La Suisse débloquera 3 millions de francs pour le stockage des céréales ukrainiennes et 6 millions pour le secteur biologique
La Suisse débloquera 3 millions de francs suisses pour le stockage temporaire des céréales ukrainiennes dans le cadre d’un projet de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et consacrera 6 millions de francs supplémentaires au développement du secteur biologique au cours des trois prochaines années, rapporte le ministère ukrainien de la Politique agraire et de l’Alimentation.
Cette décision a été annoncée lors d’une rencontre entre le ministre ukrainien de la Politique agraire et de l’Alimentation, Taras Vyssotsky, et le délégué du Conseil fédéral suisse pour l’Ukraine, l’ambassadeur Jacques Gerber.
Les deux parties ont notamment évoqué les questions logistiques, alors que jusqu’à 30 millions de tonnes de produits agricoles restent exposées aux risques liés aux restrictions des exportations maritimes.
L’Ukraine doit donc accroître ses capacités de stockage temporaire des récoltes en attendant le rétablissement de liaisons d’exportation stables.
« Il est aujourd’hui essentiel de ne pas perdre les récoltes déjà produites et de permettre aux agriculteurs de poursuivre leur activité. Dans le même temps, nous devons développer les secteurs qui génèrent davantage de valeur ajoutée, notamment la production biologique, les filières laitière et de la viande ainsi que la transformation. Lorsque les possibilités d’exportation sont limitées, cela permet d’obtenir davantage de recettes avec des volumes de production plus faibles et renforce la résilience du secteur agricole », a déclaré Taras Vyssotsky.
Le projet de la FAO prévoit, outre le soutien au stockage temporaire des céréales, une aide sous forme de bons destinée aux petits exploitants agricoles. Afin de mieux cibler cette aide, la partie ukrainienne a proposé de la coordonner par l’intermédiaire du Registre agraire d’État. Les besoins des agriculteurs en sacs-silos pour le stockage des céréales ont déjà été recensés dans le registre.
Les deux parties ont également discuté du développement de la production biologique et d’autres secteurs à forte valeur ajoutée.
La partie suisse a par ailleurs présenté un programme de 30 millions de francs suisses destiné à soutenir les entreprises ukrainiennes. Il couvrira notamment l’agriculture, l’industrie agroalimentaire et l’industrie du bois. Le programme prévoit des subventions pour les autorités publiques, les associations professionnelles ainsi que les petites et moyennes entreprises. Son lancement est prévu début novembre.
Le développement d’infrastructures permettant l’élimination sécurisée des sous-produits d’origine animale pourrait également devenir un axe de coopération. La partie ukrainienne a proposé d’étudier la mise en œuvre d’un projet pilote qui contribuerait au respect des normes vétérinaires et environnementales européennes tout en facilitant l’accès des petits producteurs aux infrastructures nécessaires.
Photo : ministère de la Politique agraire et de l’Alimentation.