La Russie peine de plus en plus à recruter de nouveaux soldats pour sa guerre en Ukraine
Malgré des primes de plusieurs millions de roubles et des promesses d'effacement de dettes, le nombre de volontaires prêts à rejoindre l'armée russe est en nette diminution, rapporte CNN.
Selon le média américain, Moscou doit recourir à des mesures de plus en plus désespérées pour maintenir les effectifs de ses troupes. Vladimir Poutine pourrait ainsi être contraint de prendre des décisions très impopulaires cette année s'il souhaite poursuivre son offensive en Ukraine.
La Fédération de Russie a déjà envoyé des dizaines de milliers d'anciens détenus sur la ligne de front, un apport renforcé par trois vagues distinctes de soldats nord-coréens et par des mercenaires étrangers attirés par des incitations financières.
Pour séduire de nouvelles recrues, les autorités russes multiplient les campagnes publicitaires sur les panneaux d'affichage et les réseaux sociaux. Elles promettent des primes à la signature pouvant atteindre 80 000 dollars, l'annulation de dettes à hauteur de 140 000 dollars ou encore l'octroi de la citoyenneté russe.
Pourtant, ces mesures n'ont pas produit les effets escomptés. Au premier trimestre 2026, le recrutement au sein de l'armée a chuté de 20% par rapport à l'année 2025. Face à ce constat, les analystes n'excluent pas le lancement d'une deuxième vague de mobilisation obligatoire, qui s'accompagnerait de restrictions de sortie du territoire, en particulier pour les hommes en âge de combattre. La première mobilisation de 2022 s'était avérée extrêmement impopulaire et avait poussé des centaines de milliers de Russes à l'émigration.
Par ailleurs, l'économie russe subit de plein fouet les conséquences de cette pénurie de main-d'œuvre masculine. « Toute l'économie russe souffre de la plus grave pénurie de travailleurs de son histoire », souligne Nigel Gould-Davies, chercheur à l'Institut international d'études stratégiques (IISS).
En raison du départ des hommes vers le front, le pays manque cruellement de personnels civils. Les usines du secteur de la défense tournent en continu et ont atteint leur capacité maximale. Les salaires augmentent, mais restent insuffisants face à l'inflation.
Selon les données de plusieurs services de renseignement occidentaux, environ 500 000 militaires russes ont été tués depuis le début de la guerre, et les pertes mensuelles de l'armée russe oscillent entre 30 000 et 35 000 hommes.
« Cette année, nous constatons que les coûts économiques imposent enfin des arbitrages difficiles au Kremlin », conclut Maria Snegovaya, experte au Centre d'études stratégiques et internationales (CSIS).