En 2025, 485 Ukrainiens reconnus victimes de la traite des êtres humains

En 2025, 485 Ukrainiens ont officiellement obtenu le statut de victimes de la traite des êtres humains, a indiqué Ihor Tchorniy, chef du département du contrôle public dans le domaine de la protection sociale au sein du Service national des services sociaux, lors de la présentation à Ternopil d’une installation interactive consacrée aux dangers de la traite humaine.

Selon lui, parmi ces cas, 42 concernent l’exploitation par le travail, 11 l’exploitation sexuelle et 6 la participation forcée à l’industrie pornographique. La grande majorité des victimes — 404 personnes — ont cependant été identifiées parmi celles qui se trouvaient dans les territoires temporairement occupés et ont souffert des conséquences directes de la guerre.

Dans la région de Ternopil, deux cas de traite des êtres humains ont été recensés au cours de l’année écoulée.

Les autorités soulignent toutefois que le phénomène reste largement sous-déclaré. « Le principal problème est que les victimes ne signalent pas ces crimes, souvent par honte », a expliqué Mariyana Pidperyhora, officier opérationnelle de la police des migrations, lors de l’événement. « Notre travail se concentre donc avant tout sur la prévention, afin que les gens ne tolèrent ni la violence ni l’exploitation, mais osent en parler et demander de l’aide. »

Cette installation interactive s’inscrit dans le cadre de la campagne nationale de lutte contre la traite des êtres humains et l’exploitation, intitulée “Cela te parle ?”, organisée à Ternopil par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). Il s’agit de la quatrième ville ukrainienne à accueillir ce projet.

La représentante de l’OIM en Ukraine, Anna Tcherniavska, a expliqué que l’installation vise à révéler les signes souvent invisibles de l’exploitation. Le visiteur commence par voir son propre reflet dans une surface miroir. Après avoir saisi le numéro 527 — la ligne d’assistance nationale pour la prévention de la traite et le conseil aux migrants — apparaissent alors différentes images symboliques : de l’argent jamais perçu par les victimes, un téléphone évoquant la rupture du lien avec les proches, un matelas sale représentant des conditions de vie indignes, un faux contrat, ainsi que d’autres éléments.

L’installation intègre également des citations de témoignages réels de personnes ayant survécu à la traite des êtres humains, afin de rendre visible une réalité souvent dissimulée.

Photo: freepi