La Russie contourne les sanctions et obtient des pièces détachées auprès d’une entreprise finlandaise pour sa flotte fantôme
La Russie a mis en place un réseau mondial qui lui permet d’obtenir des pièces détachées pour des moteurs de l’entreprise finlandaise Wärtsilä, malgré les sanctions occidentales, selon une enquête du média finlandais Yle.
D’après le service d’investigation Yle MOT, entre 2023 et 2025, des pièces de Wärtsilä d’une valeur d’environ 6 millions d’euros ont été livrées à la Russie.
Les navires de la « flotte fantôme », impliqués dans le transport du pétrole russe et contribuant ainsi au financement de la guerre en Ukraine, utilisent également des produits de cette entreprise finlandaise.
L’un des principaux intermédiaires est la société Arnika Trade LLC, située en périphérie de Tbilissi, capitale de la Géorgie.
Cette entreprise a expédié vers la Russie des pièces détachées pour moteurs Wärtsilä pour un montant supérieur à 1 million d’euros. Parmi les pays d’expédition figurent notamment la Chine, les Émirats arabes unis, l’Inde et même les Maldives.
Le seul client d’Arnika est la société russe Elite Shipping, qui coopère notamment avec Prime Shipping, l’un des plus grands transporteurs russes de pétrole et de produits pétroliers.
Le réseau mis en place par la Russie comprend des dizaines de sociétés intermédiaires. Depuis le début de la guerre de la Russie contre l’Ukraine, près de 60 entreprises russes ont acheté des pièces Wärtsilä. Le nombre de vendeurs dépasse la centaine, la majorité étant basée en Chine, aux Émirats arabes unis et en Turquie.
La directrice des affaires juridiques et de la conformité de Wärtsilä, Nora Steiner-Forsberg, a déclaré à Yle que l’entreprise prenait les sanctions très au sérieux.
« Malheureusement, il existe sur le marché des acteurs qui contournent les sanctions. C’est un problème commun à toutes les entreprises internationales », a-t-elle déclaré.
Wärtsilä a quitté le marché russe peu après le début de la guerre de la Russie contre l’Ukraine en 2022, et l’entreprise affirme ne pas vouloir que ses produits soient vendus à la Russie.
Les contrats de l’entreprise comportent une clause interdisant aux clients toute réexportation de produits vers la Fédération de Russie. Nora Steiner-Forsberg n’a pas souhaité préciser si Wärtsilä avait pris des mesures à l’encontre de clients ayant enfreint les conditions contractuelles.