Ministre des Affaires étrangères : La Russie mène déjà une guerre contre l'Europe}

Le ministre des Affaires étrangères Andriy Sybiha a déclaré que la Russie était en état de guerre avec l'Europe, même si celle-ci refuse de l'admettre.

Ce dernier a publié le message sur le réseau social X, rapporte Ukrinform.

Le chef de la diplomatie ukrainienne a souligné que la Russie attaquait déjà activement l’Europe, évoquant l’incident de Leipzig, les actes de sabotage contre des entreprises de l’industrie de défense dans des dizaines de pays de l’UE, le recrutement secret d’agents, le brouillage des signaux GPS dans l’aviation, les violations de l’espace aérien de l’OTAN, les dommages causés aux câbles sous-marins en mer Baltique et les cyberattaques.

« De campagnes de désinformation à grande échelle qui exploitent la crise de Ceuta à des tunnels souterrains récemment découverts, s'étendant du Bélarus aux pays baltes, la Russie attaque déjà activement l'Europe », a écrit Sybiha.

Le ministre a souligné que « ce n'est pas le moment de se faire des illusions », appelant à prendre ces incidents au sérieux et à les considérer comme des éléments coordonnés d'une stratégie malveillante plus large.

Sybiha a rappelé que les agressions de la Russie – tant en 2014 qu’en 2022 – avaient été précédées précisément par ce type de manœuvres tactiques : saper l’unité, affaiblir la détermination nationale et préparer le terrain pour des actions militaires.

Selon le ministre des Affaires étrangères, pour prévenir un tel scénario, il faut « de la force et une stratégie résolue et proactive ». Dans ce contexte, Sybiha a souligné la nécessité de restreindre considérablement la présence de citoyens russes en Europe.

« Les combattants russes devraient être interdits d’entrée dans l’UE, et la remise de visas d’entrée non nécessaire devrait être réduite au minimum absolu. Il s’agit là d’une question de sécurité nationale au sens strict », estime Sybiha.

Par ailleurs, selon le ministre, il convient de rompre tous les liens avec la Russie, notamment commerciaux. Il a souligné que chacun de ces liens constituait un point faible potentiel que Moscou exploiterait contre l’Europe.

« Un embargo commercial, des sanctions sévères et l'arrêt de tous les projets énergétiques, notamment dans le domaine de l'énergie nucléaire », a écrit Sybiha.

En outre, il est nécessaire d’éliminer complètement les réseaux d’influence russes en Europe : fermer toutes les antennes de « Rossotroudnitchestvo » et des « Maisons de la Russie », mettre fin aux échanges culturels et scientifiques, interdire la propagande russe et ses agents, et démanteler les réseaux illégaux qui corrompent l’élite politique et économique, a ajouté Sybiha.

Selon lui, les mesures énumérées ne sont pas simplement des exigences de l’Ukraine, qui est en état de guerre avec la Russie : elles pourraient constituer la « dernière chance » pour les gouvernements des pays européens de protéger leurs citoyens, leur économie et leurs institutions démocratiques.

« Le choix est clair : « tout ou rien ». Soit Moscou réussit son agression contre l’Europe dans la « zone grise », soit l’Europe fait preuve de détermination pour protéger la vie des gens », a écrit Sybiha.

Il a souligné que l’Ukraine avait acquis une immense expérience dans la lutte contre l’agression russe sous toutes ses formes.

Pour rappel, le Danemark affirme que la Russie prépare des actions de sabotage contre l’industrie de défense du pays.