Volodymyr Zelensky estime que le projet ukrainien « Freya » pourrait assurer une défense antibalistique intégrée en Europe

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky estime que, face à l’aggravation de la menace balistique mondiale, le projet national « Freya » pourrait servir de base à un système européen commun de défense antibalistique.

« L’une des conséquences les plus graves de la guerre menée par la Russie contre l’Ukraine, ainsi que de la stratégie iranienne, est que les agresseurs potentiels dans le monde voient les dégâts que les missiles balistiques peuvent infliger aux populations. La menace balistique mondiale va donc s’accroître. Les capacités de défense antibalistique doivent elles aussi se renforcer. Notre « Freya » pourrait devenir un système commun à l’Europe, capable d’assurer une protection intégrée. « Freya » pourra être produite rapidement et a été éprouvée par la guerre », a déclaré Volodymyr Zelensky lors de la réunion des ambassadeurs ukrainiens.

Le président a précisé que l’Ukraine était en mesure de produire elle-même le missile et le lanceur. Il a donc souligné l’importance de la coopération avec les États européens et les entreprises partenaires qui disposent notamment de radars et de capteurs.

« Nous avons déjà conclu des accords avec toutes ces entreprises et tous les pays nécessaires. Il s’agit des dix pays membres de la coalition antibalistique : l’Ukraine, le Danemark, la France, l’Allemagne, l’Italie, les Pays-Bas, la Norvège, l’Espagne, la Suède et le Royaume-Uni, ainsi que de 12 entreprises du secteur de la défense qui ont déjà rejoint l’initiative. La coalition antibalistique et le projet « Freya » restent ouverts à d’autres participants capables de renforcer réellement la sécurité européenne », a-t-il indiqué.

Le chef de l’État a appelé les diplomates ukrainiens à apporter tout leur soutien à la mise en œuvre du projet « Freya » et à obtenir des résultats concrets dans les négociations avec les partenaires sur la coopération dans le domaine de la défense et la production conjointe d’armements.

« Compte tenu de la situation réelle dans le monde, nous pouvons dire que tout projet de défense antibalistique est nécessaire. Aucun de ceux qui existent aujourd’hui ne vise à évincer ou à remplacer les autres. « Freya » viendra compléter et renforcer considérablement les capacités existantes et celles qui sont encore en cours de développement. Je vous demande de vous investir davantage dans ce domaine et dans le projet de défense antibalistique ukrainien et européen », a-t-il ajouté.

L’agence nationale de presse Ukrinform a rapporté que l’Ukraine et ses partenaires européens étaient convenus de développer conjointement « Freya », un système de défense contre les missiles balistiques destiné à associer les technologies ukrainiennes de missiles aux radars, capteurs et systèmes de contrôle européens.

Les entreprises Eurosam, qui produit le système SAMP/T, ainsi que Leonardo, Thales et Saab participent déjà au projet.

L’entreprise ukrainienne Fire Point, qui a développé le missile de croisière Flamingo, est le principal partenaire industriel du projet. Le mois dernier, elle a annoncé un accord avec le groupe allemand de défense HENSOLDT pour fournir un radar destiné au système.