Paradis tropical au milieu de l'hiver

Paradis tropical au milieu de l'hiver

Ukrinform
Pour la troisième année consécutive, en hiver, un agriculteur de Bucovine cultive des fruits tropicaux dans son jardin.

Papayes, avocats, pitahayas (ou fruit du dragon), caféiers, bananes, ananas, mandarines, oranges et citrons d'un kilogramme et demi, tous ces fruits tropicaux poussent dans le jardin privé d’Ivan Halip, agriculteur du village de Kamenka, dans la région de Tchernivtsi.

LA NAISSANCE D'UN RÊVE

L'homme avoue que profiter de fruits exotiques cultivés dans son propre jardin était son rêve d'enfant.

« Quand j’avais 6 ans, je me suis retrouvé sans mère, donc j’ai été envoyé dans un orphelinat. Là, on nous a donné deux mandarines ou oranges pour une collation en milieu d'après-midi. J'ai récupéré les pépins et j'ai essayé de les planter dans un pot et de les faire pousser. Une fois, en hiver, nous avons été emmenés en excursion dans une ferme où les tomates étaient cultivées en serre. Là, c'était vraiment intéressant pour nous: 20 degrés en dessous de zéro dans la rue et 20 de chaleur dans la serre. Depuis, un rêve s'est implanté dans ma tête: si on plantait des orangers ou des citronniers entre ces tomates, ils pourraient peut-être produire une récolte? Ce rêve de cultiver mon propre jardin d'arbres tropicaux est resté en moi depuis plus de 30 ans », explique l'agriculteur de Bucovine.

Le fermier a commencé à réaliser ce rêve il y a quelques années. Il a acheté une ancienne scierie, sur laquelle il a travaillé comme menuisier, et a commencé à construire de grandes serres souterraines.

«J'ai d'abord dû casser la scierie. C'est 150 tonnes de béton qu’il fallait démonter. Puis, nous avons creusé un trou - 60 mètres de long environ pour 12-13 mètres de large et deux mètres de profondeur. J'étais vraiment inquiet qu'il pleuve et que ça inonde le trou. Mais heureusement, tout s'est bien passé bien que j’y ai laissé beaucoup de forces. Je suis généralement silencieux sur l'argent investi. J'ai consacré beaucoup d'efforts à la création de ce jardin. Mais quand j'ai reçu la première récolte, j'ai compris que ça en valait le coup », raconte Ivan Halip.

JE PRENDS SOIN DES PLANTES, MÊME LA NUIT

Aujourd'hui, la superficie de deux thermo-serres de l'agriculteur de Bucovine est d'environ 600 mètres carrés. Le jardinier y a planté des dizaines de plants exotiques, adaptés au climat ukrainien.

«En août 2019, le jour de l'Indépendance de l’Ukraine, cela faisait exactement trois ans que nous avions acheté et planté les premiers semis en serre. Je me souvenais bien de cette journée, à cause des vacances, je devais rester longtemps dans les embouteillages - et je craignais que les semis périssent», se souvient Ivan Halip.

Aujourd’hui, environ 200 espèces de plantes diverses poussent dans les serres du jardinier de Bucovine. Et chaque année, l'agriculteur essaie d'élargir la gamme de fruits cultivés dans ses propres serres. Au début, il y avait des bananes, des ananas, des caféiers, des mandarines et des citrons. Plus tard, Ivan a réussi à planter des avocats et des papayes.  Maintenant, il rêve de planter des mangues, des figues de rue et des grenades.

Inna, épouse d’Ivan, rappelle combien il était difficile de réaliser le projet de son mari et admet qu’elle-même ne croyait pas qu’il serait possible de créer un jardin tropical.

« Quand je rentre à l'intérieur de la serre et que je vois le résultat de son travail, je comprends que cela ne valait pas la peine de l’en dissuader, mais au contraire de l'aider tant que possible. Pourtant, au début, quand il a creusé cet énorme trou et a investi beaucoup d'argent dans ces travaux, cela ne semblait pas le cas »,  explique Inna Halip.

Elle avoue avec sourire qu'elle est quand même parfois jalouse de l’intérêt de son mari pour son jardin. Après tout, il peut y passer beaucoup de temps. Mais Inna est toujours la première personne à voir les résultats de son travail.

« Quand il entre dans la maison et me dit: « Viens voir à la serre, je veux vous montrer quelque chose », je comprends déjà que de nouveaux fruits, que nous n'avions pas eu auparavant, ont muri ou que la nouvelle plante a fleuri. En fait, il faut aimer ce travail. Il peut s’occuper des plantes au milieu de la nuit. Ce n’est pas difficile pour lui et il adore ça », ajoute l’épouse du fermier.

MÊME DES ÉTRANGERS VIENNENT VISITER LES SERRES D’IVAN

Cette année, les mandarines et les citrons ont fructifié de manière intensive. Le propriétaire dit que les fruits atteignent jusqu'à un kilogramme et demi. Dans une autre serre, les bananes ont poussé. La papaye tropicale mûrit également et le couple de fermiers en fait une délicieuse confiture.

«Et quand l'ananas est complètement mûr, alors il y a dans la serre une forte odeur de miel, comme dans une ruche avec des abeilles. De même, d'autres fruits n'ont même pas la même odeur que ceux qui sont vendus en magasin. Et le goût des bananes cultivées dans sa propre serre ne peut jamais être comparé au goût de celles achetées sur les marchés ou dans les magasins. Je n'utilise pas de chimie, seulement de l’engrais naturel, de l'humus. Par exemple, les bananes aiment le phosphore. Et quand nous mangeons du poisson, nous ne jetons pas les os et les entrailles car nous en faisons une soupe spéciale que nous ajoutons dans la terre aux abords des bananiers. Avec, ils commencent à porter leurs fruits plus rapidement. Maintenant, les petits fruits des bananes commencent à paraître», montre le jardinier. « Je pense qu'en février, il y aura une récolte entière».

L'agriculteur est heureux de tirer chaque année de plus en plus de profit de son travail. Mais il est conscient que le retour sur investissement dans son entreprise est encore loin.

«Peut-être qu’en attirant de nombreux employés pour prendre soin du jardin, en l'agrandissant et en cueillant plus de fruits pour les vendre sur les marchés, je pourrais gagner de l'argent plus rapidement.  Mais pour le moment, je suis pratiquement seul à m'occuper de ces 600 mètres carrés de jardin. J’ai beaucoup d'idées, mais pas assez de temps et de mains. Chaque année, de plus en plus de gens découvrent mon jardin, des groupes d'enfants et d'adultes s'inscrivent pour des visites guidées. Il y a même des étrangers qui viennent voir mes serres. Lors de telles excursions, nous proposons aux visiteurs d'acheter nos fruits et si quelqu'un s'intéresse aux semis, nous les vendons également », explique le propriétaire du jardin tropical.

Étant donné que Kamenka est l'un des plus grands villages de la région de Tchernivtsi, ce sont surtout les habitants de cette localité qui représentent les principaux acheteurs des fruits d’Ivan.

« Les gens connaissent les conditions dans lesquelles je cultive, je n'utilise pas de chimie. Ils comprennent les avantages de ces fruits et, par conséquent, ils les achètent régulièrement. Donc je ne me plains pas du manque d'acheteurs », assure Ivan Halip.

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