L'ONU affirme avoir réuni des preuves du recrutement de ressortissants de 29 pays pour l'armée russe par la traite des êtres humains
La commission d'enquête indépendante de l'ONU affirme avoir réuni des preuves convaincantes du recrutement, par la traite des êtres humains, de ressortissants de 29 pays pour servir dans les forces armées russes.
Selon ses conclusions, des agents ou des agences opérant dans différents pays ont attiré ces hommes en leur proposant de fausses offres d'emploi, en exploitant leur vulnérabilité et en leur faisant miroiter des perspectives professionnelles légitimes.
À leur arrivée en Russie, les recrues ont été contraintes de signer des contrats rédigés en russe avec le ministère de la Défense. Elles ont ensuite été envoyées sur les lignes de front en Ukraine, où elles ont été affectées à des missions dangereuses. Beaucoup ont été tuées ou portées disparues, tandis que d'autres ont été capturées ou se sont rendues aux forces ukrainiennes.
Selon une femme de 35 ans, épouse d'un homme recruté dans les Caraïbes, « ils ont pris son passeport et lui ont simplement dit de signer ici, ici et ici sur le contrat. Celui-ci était rédigé uniquement en russe. Il a subi une pression totale et n'a eu aucune autre option ».
La commission d'enquête souligne le degré élevé de coordination entre les réseaux de recrutement et les autorités russes, notamment pour l'obtention des visas, l'organisation des déplacements et l'accueil des recrues en Russie.
Elle appelle à la libération de toutes les personnes victimes de cette traite au profit des forces armées russes et rappelle que les attaques contre les civils et les biens civils sont interdites par le droit international.
La commission insiste enfin sur la nécessité de mécanismes de justice et de responsabilité, ainsi que d'un soutien concret aux victimes des violations et des crimes documentés.