Sondage : Plus de 60 % des Ukrainiens opposés au retrait du Donbass en échange de garanties de sécurité
Plus de 60 % des Ukrainiens jugent catégoriquement inacceptable de céder le contrôle de l'ensemble du Donbass à la Russie en échange de garanties de sécurité, selon les résultats d'un sondage réalisé du 8 au 16 octobre 2026 par l'Institut international de sociologie de Kyiv (KMIS).
« 61 % des personnes interrogées considèrent qu'il est catégoriquement inacceptable de placer tout le Donbass sous contrôle russe en échange de garanties de sécurité. À l'inverse, 35 % se disent prêts à faire une telle concession (bien que la majorité d'entre eux reconnaissent qu'il s'agit d'une condition difficile). Enfin, 4 % ne se sont pas prononcés », indique le communiqué de presse.
Les sociologues précisent qu'aucun changement statistiquement significatif n'a été observé par rapport à la période fin juillet - début août.
« Cependant, parmi les répondants interrogés les 8 et 9 octobre, avant l'annonce de "l'accord sur le diesel" et la campagne de pression qui a suivi contre l'Ukraine, 57 % y étaient catégoriquement opposés. Ce chiffre est passé à 62 % parmi les personnes sondées entre le 10 et le 16 octobre. Bien que cette différence s'inscrive formellement dans la marge d'erreur, nous constatons qu'à ce stade, la campagne de pression exercée sur l'Ukraine n'a pas traduit une plus grande disposition à accepter cette proposition », souligne le KMIS.
D'après l'enquête, dans l'ensemble des régions, une moitié ou une majorité de la population rejette l'idée d'un retrait des troupes ukrainiennes en échange de garanties de sécurité. C'est dans l'Est du pays (principalement la région de Kharkiv) que l'on trouve le plus fort soutien relatif à cette option, avec 45 % des habitants qui la jugent envisageable, même si 51 % y restent catégoriquement opposés. Dans les autres régions (y compris le Sud et le bas Dniepr), entre 60 % et 66 % rejettent fermement cette possibilité.
De plus, selon le KMIS, malgré l'intense campagne de bombardements ciblant Kyiv avec des missiles balistiques et des drones à réaction, une grande majorité des habitants de la capitale (66 %) rejettent catégoriquement ce marché. « De toutes les régions, c'est formellement dans la ville de Kyiv que l'opposition ferme est la plus forte », constatent les sociologues.
L'Institut international de sociologie de Kyiv a mené sa propre enquête d'opinion nationale « Omnibus », en y intégrant de sa propre initiative des questions relatives à la guerre et à la paix. L'étude a été réalisée par entretiens téléphoniques auprès d'un échantillon aléatoire de numéros mobiles représentant 1 031 répondants sur l'ensemble du territoire contrôlé par le gouvernement ukrainien.
Le sondage a été mené auprès de citoyens majeurs (18 ans et plus) résidant sur le territoire sous contrôle ukrainien au moment de l'enquête. L'échantillon n'inclut pas les habitants des territoires temporairement occupés par la Russie (bien qu'une partie des répondants soient des personnes déplacées à l'intérieur du pays), ni les citoyens ayant quitté l'Ukraine après le 24 février 2022.