L’ancien ministre ukrainien de l’Énergie, Herman Halouchtchenko, visé par une mise en cause dans l’affaire de corruption « Midas »
Le Parquet spécialisé anticorruption ukrainien (SAP) a notifié une suspicion à l’ancien ministre de l’Énergie (2021-2025), Herman Halouchtchenko, dans le cadre de l’enquête baptisée « Midas ».
Selon le communiqué du SAP, l’ancien ministre est accusé de participation à une organisation criminelle (art. 255-2 du Code pénal) et de blanchiment d’argent (art. 209-3). L’enquête, menée conjointement par le NABU (Bureau national anticorruption) et le SAP, porte sur un vaste réseau de corruption dans le secteur énergétique ukrainien.
Les faits reprochés remontent à 2021 : création d’un fonds offshore à Anguilla destiné à blanchir des dizaines de millions de dollars provenant d’activités illégales au sein d’entreprises publiques, notamment Energoatom. Les fonds auraient transité par des trusts, des sociétés-écrans (Îles Marshall, Saint-Kitts-et-Nevis, etc.) et des comptes bancaires suisses, avec des bénéficiaires déclarés au nom de l’ex-épouse et des enfants de l’ancien ministre.
Plus de 112 millions de dollars auraient été obtenus illégalement pendant son mandat, via une personne de confiance surnommée « Rocket ». Une partie de ces fonds (plus de 7,4 millions de dollars, 1,3 million de francs suisses et 2,4 millions d’euros) a été transférée directement ou utilisée pour des dépenses personnelles : études des enfants dans des écoles privées suisses, placements financiers et besoins familiaux.
Le SAP précise que l’enquête se poursuit avec la coopération de 15 pays étrangers. Cinq des sept suspects ont déjà été interpellés, dont le présumé chef du réseau (un homme d’affaires), un ex-conseiller du ministre et le responsable de la sécurité physique d’Energoatom. Des perquisitions ont eu lieu chez Timur Minditch (coproducteur de Kvartal 95) et au ministère de la Justice, actuellement dirigé par Herman Halouchtchenko lui-même.
Le ministère de la Justice a confirmé que des actes d’enquête ont été réalisés en présence de son titulaire. Pour l’instant, aucune condamnation n’a été prononcée, mais l’affaire, révélée en novembre 2025, continue de susciter un fort émoi en Ukraine, car elle touche un haut responsable en exercice pendant la guerre et implique des sommes considérables dans un secteur stratégique.