Le Musée national d’histoire de l’Ukraine appelle l’Unesco à supprimer le Prix international UNESCO-Russie Mendeleïev en sciences fondamentales
Le Musée national d’histoire de l’Ukraine demande à l’Unesco d’annuler la création et le financement du concours pour le Prix international UNESCO-Russie Mendeleïev en sciences fondamentales, une distinction financée par le gouvernement russe.
L’annonce du concours a été publiée sur le site de l’Unesco le 7 janvier 2026, provoquant une vive réaction en Ukraine. « Cette nouvelle a secoué les réseaux sociaux ukrainiens », souligne le musée dans un communiqué publié sur son site.
Le prix, doté de 250 000 dollars pour chacun des deux lauréats, s’accompagne d’une médaille d’or et d’un diplôme. Il a été créé à l’initiative de la Russie et décidé par l’Unesco en 2019. Il n’a été attribué que deux fois, en 2021 et 2023, et chaque fois l’un des deux récipiendaires était un scientifique russe.
Le jury international compte des membres d’Espagne, d’Allemagne, de Russie, du Mexique, d’Inde, du Kenya et du Maroc. Selon la description officielle, le prix « honore l’héritage scientifique exceptionnel de Dmitri Mendeleïev, auteur de la table périodique, dont les travaux ont joué un rôle fondamental dans l’avenir de la chimie, de la physique, de la biologie, de l’astronomie et de la géochimie, ainsi que dans ce que l’on appelle aujourd’hui le développement durable ».
Le musée dénonce particulièrement le cynisme d’une phrase figurant sur la page officielle du prix : « Le prix a été créé pour attirer l’attention de la communauté internationale sur le rôle important des sciences fondamentales dans la construction de sociétés pacifiques et prospères. »
Institution spécialisée dans l’étude des méthodes de propagande russe à travers les siècles, le Musée national d’histoire de l’Ukraine appelle l’Unesco à supprimer cette récompense et à cesser de contribuer à la diffusion de narratifs russes.
« Sous couvert du slogan “la science est apolitique” et du nom d’un savant mort il y a plus d’un siècle, la Russie tente aujourd’hui de blanchir ses crimes contre l’humanité et ses nombreux crimes de guerre », écrit le musée.
Il rappelle que pendant que les missiles et drones russes détruisent en Ukraine des bâtiments d’instituts de recherche et d’universités, que des scientifiques ukrainiens meurent sous les bombardements, en captivité russe ou au combat, « l’une des organisations internationales les plus influentes récompense des chercheurs avec l’argent d’un gouvernement russe responsable de crimes de sang ».
Le musée exhorte l’Unesco à mettre fin à ce prix, considéré comme un outil de légitimation et de propagande pour un régime agresseur.