L’Ukraine perd une place dans le classement de Reporters sans frontières sur la liberté de la presse

L’Ukraine perd une place dans le classement de Reporters sans frontières sur la liberté de la presse

Ukrinform
L’Ukraine a perdu une place entre 2020 et 2021 dans le classement annuel de Reporters sans frontières (RSF) sur la liberté de la presse et se classe désormais 97ème.

Selon le rapport publié sur le site de RSF, le journalisme, est totalement ou partiellement bloqué dans 73 % des 180 pays évalués par RSF.

Ces chiffres correspondent au nombre de pays classés rouge ou noir sur la carte mondiale de la liberté de la presse, c’est-à-dire ceux dans lesquels le journalisme est dans une « situation difficile », voire « très grave » et à ceux classés dans la zone orange, où l’exercice de la profession est considérée comme « problématique ».

Le blocage du journalisme est révélé par les données du Classement qui mesurent les restrictions d’accès et les entraves à la couverture de l’actualité. RSF a enregistré une dégradation flagrante de l’indicateur sur la question. Les journalistes sont confrontés à une « fermeture des accès » au terrain comme aux sources d’information, du fait ou au prétexte de la crise sanitaire. Seront-ils d’ailleurs rouverts après la fin de la pandémie ? L’étude montre une difficulté croissante pour les journalistes d’enquêter et de faire des révélations sur des sujets sensibles, en particulier en Asie et au Moyen-Orient, ainsi qu’en Europe.

Le baromètre Edelman Trust 2021 révèle une défiance inquiétante du public envers les journalistes : 59 % des personnes interrogées dans 28 pays considèrent que les journalistes tentent délibérément d'induire le public  en erreur en diffusant des informations dont ils savent qu’elles sont  fausses. Néanmoins, la rigueur et le pluralisme journalistiques permettent de contrer la désinformation et les « infodémies », c’est-à-dire les manipulations et les rumeurs.

Pour la cinquième année consécutive, la Norvège est classée au premier rang,  même si les médias ont mis en exergue un manque d’accès aux informations publiques sur la pandémie. La Finlande conserve sa place de deuxième, tandis que la Suède (3e, +1) retrouve sa place de troisième, perdue l’année dernière au profit du Danemark (4e, -1). L’édition 2021 du Classement confirme donc une forme de « domination nordique » ou, sous un angle moins concurrentiel, de « modèle nordique ».

Seuls 12 pays sur 180, soit 7 % (au lieu de 8 % en 2020), peuvent encore se targuer d’offrir un environnement favorable à l’information. L’Allemagne (13e, -2), où des dizaines de journalistes ont été agressés par des manifestants proches des mouvances extrémistes et complotistes lors de rassemblements anti-restrictions sanitaires, ne fait plus partie, en 2021, de ce pré carré.

La situation de la liberté de la presse en Allemagne reste cependant plutôt bonne, tout comme celle des  Etats-Unis (44e, +1), même si la dernière année du mandat de Donald Trump s’est caractérisée par un nombre record d'agressions (près de 400) et d’arrestations de journalistes (130), selon le US Press Freedom Tracker, dont RSF est partenaire.

L’Europe et l’Amérique (Nord et Sud) restent les continents les plus favorables à la liberté de la presse, même si la zone des Amériques enregistre cette année la plus grande dégradation des scores régionaux (+2,5 %). Le continent européen accuse pour sa part une détérioration conséquente de son indicateur « Exactions ». Les actes de violence ont plus que doublé au sein de la zone Union européenne-Balkans, alors que cette dégradation est de 17 % au niveau mondial. Les agressions  contre les journalistes et les interpellations abusives se sont notamment multipliées en Allemagne, en France (34e), en Italie (41e), en Pologne (64e, -2), en Grèce (70e, -5) , en Serbie (93e) et en Bulgarie (112e, -1). L’Ukraine a perdu une position dans le classement et se classe 97ème.

Si la détérioration  du score « Exactions » est moindre en Afrique, ce continent reste le plus violent pour les journalistes, d’autant que la pandémie de Covid-19 a exacerbé le recours à la force pour empêcher les journalistes de travailler. En Tanzanie (124e), le président John Magufuli affirmait que le coronavirus était un « complot des Occidentaux » et que son pays l’avait chassé « par la prière ». Il avait instauré un blackout de l’information sur la pandémie, avant de décéder en mars.

En Asie-Pacifique, le virus de la censure s’est répandu au-delà de la Chine, notamment à Hong Kong (80e), où la loi sur la sécurité nationale imposée par Pékin menace sérieusement l’exercice du journalisme. L’Australie (25e, +1) a expérimenté une variante inquiétante : en réponse à un projet gouvernemental exigeant des plateformes de rémunérer la presse pour les contenus repris sur les réseaux sociaux, Facebook a décidé d’interdire aux organes de presse australiens de publier ou de partager des contenus journalistiques sur leurs pages.

La zone Europe de l’Est et Asie centrale (EEAC) conserve son avant-dernière place au niveau régional, en raison notamment des événements au Bélarus (158e, -5) : une  répression d’une ampleur inégalée s’est abattue sur les journalistes pour masquer la réalité d’une large contestation des résultats de l'élection présidentielle.

Aucun changement majeur n’a été constaté dans la région du Moyen-Orient/Afrique du Nord (MENA), qui conserve la dernière place au Classement. En Algérie (146e) et au Maroc (136e, -3), une justice instrumentalisée contribue à réduire les journalistes critiques au silence, tandis qu’au Moyen-Orient, les pays les plus autoritaires, l’Arabie saoudite (170e), l’Egypte (166e) et la Syrie (173e, +1), ont renforcé  leurs pratiques de musellement de la presse et réaffirmé leur monopole de l’information à la faveur de la crise sanitaire. Dans cette région du monde, qui reste la plus dure et la plus dangereuse pour les journalistes, la pandémie de Covid-19 n’aura fait qu’exacerber les maux d’une presse déjà à l’agonie.

La stabilité de l’indice global de référence du Classement entre 2020 et 2021 (qui enregistre une baisse de 0,3 %) ne saurait occulter la situation générale au regard du moyen terme : l’indice global reste dégradé de 12 % en comparaison de ce qu’il était à sa création en 2013.

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