Europol répertorie près de 3 000 suspects de crimes de guerre commis en Ukraine
Les bases de données d'Europol contiennent actuellement des informations sur près de 3 000 personnes soupçonnées de crimes de guerre en Ukraine, a-t-il été annoncé lors de la Convention des chefs de police européens à La Haye.
« Le directeur exécutif par intérim d'Europol, Jürgen Ebner, a souligné la contribution de la Police nationale à l'alimentation de son système d'information, qui compte déjà des données sur environ 3 000 personnes suspectées de crimes de guerre en Ukraine », indique un communiqué de la Direction générale des investigations de la Police nationale d'Ukraine.
Lors de la session d'ouverture au siège d'Europol, le chef par intérim de la Police nationale d'Ukraine, Maksym Tsoutskiridze, a déclaré que la police ukrainienne disposait d'une expérience d'enquête permettant d'identifier une opération des services secrets russes derrière chaque incendie criminel, sabotage ou cyberattaque.
Il a souligné que le partage avec les partenaires des données sur les organisateurs et exécutants identifiés, ainsi que sur les modes de recrutement et de préparation des crimes, permettrait de détecter les activités de ces réseaux hors des frontières ukrainiennes.
Afin d'assurer un travail continu dans ce domaine, la Police nationale a proposé la création d'un groupe conjoint ukraino-européen de lutte contre les menaces hybrides.
Ce groupe aura pour missions l'échange opérationnel de preuves, le traitement d'enquêtes conjointes, la formation des unités et l'alerte rapide des partenaires.
« Les priorités portent sur les activités des services secrets russes et de leurs exécutants, les sabotages, les drones de reconnaissance, les cyberattaques et le financement de l'agression », a précisé la Direction générale des investigations.
Outre le contournement des sanctions et le financement de la guerre, l'attention se porte sur les risques d'utilisation de navires à des fins de reconnaissance à proximité des ports et des infrastructures critiques.
« L'Ukraine propose la création au sein d'Europol d'un groupe de travail opérationnel distinct chargé d'analyser les données sur les navires, leurs propriétaires, leurs armateurs, les sociétés liées et les flux financiers », a indiqué la Police nationale.
Les discussions ont également porté sur le trafic d'armes et la cybercriminalité.
Photo : Police nationale