L'ONU s'alarme de l'impasse diplomatique et de l'extension du conflit en Ukraine

Réuni en urgence ce lundi à la demande de Kyiv, le Conseil de sécurité de l'ONU a examiné la situation critique découlant des récentes frappes massives contre Dnipro et plusieurs autres villes ukrainiennes.

Entre fin mars et mi-avril, l'utilisation par les forces russes de plus de 5 000 drones et missiles a causé la mort de dizaines de civils, illustrant une intensification brutale des hostilités.

Lors de son exposé devant les quinze membres du Conseil, le Sous-Secrétaire général Mohamed Khaled Khiari a souligné que la guerre russe en Ukraine continue de fragiliser le droit international et de compromettre l’ordre multilatéral. Selon lui, cette instabilité dépasse désormais les frontières ukrainiennes, comme en témoignent les survols de drones signalés récemment en Estonie, en Lettonie, en Lituanie et en Finlande.

Face à ce risque d'escalade, M. Khiari a insisté sur l'urgence d'une solution diplomatique basée sur les principes de la Charte des Nations Unies, plaidant pour un cessez-le-feu total et sans conditions. Il a averti la communauté internationale que laisser ce conflit échapper à tout contrôle entraînerait des conséquences imprévisibles pour l'ensemble de la sécurité mondiale.

Parallèlement, la Sous-Secrétaire générale aux affaires humanitaires, Joyce Msuya, a alerté sur l'épuisement des ressources destinées aux populations civiles. Alors que les frappes russes touchent de plus en plus de zones résidentielles et d'infrastructures énergétiques, près des trois quarts du budget nécessaire à l'aide humanitaire restent non financés. Cette pénurie contraint les acteurs de terrain à réduire leur assistance au moment précis où les besoins explosent.

Mme Msuya a conclu en rappelant que la protection des civils et l'accès sécurisé aux zones de conflit, y compris celles sous contrôle russe, ne sont pas des options mais des obligations juridiques strictes. Elle a notamment dénoncé le danger croissant que représentent les drones armés pour les équipes humanitaires, martelant que le respect des règles de la guerre demeure une exigence absolue.