Un Ukrainien accusé d’avoir commis des crimes contre l’humanité est arrêté en France

Un citoyen ukrainien, soupçonné de crimes contre l'humanité et de crimes de guerre, a été interpellé en France le 7 avril dernier, avant d’être mis en examen et placé en détention provisoire.

Le Parquet national antiterroriste (Pnat) a confirmé cette arrestation, rendue possible grâce à une étroite coopération judiciaire avec l’Ukraine et l’appui d’organisations de la société civile, rapporte l’Express.

Identifié comme Yevhen B., l'homme est soupçonné de crimes contre l'humanité et de crimes de guerre. Les faits se seraient déroulés entre avril 2017 et décembre 2019 au sein d'Izolyatsia, un ancien centre d'art de Donetsk transformé en centre de détention par les séparatistes prorusses de la prétendue « République populaire de Donetsk » (RPD). Selon la Fédération internationale pour les droits de l'homme (FIDH) et l’ONG Truth Hounds, Yevhen B., bien qu'initialement détenu, aurait bénéficié d'un statut privilégié après avoir été recruté par l'administration de la prison pour torturer ses propres codétenus.

Libéré en décembre 2019 lors d’un échange de prisonniers entre Kyiv et la RPD, l'individu a été immédiatement dénoncé par d'autres Ukrainiens libérés en même temps que lui. Après avoir quitté l'Ukraine en février 2022 pour demander l'asile en France, il a été repéré par plusieurs ONG (FIDH, Truth Hounds et la LDH), qui ont alerté les autorités françaises.

Selon le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme, des centaines de personnes ont subi des sévices dans cette prison depuis 2014. L'enquête française se poursuit désormais avec l'appui des victimes et des témoins identifiés par les organisations partenaires.