Poutine cible Kyiv pour masquer l'affront du défilé du 9 mai et ses revers sur le front selon l'ISW
L’attaque massive lancée contre Kyiv dans la nuit du 24 mai apparaît comme une tentative de Vladimir Poutine de masquer l'humiliation subie lors du défilé du 9 mai à Moscou et ses revers militaires actuels, rapporte l'Institut pour l'étude de la guerre (ISW) dans son dernier rapport.
Le Kremlin avait menacé de frapper les « centres de décision » à Kyiv, notamment par son missile Orechnik, si les forces ukrainiennes ciblaient les commémorations russes du Jour de la Victoire. Bien que l'Ukraine n'ait mené aucune action ce jour-là, Moscou avait multiplié les menaces en amont. Selon l'ISW, cette rhétorique visait surtout à dissimuler la faiblesse de la Russie et son incapacité à protéger son propre espace aérien face aux frappes ukrainiennes en profondeur.
Les analystes estiment que ce bombardement de la capitale s'inscrit dans les efforts continus de Poutine pour effacer l'affront d'un défilé du 9 mai largement critiqué. Par cette démonstration de force, le président russe cherche à projeter une image de puissance. L'institut souligne également que cette offensive rompt totalement l'esprit du cessez-le-feu de trois jours observé par l'Ukraine à l'occasion du Jour de la Victoire, illustrant le mépris total de Poutine pour les accords qui ne lui profitent pas directement.
En Russie, les blogueurs militaires qualifient eux-mêmes ces frappes de « symboliques » et reconnaissent qu'elles interviennent sur fond de difficultés majeures pour l'armée russe. Ils critiquent sévèrement le coût exorbitant de l'opération face à son inutilité militaire flagrante, pointant notamment que le tir d'un missile Orechnik sur Bila Tserkva ne répondait à aucun objectif stratégique clair.
L'ISW rappelle que les forces russes affichent de piètres performances sur le terrain et se montrent incapables de remporter des succès opérationnels significatifs au cours de la campagne printemps-été 2026. À l'inverse, l'armée ukrainienne poursuit ses contre-attaques et multiplie les frappes combinées à moyenne portée et dans l'arrière-pays russe. Le commandement russe semble ainsi avoir ciblé Kyiv dans l'espoir vain de détourner l'attention de ses échecs et de faire une démonstration de force à destination des publics intérieur et international.
Le rapport précise enfin que la Russie recourt de plus en plus à des vagues massives de drones de type Shahed pour saturer la défense aérienne ukrainienne afin de maximiser l'impact de ses missiles, alors que les taux d'interception de l'Ukraine restent particulièrement élevés.
Pour rappel, l'armée russe a déployé un total de 690 engins, incluant des drones et des missiles de divers types, lors de cette attaque d'envergure principalement dirigée contre Kyiv. Le bilan global pour l'ensemble du territoire fait état d'une centaine de blessés et de quatre morts.