Le secrétaire général de l'OTAN à Davos : L'Ukraine est le principal sujet, pas le Groenland
Le secrétaire général de l'OTAN Mark Rutte a insisté sur le fait qu'aucune circonstance ne devait détourner les dirigeants européens de leur soutien à l'Ukraine face aux attaques russes, notamment les frappes contre les infrastructures énergétiques.
Il a fait cette déclaration lors d'une discussion au Forum économique mondial de Davos, rapporte un correspondant d'Ukrinform.
« Le risque est que nous nous concentrions sur le Groenland, car il est essentiel que cela soit résolu pacifiquement mais l'enjeu principal n'est pas le Groenland. L'enjeu princi c'est l'Ukraine. Or actuellement des missiles et des drones russes attaquent les infrastructures énergétiques ukrainiennes. Nous savons qu'il fait -20 degrés à Kiev en ce moment… et que l'Ukraine ne peut produire que 60 % de l'électricité dont elle a besoin », a souligné le secrétaire général de l'Alliance.
Il a noté que les Russes perdent environ 1 000 soldats par jour et que leurs pertes humaines mensuelles dépassent celles des troupes soviétiques pendant les dix années de guerre en Afghanistan, mais le Kremlin poursuit son agression.
« Il est impératif que les pays européens se concentrent sur cette question. Ce qui m'inquiète profondément, c'est que malgré le processus de paix et les 90 milliards de dollars d'aide à l'Ukraine nous perdons de vue cet enjeu crucial. Pendant ce temps, les Ukrainiens manquent cruellement d'intercepteurs et d'équipements américains, pourtant indispensables à leur protection car ces derniers ne sont plus en Europe. Par conséquent, la situation en Ukraine doit être notre priorité absolue. Ce n'est qu'ensuite que nous pourrons aborder tous les autres sujets y compris le Groenland », a déclaré Rutte.
Pour rappel, Andreas Umland, expert au Centre d'études est-européennes de Stockholm (SCEEUS), estime que la situation au Groenland détourne l'attention des véritables défis auxquels l'Occident est confronté, crée des divisions de l'OTAN et fait le jeu du Kremlin.
Photo : Forum économique mondial/Valeriano Di Domenico