Ukraine : l’ONU documente plus de 1 000 cas de violences sexuelles imputés aux forces russes
Des civils et des prisonniers de guerre ukrainiens ont subi des violences sexuelles dans le cadre d’un schéma généralisé de torture, d’intimidation et de coercition depuis le début de l’invasion russe à grande échelle, selon un nouveau rapport du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme (HCDH), publié vendredi.
« Je suis profondément alarmé par la prévalence de ces actes odieux (…) et je crains qu’ils ne se poursuivent dans le contexte des violences incessantes dont nous sommes témoins chaque jour en Ukraine », a déclaré le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Türk. Plus de 1 000 cas de violences sexuelles ont été documentés depuis le début de la guerre.
Le nombre de cas recensés « ne représente qu’une fraction de la réalité », a souligné devant la presse à Genève Danielle Bell, cheffe de la Mission de surveillance des droits de l’homme de l’ONU en Ukraine.
Les enquêteurs n’ont pu interroger qu’environ 10 % des prisonniers libérés par les deux parties et n’ont pas eu accès aux territoires ukrainiens occupés par la Russie.
Le rapport s’appuie sur des entretiens confidentiels avec des centaines de victimes, ainsi que sur l’examen de documents judiciaires et de registres officiels.
Les cas attribués aux autorités russes impliquent notamment des membres des forces armées, de l’administration pénitentiaire et des services de sécurité. La plupart des victimes sont des hommes, particulièrement dans les lieux de détention. Des femmes et des enfants ont également subi des violences sexuelles, principalement dans les territoires ukrainiens occupés.
Les violations documentées comprennent notamment des viols, des viols collectifs, des mutilations génitales, des décharges électriques et des coups portés aux organes génitaux, ainsi que d’autres formes de violences sexuelles dégradantes.
La plus jeune survivante d’un viol recensée par les enquêteurs était âgée de quatre ans, tandis que la plus âgée avait 82 ans.
De nombreux hommes ont également décrit des décharges électriques infligées aux organes génitaux à l’aide d’un téléphone de campagne militaire datant de l’époque soviétique.
Un prisonnier de guerre ukrainien a raconté avoir été violé avec une matraque. Un autre a déclaré avoir subi une pénétration forcée avec des clés de cellule. Un civil ukrainien a, lui, déclaré avoir été violé avec le manche d’une pelle.
Une femme a également raconté qu’un soldat russe s’était installé à son domicile à Zaporijjia, dans le sud de l’Ukraine, et l’avait violée plusieurs fois par semaine pendant un mois. Selon son témoignage, le soldat lui aurait promis en échange de veiller à ce que son mari, alors détenu, soit mieux traité.