Le ministère ukrainien des Affaires étrangères dénonce le massacre d’Olenivka comme un élément de la politique systématique de la Russie

À l’occasion du quatrième anniversaire du massacre de prisonniers de guerre ukrainiens commis par la Russie à Olenivka, le ministère ukrainien des Affaires étrangères a appelé jeudi la communauté internationale à renforcer la pression sur Moscou et à rejoindre le Tribunal spécial chargé de juger le crime d’agression contre l’Ukraine.

Dans un communiqué, le ministère ukrainien des Affaires étrangères souligne que le massacre d’Olenivka n’était pas un acte isolé, mais s’inscrivait dans le cadre d’une politique systématique menée par la Russie : torture, traitements inhumains, exécutions extrajudiciaires, violences physiques et psychologiques contre les prisonniers de guerre ukrainiens et les civils détenus illégalement. Ces faits sont documentés par les mécanismes internationaux et les organisations de défense des droits humains, qui continuent de recenser de nombreuses violations du droit international humanitaire et du droit international relatif aux droits humains commises par la Russie.

« Le ministère ukrainien des Affaires étrangères appelle la communauté internationale à renforcer la pression politique, diplomatique et les sanctions contre la Russie, à recourir à tous les mécanismes juridiques internationaux disponibles afin que les responsables soient traduits en justice, et à exiger que les organisations humanitaires internationales puissent accéder sans entrave à tous les lieux de détention de prisonniers de guerre ukrainiens et de civils détenus comme otages », souligne le communiqué.

L’Ukraine appelle également la Cour pénale internationale, les autres juridictions internationales et les autorités nationales compétentes à poursuivre les enquêtes sur les crimes liés au massacre de prisonniers de guerre ukrainiens à Olenivka. Elle demande que les responsables soient traduits en justice, aussi bien ceux qui ont directement exécuté le crime que ceux qui ont donné les ordres ou contribué à le dissimuler.

L’Ukraine encourage par ailleurs tous les États attachés à la paix à rejoindre le Tribunal spécial chargé de juger le crime d’agression. « Les condamnations de Poutine et de ses complices à La Haye constitueraient une juste sanction pour tous les crimes commis contre l’Ukraine et le peuple ukrainien dans le cadre de la guerre criminelle et non provoquée déclenchée par le Kremlin », a déclaré le ministère ukrainien des Affaires étrangères.

Le ministère souligne que la priorité absolue de l’État ukrainien reste de faire libérer tous les prisonniers de guerre, les civils détenus illégalement ainsi que les Ukrainiens déportés ou transférés de force.

« L’Ukraine ne cessera pas de se battre pour la libération de chacun de ses citoyens et pour que tous ceux qui ont commis le crime d’agression, des crimes de guerre ou des crimes contre l’humanité soient traduits en justice », a souligné le ministère.

Dans la nuit du 28 au 29 juillet 2022, la Russie a perpétré une attaque contre la colonie pénitentiaire de Volnovakha n°120, près d’Olenivka, où étaient détenus des prisonniers de guerre ukrainiens. Plus de 50 défenseurs ukrainiens ont été tués et 130 autres blessés. Immédiatement après l’explosion, la Russie avait accusé l’Ukraine d’en être responsable, affirmant que le site avait été frappé par un missile HIMARS.

Une analyse menée par un groupe d’experts de l’ONU a toutefois conclu que la Russie avait planifié et perpétré l’attaque.

Le 28 juillet, l’Ukraine rend hommage à la mémoire des défenseurs et défenseuses du pays, des membres des formations de volontaires ainsi que des civils exécutés, torturés ou morts en captivité.