Les prix du pétrole s'envolent à leur plus haut niveau depuis 2022 suite à l'escalade des tensions avec l'Iran

Le lundi 9 mars, les cours du pétrole ont bondi de plus de 25 %, atteignant des sommets inégalés depuis la mi-2022. Cette flambée historique s'explique par la réduction des approvisionnements des grands producteurs et les craintes de perturbations durables du transport maritime dues à l'escalade des hostilités impliquant les États-Unis, Israël et l'Iran.

Selon Reuters, les marchés de l'énergie sont particulièrement alarmés par la crise autour du détroit d'Ormuz, point de passage crucial par lequel transite habituellement un cinquième des livraisons mondiales de brut. Les risques sécuritaires ont déjà ralenti le trafic des pétroliers, fragilisant particulièrement les acheteurs asiatiques, très dépendants du pétrole moyen-oriental.

Les chiffres enregistrés ce matin marquent la plus forte progression en une seule journée de l'histoire du secteur :

  • Le baril de Brent a grimpé de 29,96 $ (+27 %) pour atteindre 117,65 $.
  • Le baril de West Texas Intermediate (WTI) a bondi de 25,72 $ (+28,3 %) pour s'établir à 116,62 $.

Plus tôt dans la matinée, le WTI a même touché un pic de 119,48 $, tandis que le Brent atteignait 119,50 $. Cette envolée fait suite à une semaine déjà marquée par des hausses spectaculaires (27 % pour le Brent et 35,6 % pour le WTI).

L'offre est d'autant plus sous pression que l'Irak et le Koweït ont entamé des réductions de production, s'ajoutant aux blocages des livraisons de gaz naturel liquéfié en provenance du Qatar. Les analystes prévoient que les Émirats arabes unis et l'Arabie saoudite pourraient également être contraints de réduire leur débit en raison de l'épuisement de leurs stocks.

L'incertitude est renforcée par la nomination de Mojtaba Khamenei pour succéder à son père, Ali Khamenei, en tant que Guide suprême de l'Iran. Ce choix signale le maintien d'une ligne dure à Téhéran, une semaine après le début du conflit avec les États-Unis et Israël.

D'après Satori Yoshida, analyste chez Rakuten Securities, ce changement de leadership rend l'objectif de « changement de régime » prôné par Donald Trump encore plus complexe. « Cette perspective a accéléré les achats de pétrole, car on s'attend à ce que l'Iran poursuive le blocage du détroit d'Ormuz et les attaques contre les infrastructures pétrolières d'autres pays », explique-t-il. Certains experts prévoient que le baril de WTI pourrait rapidement atteindre les 130 $.

Photo: NB