Le représentant ukrainien à l’ONU dénonce l’effondrement inévitable de la Russie
Lors d’une réunion d’urgence du Conseil de sécurité, lundi, l’ambassadeur d’Ukraine auprès de l’ONU, Andriy Melnyk, a affirmé que la Russie se trouve déjà en situation de défaite stratégique.
Selon lui, les tentatives du Kremlin d’intimider le monde avec des « armes miracles » et des prétextes inventés pour escalader le conflit ne servent qu’à masquer une profonde crise militaire, économique et démographique, qui conduira à l’effondrement de l’État russe.
Melnyk a fermement rejeté les allégations russes d’une attaque visant l’une des résidences de Vladimir Poutine. Moscou a utilisé ce prétexte pour justifier de nouveaux bombardements massifs contre l’Ukraine, notamment avec le missile dit « Orechnik ». « Cette soi-disant attaque contre la résidence de Poutine est un mensonge absolu. Point final », a-t-il insisté.
Le diplomate a comparé ce mensonge à la provocation montée par les nazis à Gleiwitz en 1939, qui avait servi de prétexte à l’invasion de la Pologne par l’Allemagne. Pour Melnyk, la logique de l’agresseur reste la même : inventer un motif de guerre là où il n’existe pas.
L’objectif réel de l’attaque russe avec le « Orechnik » était d’intimider les partenaires de l’Ukraine. Commentant les affirmations de Poutine sur l’invulnérabilité de ce nouveau missile, Melnyk les a qualifiées d’absurdes : les experts ukrainiens ayant examiné les débris ont trouvé un gyroscope « du même type que celui utilisé par Youri Gagarine dans l’espace il y a plus de 60 ans ». « Cette soi-disant “super-arme” n’est rien d’autre qu’un hochet », a-t-il ironisé.
Selon lui, la Russie tente de créer une illusion d’omnipotence, mais derrière la fumée et la poussière se cache la réelle faiblesse de sa machine militaire. « Poutine garde un visage impassible, faisant croire qu’il a un atout en main. En réalité, la Russie joue avec les cartes les plus faibles », a souligné Melnyk, évoquant un bluff devant la communauté internationale.
Une large partie de son intervention a porté sur l’état économique de la Russie. Le diplomate ukrainien a souligné que 2025 avait été une année charnière : la croissance autrefois alimentée par les dépenses militaires et des prix élevés des matières premières s’est pratiquement arrêtée, et le FMI prévoit seulement 0,6 % de croissance du PIB en 2026.
Le budget russe a affiché des recettes bien inférieures aux prévisions, les revenus pétroliers et gaziers ayant chuté d’au moins un quart, et le prix du pétrole Urals étant tombé à environ 35 dollars le baril en début d’année. La hausse brutale du taux directeur de la Banque centrale russe, à plus de 20 %, a entraîné une chute des investissements, une augmentation de l’endettement des entreprises et un risque de crise bancaire. Le Fonds national de richesse est passé de 145 à 35 milliards de dollars et pourrait être pratiquement épuisé d’ici la fin de l’année.
Andriy Melnyk a aussi évoqué les conséquences démographiques de la guerre : depuis le début de l’invasion à grande échelle, la Russie a enregistré plus de 1,2 million de pertes entre morts et blessés, dont environ 70 % d’hommes âgés de 20 à 39 ans. Environ 900 000 jeunes et diplômés ont quitté le pays, entraînant un déficit de main-d’œuvre estimé à 6,5 millions de personnes, susceptible de grimper à 11 millions d’ici 2030.
« Tous ces facteurs rendent pratiquement impossible le financement d’une guerre longue et coûteuse», a insisté le diplomate, précisant que c’est la situation catastrophique de l’économie russe qui pousse le Kremlin à lancer des ultimatums et à tenter d’intimider le monde.
Selon Melnyk, la Russie rappelle l’URSS dans ses dernières années, avant sa dislocation : « Ce n’est pas une superpuissance en expansion, mais un système surchargé, fragile, écrasé par des dépenses militaires insoutenables et la décomposition interne ».
« Personne n’attendait que l’URSS s’effondre en une nuit, et pourtant cela s’est produit. La Russie d’aujourd’hui est un colosse aux pieds d’argile, et ce n’est qu’une question de temps avant qu’elle ne s’écroule », a conclu le diplomate.