La CIA dément l’allégation du Kremlin sur une « attaque ukrainienne » contre la résidence de Poutine
Des responsables américains chargés de la sécurité nationale ont conclu que l’Ukraine n’a visé ni le président russe Vladimir Poutine ni l’une de ses résidences lors de la récente vague d’attaques par drones, rapporte le Wall Street Journal en citant une source familière des données de renseignement.
Cette conclusion est corroborée par l’évaluation de la Central Intelligence Agency (CIA), qui a établi qu’aucune tentative d’attentat contre Poutine ou ses résidences n’a été enregistrée.
Le président Volodymyr Zelensky a qualifié d’« invention purement russe » l’information selon laquelle des frappes auraient ciblé la résidence de Poutine à Valdaï, affirmant qu’il s’agit d’un faux monté de toutes pièces par Moscou afin de torpiller les négociations prometteuses en cours pour mettre fin à la guerre.
De son côté, le Service du renseignement extérieur ukrainien (SZRU) a déclaré que la Russie mène, depuis le 29 décembre, une opération d’information destinée à faire échouer les accords conclus entre les présidents ukrainien et américain. Selon les services ukrainiens, Moscou continuera d’exploiter le thème de « l’attaque sur Valdaï » pour justifier un durcissement de sa position dans les négociations, légitimer d’éventuelles frappes combinées massives contre l’Ukraine pendant les fêtes du Nouvel An, et discréditer la direction ukrainienne.
Comme Ukrinform l’a déjà relevé, le 29 décembre, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a affirmé que l’Ukraine avait lancé une attaque massive impliquant 91 drones à longue portée contre la résidence de Poutine dans la région de Novgorod, située à 360 km au nord de Moscou. Selon lui, tous les drones auraient été neutralisés par les défenses antiaériennes russes, sans causer de dommages ni de victimes. Lavrov a qualifié cette prétendue attaque de « terrorisme d’État » et annoncé que la Russie réviserait sa position dans les pourparlers de paix, promettant des frappes de représailles dont les cibles auraient déjà été choisies.
Cependant, aucune preuve convaincante n’a été fournie par Moscou pour étayer ces allégations, et des incohérences dans les rapports officiels russes, notamment entre les déclarations du ministère de la Défense et celles de Lavrov, ont suscité des doutes. Des médias indépendants russes ont également rapporté que des habitants proches de la résidence de Valdaï n’avaient entendu aucune explosion ni activité de défense antiaérienne dans la nuit du 28 au 29 décembre, renforçant l’hypothèse d’une opération de désinformation orchestrée par le Kremlin.