L'Ukraine poursuit le général russe ayant ordonné la frappe contre l'hôpital pour enfants Okhmatdyt

La justice ukrainienne franchit une nouvelle étape dans la documentation des crimes de guerre avec la mise en accusation officielle du général-major Sergueï Kouvaldine.

Le Service de sécurité d'Ukraine (SBU) et le Bureau du procureur général ont annoncé avoir notifié par contumace ce haut gradé de l'armée de l'air russe, identifié comme le responsable ayant ordonné l'attaque dévastatrice contre l'hôpital pédiatrique national Okhmatdyt à Kyiv, à l'été 2024.

L'enquête a permis de retracer avec précision le déroulement de cette journée tragique du 8 juillet 2024. Selon les preuves accumulées, le général Kouvaldine a personnellement donné l'ordre d'engager un bombardier stratégique Tu-95MS pour lancer un missile de croisière X-101 contre l'établissement médical. Cette arme de haute précision a directement frappé les bâtiments de l'hôpital, causant des destructions massives au sein des unités équipées de technologies de pointe pour les soins pédiatriques.

Le bilan humain de cette frappe est lourd. Une jeune femme médecin et le grand-père d'une patiente ont perdu la vie, tandis que trente-quatre personnes, dont neuf enfants, ont été blessées à des degrés divers. Le drame aurait pu être encore plus vaste, puisque plus de 600 enfants se trouvaient à l'intérieur de l'hôpital au moment de l'explosion.

Au moment de l'attaque, Sergueï Kouvaldine occupait les fonctions de chef d'état-major de l'aviation à long rayon d'action. Les autorités ukrainiennes soulignent que, loin d'être sanctionné pour cette opération contre une cible civile protégée, le général a reçu une promotion peu après les faits, accédant au commandement suprême de l'aviation à long rayon d'action des forces russes.

Désormais visé par une procédure au titre de l'article 438 du Code pénal ukrainien pour crimes de guerre ayant entraîné la mort, le général Kouvaldine figure officiellement sur la liste des responsables militaires russes dont l'Ukraine réclame la condamnation devant les instances internationales.