Guerre en Ukraine : 2025, l’année la plus meurtrière pour les civils en Ukraine depuis 2022

L’année 2025 a été la plus meurtrière pour les civils en Ukraine depuis le début de l’invasion russe à grande échelle en 2022, avec plus de 2 500 morts et plus de 12 000 blessés, a déclaré Matthias Schmale, coordonnateur humanitaire de l’ONU pour l’Ukraine, lors d’une conférence de presse à Kyiv.

Selon lui, la crise humanitaire actuelle est le résultat d’une succession d’attaques russes ininterrompues, depuis l’invasion de février 2022 jusqu’à la destruction du barrage de Kakhovka en 2023, en passant par les vagues récentes de frappes massives contre les infrastructures civiles.

D’après les données des autorités ukrainiennes et des médias, la seule semaine dernière, les forces russes ont lancé près de 1 100 drones d’attaque, plus de 890 bombes aériennes guidées et au moins 50 missiles de différents types, dont des missiles balistiques et de croisière. Une frappe impliquant un missile balistique à moyenne portée de type Orechnik a notamment visé la région de Lviv, dans l’ouest du pays, près de la frontière polonaise.

La situation humanitaire demeure particulièrement critique dans les zones de première ligne ainsi que dans les régions frontalières du nord, où l’intensification des bombardements, la destruction des infrastructures civiles et les perturbations persistantes des services essentiels continuent d’aggraver les besoins de la population.

Face à cette situation, l’ONU et ses partenaires humanitaires lancent un appel d’urgence de 2,3 milliards de dollars pour 2026, destiné à venir en aide à 4,1 millions de personnes, dont des millions de déplacés internes. L’objectif est de fournir une assistance vitale — nourriture, soins médicaux, abris et protection — à des populations confrontées à une crise humanitaire prolongée.

Selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA), cet appel reflète l’ampleur des besoins prioritaires « dans un environnement à haut risque, marqué par une réduction des ressources humanitaires ».

Le plan pour 2026 se concentre sur quatre priorités : les personnes vivant à proximité de la ligne de front ; celles contraintes de fuir pour se mettre à l’abri ; les populations dont les logements ont été endommagés ou qui ont perdu l’accès aux services de base à la suite des frappes ; ainsi que les personnes, y compris les déplacés internes, risquant d’être exclues des mécanismes de protection sociale.

Le lancement de ce plan intervient alors que les frappes répétées de missiles et de drones russes à travers le pays continuent de faire des victimes civiles, de détruire des habitations et de provoquer de nouveaux déplacements.

Dans les territoires occupés par la Fédération de Russie, les populations restent largement privées de services essentiels et de systèmes de protection, confrontées à de graves violations des droits humains, tandis que l’accès humanitaire y demeure extrêmement limité.

« Nous sommes aujourd’hui confrontés à un nouveau tournant critique. Les perturbations généralisées de l’approvisionnement en électricité et en chauffage, dans des conditions hivernales extrêmes, créent une crise dans la crise et poussent les capacités de résilience des populations à leur point de rupture », a averti Matthias Schmale. 

Les partenaires humanitaires se disent déterminés à réagir rapidement à l’évolution de la situation, qu’il s’agisse de nouvelles attaques, de vagues de déplacements forcés ou de défis saisonniers, notamment les coupures de services essentiels après les frappes contre les infrastructures énergétiques en plein hiver.

« Alors que la nature de cette guerre continue d’évoluer, l’action humanitaire doit s’adapter pour répondre à des risques nouveaux et à des besoins croissants », a conclu le coordonnateur humanitaire. « Tout doit être fait pour permettre aux populations les plus vulnérables d’Ukraine de traverser cette épreuve avec autant de dignité que possible. »