Le Conseil de l’Europe alerte sur la dégradation humanitaire et les risques croissants pour la paix en Ukraine
Le secrétaire général du Conseil de l’Europe, Alain Berset, a mis en garde contre une détérioration alarmante de la situation humanitaire en Ukraine et une escalade militaire qui menace les perspectives de paix.
« Cette accélération n’est pas normale. Et elle ne doit pas nous conduire à la banalisation », a souligné Alain Berset lors de la première session de 2026 du Comité des ministres, l’organe décisionnel de l’Organisation, dans un contexte de multiplication des conflits en Europe et dans le monde.
Il a exhorté les représentants des États membres et observateurs à ne pas céder au cynisme ni à la fragmentation, soulignant qu’ « un effort collectif reste possible et nécessaire ».
Évoquant l’Ukraine, le secrétaire général a décrit une situation « effroyable » pour la population civile, frappée par les bombardements et privée de chauffage, de lumière et d’électricité. L’escalade militaire actuelle, a-t-il averti, « pèse lourdement sur les perspectives de paix, alors même que des efforts sont en cours, en Europe et avec nos partenaires américains, pour identifier une voie crédible vers la fin de la guerre ».
Alain Berset a insisté sur la nécessité d’aboutir à une « paix juste et durable ». Il a rappelé que le Conseil de l’Europe se tient prêt à apporter son expertise dans la phase post-conflit, afin d’aider l’Ukraine à bâtir « une société démocratique capable de résister à l’agression, à la désinformation et aux ingérences étrangères », tout en soutenant son parcours européen.
« Nous entrons en 2026 à un moment de bascule », a-t-il résumé. « Les deux dernières semaines ont révélé une accélération dans un environnement international où le recours à la force tend à se banaliser et où le droit est de plus en plus mis à l’épreuve. Un monde régi par des exceptions, des doubles standards ou des sphères d’influence concurrentes est un monde plus dangereux. »
Face à ces risques, le secrétaire général a appelé les États membres à agir. « La démocratie, l’État de droit et les droits humains ne sont pas des faiblesses. Ils sont notre force. Et en 2026, ils doivent rester capables de protéger, de décider et d’agir. C’est la mission qui nous attend. »