Selon le ministre ukrainien de la Défense, Kyiv voit actuellement une « fenêtre d'opportunité » dans la guerre

L'Ukraine estime qu'il existe aujourd'hui une « fenêtre d'opportunité » pour accentuer la pression sur la Russie. Elle s'efforce de l'élargir grâce à des solutions technologiques et au soutien de ses partenaires, a déclaré le ministre de la Défense, Mykhaïlo Fedorov, lors d'un point de presse conjoint avec son homologue suédois, Pål Jonson.

« Nous pensons effectivement qu'il y a une "fenêtre d'opportunité", et nous le constatons ensemble. Les chiffres sont connus de tous : le mois de mai a été l'un des plus réussis de ces dernières années, qu'il s'agisse de la superficie des territoires libérés par l'Ukraine comparée aux avancées russes, des pertes subies par l'armée russe, ou encore de l'efficacité de notre blocus logistique. Bien sûr, Moscou tente de réagir en déployant un système de petits groupes mobiles de tir et de nombreux équipements de guerre électronique. Ils s'adaptent et développent leur propre dispositif. De notre côté, nous travaillons à ouvrir la prochaine fenêtre d'opportunité plutôt qu'à attendre que celle-ci se referme. C'est pourquoi remporter chaque cycle technologique est crucial, et nous devons y investir », a expliqué Mykhaïlo Fedorov.

Selon le ministre, l'Ukraine explique régulièrement à ses partenaires quels types d'aide sont les plus efficaces pour atteindre ses objectifs. Il s'agit notamment de réorienter les financements vers les armes à longue portée et les drones à moyenne portée, ainsi que d'accélérer le versement des fonds déjà annoncés. Il a précisé que le Royaume-Uni allait verser à l'Ukraine 750 millions de livres sterling via le mécanisme d'utilisation des actifs russes gelés, et que d'autres États accéléraient également le financement des enveloppes d'aide précédemment validées. Toutefois, sur les 60 milliards fixés comme objectif pour cette année dans le cadre du format « Ramstein », seuls 40 milliards ont été annoncés pour l'instant, et une partie de ces fonds ne correspond pas aux besoins prioritaires de Kyiv.

« Ce qui importe, c'est que nos partenaires le comprennent, car ils voient la cohérence de nos actions par rapport à ce que nous avions annoncé. Nous expliquons précisément comment nous utilisons l'aide reçue. Parfois, nous refusons même certaines catégories d'armes, en expliquant que pour atteindre les objectifs fixés, nous avons besoin d'un soutien légèrement différent. Nous leur demandons donc de débloquer les fonds plus rapidement ou de modifier la nature de l'aide fournie : par exemple, remplacer l'artillerie à courte portée par de l'artillerie à longue portée, ou réallouer des fonds initialement dédiés aux réparations vers l'achat de drones de moyenne portée... C'est un travail quotidien pour améliorer la qualité de l'aide et faire comprendre à tous nos partenaires qu'il y a une fenêtre d'opportunité et qu'il faut la saisir. Quoi qu'il en soit, nous travaillons à ouvrir d'autres brèches pour notre pays. Je pense que chaque mois, nos partenaires constateront notre constance et notre force à mesure que nous développons nos capacités et portons des coups aux forces russes », a conclu Mykhaïlo Fedorov.

Photo : Mykhaïlo Fedorov /Facebook