La Russie a inscrit 2 700 habitants des territoires occupés de la région de Kherson sur les registres militaires
Les autorités d’occupation russes ont inscrit au registre militaire au moins 2 700 habitants des territoires temporairement occupés de la région de Kherson, en vue de leur recrutement dans l’armée russe, a indiqué le parquet général ukrainien sur Telegram.
« Au moins 2 700 habitants de la région de Kherson temporairement occupée ont été inscrits au registre militaire par les autorités d’occupation afin d’être ensuite enrôlés dans l’armée russe. Selon les enquêteurs, certains d’entre eux ont déjà été incorporés dans les forces armées de l’État agresseur », a indiqué le parquet.
Selon les enquêteurs, seraient impliqués dans la mise en place de ce système le prétendu gouverneur de la région de Kherson, quatre responsables des « bureaux de recrutement militaire » et un responsable de l’administration d’occupation chargé des questions de mobilisation. Le parquet de la région de Kherson leur a notifié des soupçons en leur absence.
L’administration d’occupation a mis en place, selon le parquet, un dispositif complet de mobilisation forcée, allant du recensement de la population et de la constitution de fichiers de personnes susceptibles d’être mobilisées aux examens médicaux, en passant par le fonctionnement des commissions de recrutement et l’envoi de citoyens ukrainiens dans l’armée russe.
En juillet 2023, un « commissariat militaire de la région de Kherson » a notamment été créé à Henitchesk. Les structures qui en dépendaient recueillaient des informations sur les hommes en âge d’être appelés, les inscrivaient au registre militaire, organisaient les examens médicaux et menaient les campagnes de recrutement.
« Un autre volet était assuré par un citoyen ukrainien qui avait pris un poste à responsabilité au sein de l’administration d’occupation et était chargé des questions de mobilisation. Il coordonnait l’enregistrement militaire dans les communautés occupées, le travail des bureaux chargés du recensement militaire et la coopération entre les "commissariats militaires" d’occupation et l’administration », a indiqué le parquet.
Les hommes étaient contraints de se soumettre aux procédures de recrutement sous la menace de violences, de détention arbitraire, de restrictions à la sortie du territoire, de la privation de l’accès aux services sociaux et de la déportation. Dans certains cas, des actes de torture auraient été commis.
Les forces d’occupation russes ont ainsi mis en place un système destiné à contraindre systématiquement les citoyens ukrainiens restés dans les territoires occupés à servir dans l’armée de Moscou.
Image : GUR MOU