Roberta Metsola : L’Ukraine doit rejoindre l’UE et cette décision ne peut être remplacée par des modèles intermédiaires
La présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, a déclaré que l’Union européenne devait avancer aussi vite que l’Ukraine mène ses réformes et ne pouvait pas utiliser les discussions sur différents modèles d’intégration comme un moyen de retarder une adhésion pleine et entière.
« Le consensus consiste à passer aux étapes suivantes. Si quelqu’un nous avait dit qu’un pays en guerre, agressé militairement, serait capable de rattraper de manière aussi impressionnante un volume de travail législatif et technique qui demande dix ans à d’autres pays, nous ne l’aurions pas cru. Nous ne pouvons donc pas détourner le regard sans répondre à cette vitesse par la même vitesse », a déclaré Roberta Metsola lors de la conférence sur la sécurité GLOBSEC à Prague.
Selon elle, l’Union européenne doit non seulement reconnaître les progrès de l’Ukraine, mais aussi prendre des décisions concrètes permettant aux pays candidats de sentir que leurs efforts n’ont pas été vains.
« Ma responsabilité est de dire que, oui, l’élargissement repose sur le mérite, personne ne le conteste, étape par étape. Mais ouvrons les premiers clusters. Faisons le pas nécessaire pour ces pays et leurs populations afin qu’ils puissent dire : nous n’avons pas fait tout cela pour rien », a plaidé la présidente du Parlement européen.
Roberta Metsola a également mis en garde contre le risque que les discussions autour de différents formats ou modèles intermédiaires d’intégration deviennent un moyen de maintenir durablement les pays candidats en dehors de l’Union européenne.
Elle a reconnu l’existence possible d’étapes intermédiaires, notamment l’accès à certains domaines de coopération comme le marché unique, l’union douanière, les programmes Erasmus ou Horizon, ou encore l’itinérance mobile sans surcoût dans l’UE. Mais, selon elle, ces dispositifs ne peuvent remplacer la décision politique sur l’adhésion de l’Ukraine.
« Nous devons faire ce que nous avons à faire et ne pas utiliser ces modèles comme prétexte pour maintenir les pays dans une situation d’attente permanente. Cela ne doit pas se faire au détriment de la décision fondamentale déjà prise : l’Ukraine rejoindra l’Union européenne. Je ne donnerai pas de date, cela ne relève pas du Parlement européen », a-t-elle souligné.
Elle a rappelé que, depuis le début de l’invasion russe à grande échelle, le Parlement européen soutient à une large majorité la perspective d’adhésion de l’Ukraine et de la Moldavie, position ensuite confirmée par les États membres de l’UE.