Le Parlement européen appelle à élargir les sanctions contre les acteurs des opérations hybrides russes
Réuni en session plénière à Strasbourg, le Parlement européen a adopted mardi une résolution relative au « Bouclier européen de la démocratie ». Le texte, approuvé par 420 voix pour, 220 contre et 26 abstentions, désigne la Russie comme la principale menace extérieure pesant sur la sécurité et l'intégrité démocratique de l'Union européenne.
« La Russie est la principale menace extérieure pour la sécurité et l'intégrité démocratique de l'Europe », souligne le texte de la résolution, dont le rapport a été préparé par le député suédois du Groupe du Parti populaire européen, Tomas Tobé.
Les députés ont également réaffirmé leur position selon laquelle « la Russie est un État promoteur du terrorisme ».
« Le Parlement européen souligne la nécessité de élaborer une stratégie globale et prospective pour protéger la démocratie européenne », indique le document.
Les députés ont appelé à renforcer l'efficacité des sanctions imposées par l'Union européenne après l'invasion russe de l'Ukraine, afin d'affaiblir la capacité de la Russie à poursuivre sa guerre d'agression et à menacer la sécurité des pays voisins.
« Les sanctions doivent être plus efficaces et donner des résultats plus tangibles », souligne la résolution.
Il est notamment proposé d'étendre les restrictions aux intermédiaires financiers et techniques qui assurent les opérations russes de désinformation, les cyberattaques et l'ingérence dans les élections. Cela concerne, entre autres, les plateformes d'échange de cryptomonnaies, les réseaux publicitaires, les fournisseurs d'hébergement, ainsi que les personnes et entreprises de pays tiers qui aident la Russie à contourner les sanctions.
Un volet distinct de la résolution concerne la création d'un Centre européen pour la résilience démocratique. Le Parlement européen a invité la Commission européenne à préparer un acte juridique qui transformera ce centre en une institution permanente et structurellement autonome de l'UE, dotée d'un mandat clair, de son propre personnel, d'un système de contrôle parlementaire et d'une ligne budgétaire distincte.
Parmi les autres recommandations figure l'organisation régulière d'exercices d'entraînement à l'échelle européenne pour contrer les cyberattaques, le sabotage des infrastructures critiques, les campagnes de désinformation coordonnées et les crises hybrides complexes.