La situation est critique non seulement à Olechky, mais aussi dans les villages de la communauté, selon l’administration militaire

La situation est critique non seulement à Olechky, mais aussi dans les villages de la communauté, notamment à Sagy. Elle est légèrement meilleure dans les localités plus éloignées du bord de l’eau, a déclaré à Ukrinform la cheffe de l’administration militaire d’Olechky, Tetiana Hassanenko.

« Si l’on peut dire que la situation est meilleure dans les villages qu’à Olechky, c’est uniquement dans les cinq villages de la communauté qui ont été détruits par la guerre et ont disparu de la carte. Là, c’est effectivement plus facile, puisqu’il n’y a plus personne. La situation est très difficile, tout comme à Olechky, dans le village de Sagy, où 12 personnes vivent encore, selon mes informations », a déclaré la cheffe de l’administration militaire.

Selon elle, la situation est quelque peu meilleure dans les villages éloignés du bord de l’eau, notamment Radensk, Tchelbourda, Pody et Kostogryzove, où les bombardements sont moins fréquents. Mais les transporteurs ne desservent désormais plus ces localités et les livraisons de nourriture ont cessé. Les habitants survivent grâce aux récoltes de leurs potagers.

« Certains ont des pommes de terre qu’ils ont cultivées, d’autres ont encore de la farine, parce que les livraisons de nourriture ont continué plus longtemps dans ces villages. Alors qu’à Olechky, les dernières livraisons de nourriture ont eu lieu le 26 mai, des produits ont encore pu être acheminés dans ces villages pendant l’été », a-t-elle expliqué.

Elle a toutefois souligné que la situation dans ces localités pouvait se dégrader rapidement.

Interrogée sur la manière dont les habitants d’Olechky se préparent à passer l’hiver, Tetiana Hassanenko a déclaré qu’il n’était pas question de préparation et que les habitants vivaient chaque jour comme si c’était le dernier.

« Personne ne parle même de l’hiver. Ils comprennent que s’ils ne sont pas évacués avant l’hiver, ils vont soit mourir, soit seront tués », a souligné la cheffe de l’administration militaire.

Elle a également déclaré qu’il n’y avait pas d’administration d’occupation à Olechky et que le soi-disant gouverneur de la région de Kherson, Volodymyr Saldo, ne savait donc pas combien de personnes y vivaient encore.

« Si le gauleiter Saldo est incapable de donner le nombre exact d’habitants d’Olechky occupée, qu’il vienne sur place et les compte. Où est le problème ? Pour des raisons évidentes, je ne peux pas m’y rendre, puisque le territoire est occupé, alors que lui est censé y représenter le pouvoir. S’il ne peut pas venir lui-même, qu’il y envoie ses subordonnés », a déclaré Tetiana Hasanenko.

Elle a rappelé que les autorités d’occupation avaient d’abord nié les problèmes à Olechky, avant de promettre l’évacuation des habitants, puis d’affirmer qu’elles ne procéderaient pas à leur évacuation, invoquant de prétendues « provocations de la partie ukrainienne ».

« Où sont-elles donc ? Où est cette administration d’occupation à Olechky ? Il n’y a personne. Il n’y a que des militaires russes, qui eux aussi se cachent dans les maisons des habitants parce qu’ils ont peur pour leur misérable vie », a déclaré la cheffe de l’administration militaire.

Comme l’a rapporté Ukrinform, la Mission de surveillance des droits de l’homme de l’ONU en Ukraine a déclaré que, au 24 juin, aucune livraison de nourriture n’avait été effectuée depuis le 26 mai à Olechky, ville occupée par les forces russes dans la région de Kherson.

Le 25 septembre, le commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe, Michael O’Flaherty, a appelé à un cessez-le-feu local, à un accès sans entrave de l’aide humanitaire et à l’évacuation en toute sécurité des civils d’Olechky.

Selon les autorités ukrainiennes, environ 6 000 personnes vivent dans la communauté d’Olechky, dont 180 enfants. Ce nombre pourrait toutefois être plus élevé.

Photo : Dmytro Loubinets / Facebook