L'UE adopte de nouvelles sanctions contre la Russie visant sa flotte fantôme et ses revenus énergétiques

Le Conseil européen a adopté aujourd'hui un nouveau volet de mesures restrictives ciblant 34 personnes et 47 entités russes. Ce paquet vise à asphyxier l'économie de guerre de Moscou contre l’Ukraine, à neutraliser ses activités hybrides et à dénoncer ses violations systématiques des droits de l'homme.

« Ces mesures frappent au cœur du complexe militaro-industriel russe, de sa flotte fantôme et des réseaux qui alimentent les attaques hybrides de Moscou contre l'Europe. Chaque mesure réduit la marge de manœuvre de la Russie », a déclaré Kaja Kallas, haute représentante pour les affaires étrangères et la politique de sécurité. Elle a rappelé que les sanctions occidentales ont déjà coûté entre 1 000 et 1 300 milliards d'euros à la Russie.

Complexe militaire, drones et logistique chinoise

Les nouvelles sanctions ciblent directement les fournisseurs de l'armée russe. Parmi les entités visées figurent plusieurs fabricants de drones comme l'Association Lavotchkine (filiale de Roscosmos), ainsi que des intermédiaires basés dans des pays tiers. Deux entreprises chinoises, Shenzhen Minghuaxin et Xinxiang Richful Lubricant Additive Company, l'un des plus grands distributeurs d'additifs pour lubrifiants en Chine, ont également été inscrites sur la liste noire.

Énergie et traque de la flotte fantôme

Pour tarir les revenus pétroliers de la Russie, l'UE sanctionne 2 individus, Tahir Garayev et Konstantin Rogatch, ainsi que 24 entreprises liées à l'exportation de brut. Ces sanctions visent en priorité l'écosystème de la « flotte fantôme », utilisée par Moscou pour contourner les restrictions internationales. Les entités ciblées, parmi lesquelles Lukoil-Western Siberia, sont basées en Russie, mais aussi au Liberia, en Turquie, aux Émirats arabes unis, en Azerbaïdjan et à Hong Kong.

Propagande et affaire Navalny

Le volet politique de ce paquet s'attaque à la désinformation. Dix propagandistes russes ont été sanctionnés, dont Anatoly Kuzichev, Kirill Fedorov, et Maria Volkonskaya, rédactrice en chef du journal d'État Krymskaya Gazeta. L'évêque orthodoxe Georgiy Chevkounov et la Fondation présidentielle pour les initiatives culturelles sont également visés pour leur rôle dans la légitimation de l'invasion.

Par ailleurs, suite à une déclaration conjointe de la France, de l'Allemagne, du Royaume-Uni, des Pays-Bas et de la Suède concernant l'empoisonnement d'Alexei Navalny à l'épibatidine, le Conseil a sanctionné 15 personnes (juges, procureurs, agents du FSB et personnel médical) impliquées dans sa persécution et sa mort. La société IPJSC NTK a aussi été épinglée pour avoir fourni à la ville de Moscou un système de reconnaissance faciale servant à traquer les journalistes et les opposants.

Soutien indéfectible à l'Ukraine

Enfin, le Conseil a prolongé jusqu'au 23 juin 2027 les sanctions liées à l'annexion illégale de la Crimée et de Sébastopol. Réaffirmant la position adoptée par 25 chefs d'État ou de gouvernement, l'UE a réitéré son soutien absolu à l'intégrité territoriale de l'Ukraine et a pressé la Russie d'accepter un cessez-le-feu immédiat et inconditionnel.