Cinq pays de l'Otan rejettent le plan de Mark Rutte visant à allouer 0,25 % du PIB à l'aide militaire pour l'Ukraine
Cinq pays membres de l'Otan, dont la Grande-Bretagne et la France, ont rejeté la proposition du secrétaire général de l'Alliance, Mark Rutte, de consacrer 0,25 % de leur PIB à l'aide militaire destinée à l'Ukraine, rapporte The Telegraph.
Le secrétaire général de l'Alliance a reconnu que son plan ne se concrétiserait pas, faute d'un soutien suffisant, sans pour autant nommer les opposants au projet. Selon les informations du journal, la Grande-Bretagne, la France, l'Espagne, l'Italie et le Canada ont bloqué cette initiative alors qu'elle venait d'être formulée lors de discussions sur le renforcement du soutien à Kyiv. Mark Rutte espérait ratifier cette proposition lors du prochain sommet de l'Otan à Ankara.
D'après une source interne à l'Alliance citée par le quotidien, au moins sept États membres, qui consacrent déjà plus de 0,25 % de leur PIB à l'aide militaire pour l'Ukraine, s'étaient déclarés favorables à l'initiative. Cependant, toute ratification requiert l'unanimité des pays membres. « Ils ne sont pas très enthousiastes à cette idée », a confié la source du journal, en référence à la Grande-Bretagne, la France, l'Espagne, l'Italie et le Canada.
L'article souligne que la contribution militaire britannique est la troisième plus importante après celle des États-Unis et de l'Allemagne, mais qu'elle reste inférieure au seuil des 0,25 % du PIB. Le Premier ministre britannique, Keir Starmer, s'est engagé à verser au moins 3 milliards de livres sterling par an (environ 0,1 % du PIB) à court terme.
Parallèlement, la France, l'Espagne et l'Italie — respectivement troisième, quatrième et cinquième économies d'Europe — ainsi que le Canada restent à la traîne par rapport à plusieurs de leurs alliés de plus petite taille en matière d'aide à l'Ukraine. Selon les données de l'Institut de Kiel, les Pays-Bas, la Pologne, ainsi que les pays nordiques et baltes fournissent déjà une assistance financière égale ou supérieure à 0,25 % de leur PIB.
Pour rappel, selon les informations de Politico, Mark Rutte avait sollicité les alliés fin avril lors d'une réunion à huis clos avec les ambassadeurs de l'Otan pour mettre en place ce quota de 0,25 %. Si l'idée avait été validée, le volume annuel de l'aide à l'Ukraine aurait pu atteindre 143 milliards de dollars.
Photo : OTAN