L’Ukraine appelle à priver la Russie de son statut de membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU

Le représentant permanent de l’Ukraine auprès des Nations unies, Andriy Melnyk, a appelé les États membres de l’ONU à trouver un mécanisme politique et juridique permettant de priver la Russie de son statut de membre permanent du Conseil de sécurité en raison de son agression contre l’Ukraine et des crimes systématiques commis contre les civils.

Lors d’un débat public du Conseil de sécurité consacré mardi à la protection des civils dans les conflits armés, Andriy Melnyk a déclaré que, parmi toutes les guerres et conflits dans le monde, l’agression russe contre l’Ukraine « se distingue par sa brutalité et le caractère systématique des violences infligées à la population civile ».

Il a indiqué que, selon la Mission de surveillance des droits de l’homme des Nations unies en Ukraine, le nombre de victimes civiles a augmenté de 21 % entre janvier et avril 2026 par rapport à la même période de l’année précédente, et de 93 % par rapport à 2024.

« Les quatre premiers mois de cette année ont été la période la plus meurtrière pour la population civile ukrainienne depuis le début de la guerre », a déclaré le diplomate.

Selon lui, la Russie a intensifié sa campagne de frappes de missiles et de drones contre les civils, n’étant plus capable d’obtenir des succès sur le champ de bataille.

Andriy Melnyk a rappelé que, durant l’hiver passé, la Russie avait systématiquement attaqué les infrastructures énergétiques ukrainiennes afin d’utiliser le froid pour contraindre des millions de civils à se soumettre.

Il a également accusé les forces russes d’utiliser la tactique des « doubles frappes », consistant à lancer une seconde attaque après une première explosion « uniquement pour tuer les secouristes et le personnel médical ».

Le diplomate a aussi évoqué ce qu’il a qualifié de « safari humain ».

« Les opérateurs russes de drones traquent et tuent délibérément des civils dans les rues, visant des habitants ordinaires, des ambulances ainsi que des véhicules humanitaires », a-t-il affirmé.

Andriy Melnyk a souligné que la Commission d’enquête de l’ONU sur l’Ukraine avait déjà qualifié cette pratique de crime contre l’humanité.

Il a également dénoncé la « situation catastrophique et insupportable » créée par la Russie dans les territoires ukrainiens temporairement occupés.

« Les détentions arbitraires, la torture et les disparitions forcées sont devenues les principaux instruments de la politique d’occupation illégale menée par Moscou », a insisté le représentant permanent.

Il a rappelé que plus de 20 000 enfants ukrainiens avaient été illégalement déportés ou déplacés de force par la Russie et que la plupart d’entre eux étaient soumis à « l’endoctrinement, à la militarisation et à des tentatives d’effacement de leur identité ukrainienne ».

Le diplomate a exprimé l’espoir que la Russie figurerait dans le prochain rapport annuel du secrétaire général de l’ONU parmi les parties ayant recours de manière systématique aux violences sexuelles liées aux conflits.

Il a enfin appelé les membres du Conseil de sécurité et l’ensemble des États membres de l’ONU à « faire face à cette réalité grotesque » et à trouver une voie permettant de retirer à la Russie son statut de membre permanent du Conseil de sécurité.

Photo : Andriy Melnyk