occident continue à ne pas reconnaître l’annexion de la Crimée et continue à considérer la péninsule comme un territoire occupé. Il existe une expression « territoire temporairement occupé de l'Ukraine ». Pour certains, cela peut sembler une formulation technique, mais il était très important pour moi de voir cette formulation dans la résolution de l'un des comités des Nations Unies.

 L’Ukraine peut-elle faire davantage dans la situation actuelle pour accélérer le règlement du problème en Crimée?

- Il ne faut surtout pas permettre d’oublier cette question. Le meilleur moyen est de continuer à travailler et d’informer constamment la communauté internationale sur le déroulement des événements. Ne laissez pas les gens s'habituer à l'idée que la situation actuelle est quelque chose de normal ou de naturel, même si certains Russes voudraient bien nous le faire croire.

Dès le début, j'ai été parmi ceux qui ont résolument pris le parti des Ukrainiens dans la guerre avec la Russie. Je suis contre l'occupation et l'annexion. Mais j'ai toujours été convaincue qu'il ne serait pas possible de résoudre ce conflit par des moyens purement militaires. L'Ukraine ne peut gagner dans cette guerre qu'en réformant son propre pays. Le processus de réformes est également une arme efficace pour la victoire sur Poutine.

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EH

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