L'Ukraine appelle la communauté scientifique internationale à cesser toute coopération avec les institutions russes

Le ministère ukrainien de l'Éducation et des Sciences, en collaboration avec le ministère de la Transformation numérique, a lancé un appel à la communauté scientifique internationale pour qu'elle mette fin à sa coopération institutionnelle avec les établissements académiques et de recherche russes, notamment dans le domaine des recherches conjointes, des publications scientifiques et de l'activité éditoriale.

Dans une lettre ouverte, les deux ministères soulignent que la Russie continue d'attaquer systématiquement les infrastructures scientifiques ukrainiennes, tandis que les institutions scientifiques russes conservent leur accès aux réseaux de recherche internationaux, aux revues académiques et aux ressources scientifiques.

Le 28 septembre 2026, un drone russe a notamment frappé le bâtiment du présidium de l'Académie nationale des sciences d'Ukraine à Kyiv. L'attaque a tué deux personnes, en a blessé sept et a gravement endommagé le bâtiment.

« La Russie détruit systématiquement les infrastructures scientifiques ukrainiennes, alors que ses propres institutions continuent de bénéficier des possibilités de la coopération académique internationale. Cette situation est inacceptable. Nous appelons nos partenaires internationaux à passer des déclarations de solidarité à des décisions concrètes : cesser les recherches conjointes avec les institutions russes, limiter leur participation aux publications scientifiques internationales et à l'activité éditoriale. La coopération scientifique doit reposer sur des principes de responsabilité et d'intégrité académique », a déclaré le vice-ministre ukrainien de l'Éducation et des Sciences, Denys Kourbatov.

Dans cet appel, l'Ukraine invite les universités, instituts de recherche, sociétés savantes et organismes de financement de la recherche étrangers à suspendre les projets scientifiques menés avec des chercheurs rattachés institutionnellement à des établissements académiques et de recherche russes.

Une attention particulière est portée aux maisons d'édition académiques, aux comités et conseils éditoriaux des revues scientifiques internationales. Il leur est demandé d'instaurer une pratique de rejet des manuscrits sans évaluation externe (desk rejection) lorsque les auteurs sont liés à des institutions académiques et de recherche russes, ainsi que de suspendre les fonctions éditoriales des personnes formellement rattachées à ces institutions.

Les auteurs de la lettre soulignent toutefois que les mesures proposées concernent bien la coopération institutionnelle avec les organisations scientifiques russes, indépendamment de la citoyenneté, de la nationalité ou de l'origine ethnique des chercheurs concernés.

Le ministère ukrainien de l'Éducation et des Sciences appelle les universités, institutions scientifiques, organisations de recherche et la communauté académique ukrainiennes à diffuser activement cette lettre ouverte auprès de leurs partenaires étrangers, des associations scientifiques internationales, des maisons d'édition académiques et des comités éditoriaux des revues scientifiques. Il est essentiel que cet appel bénéficie de la plus large diffusion internationale et serve de base à des décisions institutionnelles concrètes de cessation de la coopération avec les institutions scientifiques russes.