Zelensky : « Nous ne sommes pas prêts à abandonner le Donbass et les 200 000 Ukrainiens qui y vivent »

Dans un entretien au journal italien Corriere della Sera, le président Volodymyr Zelensky a affirmé que les troupes ukrainiennes ne se retireraient pas du Donbass, refusant de livrer à leur sort les 200 000 citoyens ukrainiens qui y résident encore.

Le président a précisé que l'Ukraine dispose de garanties de sécurité de la part des États-Unis, mais que Washington ne souhaite les signer que dans le cadre d'un accord global avec la Russie.

« Je ne suis pas d'accord avec ce point, mais c'est ainsi. Nous avons aussi un protocole prêt avec les Européens, mais il n'est pas signé non plus. Il existe des accords pour notre reconstruction, mais ils ne peuvent débuter qu'après la guerre. Est-ce un progrès ? Oui. Est-ce suffisant ? Non », a déclaré Zelensky.

Selon lui, les équipes de négociation ukrainienne, américaine et russe sont « bloquées » sur un plan de paix en 20 points et sur la question du contrôle territorial, notamment une zone de 5 800 km² dans le Donbass.

« Les Américains envisagent un échange de territoires, tandis que les Russes exigent notre retrait total. L'échange n'est pas dans notre intérêt », a-t-il martelé.

Malgré des débats internes intenses, Zelensky a révélé avoir accepté l'idée américaine de geler la ligne de front par voie diplomatique.

« J'ai choisi la voie diplomatique et accepté la proposition américaine de geler la ligne de front. Beaucoup chez nous n'étaient pas d'accord, mais j'ai suivi le président Trump pour au moins faire cesser les combats. Les Russes ont cependant refusé et exigent notre retrait total du Donbass. », a-t-il dit. 

Volodymyr Zelensky a qualifié de « pur cynisme » la proposition russe concernant les zones démilitarisées et les zones économiques libres, Moscou exigeant qu'elles ne s'appliquent que du côté ukrainien.

Interrogé sur l'éventualité de remplacer les troupes ukrainiennes par des contingents étrangers pour garantir la sécurité, Zelensky s'est montré sceptique. Outre le refus russe, il craint un revirement politique futur à Washington.

« Rappelons-nous le retrait d'Afghanistan. Que se passera-t-il si, dans dix ans, un autre président américain décide de retirer ses troupes ? Nous avons besoin d'une défense forte. Une ligne de défense ukrainienne », a-t-il souligné.

Enfin, le président a souligné que la Russie subit des pertes colossales, allant jusqu'à 35 000 hommes par mois.

« Poutine s'apprête à mobiliser 400 000 nouveaux soldats, mais son armée a cessé de croître car les pertes équivalent aux nouveaux recrutements. Ils sont proches de la crise. Les négociations sérieuses commenceront quand son armée commencera à réduire en effectifs », a conclu Zelensky.