Guerre en Ukraine : l’OIT suspend toute coopération avec la Russie tant que le conflit durera

L’Organisation internationale du travail (OIT) a décidé, mercredi, de suspendre son assistance technique à la Russie jusqu’à l’arrêt de la guerre en Ukraine.

« Le Conseil d’administration du Bureau international du Travail décide de suspendre provisoirement toute activité de coopération ou d’assistance technique de l’OIT en faveur de la Fédération de Russie, jusqu’à ce qu’un cessez-le-feu soit convenu et qu’un règlement pacifique soit mis en œuvre », a annoncé cette organisation onusienne basée à Genève.

Dans ce texte voté mercredi, le Conseil d’administration de l’OIT estime que seule l’aide humanitaire pourra faire l’objet d’une collaboration avec la Russie tant que la guerre se poursuit.

La résolution (42 Oui, 2 Non et 8 Abstentions) suspend ainsi les invitations conviant Moscou à participer à toutes les techniques et d’experts. Autre décision, les représentants russes ne seront plus conviés aux réunions qui dépendent du Conseil d’administration.

L’OIT estime que « l’agression contre l’Ukraine que continue de mener la Russie, aidée en cela par le gouvernement du Bélarus, est clairement incompatible avec les buts et objectifs de l’Organisation et avec les principes régissant sa composition ». Par conséquent, elle demande à Moscou d’empêcher davantage « d’impacts dévastateurs » pour les patrons et les travailleurs en Ukraine.

Les Etats doivent eux faire en sorte que ce pays cesse son offensive et arrête de violer les droits des travailleurs, dit la résolution. Le texte demande aussi à Moscou de mettre fin aux souffrances infligées à la population ukrainienne et à s’abstenir de continuer à recourir de manière illégale à la menace ou à l’emploi de la force contre tout État Membre.

Il s’agit de s’engager sur la voie d’un règlement pacifique, conformément à la Charte des Nations Unies et au droit international.

Par ailleurs, le Conseil est « très inquiet » des victimes civiles et de la destruction d’infrastructures civiles, mais aussi «l’impact grave sur les travailleurs et les employeurs» qui poursuivent leur activité malgré les violences. Il dénonce les assauts contre les centres de santé, des écoles, des services de transport, des entreprises et des centrales nucléaires, relevant qu’une telle situation fait empirer les difficultés d’accès humanitaire.

A long terme, le Conseil s’est dit préoccupé par l’effet sur les revenus des Ukrainiens et sur l’économie du pays en raison des déplacements massifs et des dommages sur les lieux de travail.

Dans ces conditions, l’OIT demande à la Russie de mettre un terme aux affrontements et de retirer ses troupes.

Le Conseil décide de rester saisi de cette question et demande au Directeur général de suivre la situation en Ukraine et de lui soumettre pour examen à sa 345e session (juin 2022) un rapport sur l’application de la présente résolution, y compris toute recommandation jugée nécessaire, en vue de faire face aux conséquences de l’agression en cours commise par la Russie sur les activités de l’OIT, son mandat et ses mandants tripartites en Ukraine.

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