L'UE a décidé de retirer Ousmanov et Fridman de la liste des sanctions : la Lettonie a expliqué pourquoi elle s'y opposait
La Lettonie a décidé de s'abstenir lors du vote sur la décision de compromis du Conseil de l'UE visant à prolonger les sanctions contre environ 2 600 personnes et organisations russes, tout en retirant des listes de sanctions les milliardaires russes Alicher Ousmanov et Mikhaïlo Fridman.
Cette décision a été annoncée par le gouvernement letton sur son site officiel, rapporte Ukrinform.
« Aujourd’hui, lors d’une réunion à huis clos, le Conseil des ministres a approuvé la ligne de conduite de la Lettonie concernant la prolongation des sanctions de l’Union européenne contre la Russie. L’accord conclu prévoit la prolongation, pour les trois prochaines années, des sanctions individuelles à l’encontre de plus de 2 600 partisans russes de la guerre, ainsi que des personnes et entités qui leur sont liées ; jusqu’à présent, une telle décision devait être prise tous les six mois », a déclaré le gouvernement.
Face à la poursuite de l'agression russe contre l'Ukraine, la Lettonie estime que les sanctions à l’encontre de l’agresseur doivent être renforcées, et non assouplies.
« La Lettonie continuera de plaider en faveur de l’adoption de sanctions supplémentaires de l’UE contre la Russie. Nous continuerons à soutenir l’Ukraine et à renforcer l’unité de l’UE », a indiqué le gouvernement, ajoutant que tout au long du processus de négociation avec les dirigeants des États membres de l’UE, la Lettonie s’était opposée à retirer de la liste les personnes visées par des sanctions pour des motifs politiques et était restée « le seul État membre de l’UE à avoir maintenu cette position jusqu’au bout ».
« Il s'agissait d'une position moralement juste, et nos alliés ukrainiens l'ont appréciée », a souligné le Premier ministre Andris Kulbergs.
Commentant la prolongation des sanctions, qui a entraîné la suppression de deux personnes de la liste, le Premier ministre a déclaré : « Il ne s’agissait pas de choisir entre une bonne et une mauvaise décision, mais entre une mauvaise et bien pire encore — un choix entre la modification du statut de deux personnes et l’avenir de l’ensemble du régime de sanctions, qui concerne plus de 2 600 personnes physiques et morales impliquées dans l’agression russe. En choisissant de défendre le maintien des sanctions à l’encontre de ces personnes, nous avons obtenu un résultat qui, à long terme, est plus avantageux pour la Lettonie, l’Ukraine et l’Europe ».
La Lettonie s’est également engagée à mettre en place des sanctions nationales à l’encontre d’Alicher Ousmanov et de Mikhaïlo Fridman, et à continuer d’utiliser tous les instruments juridiques à sa disposition pour empêcher le déblocage des fonds et des ressources économiques de ces personnes en Lettonie.
« Lors de la procédure de prise de décision au sein du Conseil de l’Union européenne, le représentant de la Lettonie s’abstiendra de voter, tout en maintenant et en exprimant publiquement le désaccord politique de la Lettonie quant au retrait de ces deux personnes de la liste des sanctions de l’UE », indique le communiqué.
Pour rappel, les États membres de l’Union européenne, après de longues négociations qui se sont poursuivies aujourd’hui sont finalement parvenus à un compromis sur la prolongation des sanctions contre la Fédération de Russie pour violation de l’intégrité territoriale de l’Ukraine, en tenant compte des remarques de certains États membres sur certaines personnes figurant sur la liste.