De nouvelles tensions sur le devoir de mémoire entre la Pologne et l'Ukraine

De nouvelles tensions sur le devoir de mémoire entre la Pologne et l'Ukraine

Ukrinform
Le vice-ministre polonais des Affaires étrangères, Bartosz Cichocki, assure qu'il n'y a pas de crise dans les relations polono-ukrainiennes, bien que les récents discours d'officiels polonais aient pu exacerber encore plus les tensions.

Le chef adjoint de la diplomatie polonaise a fait cette déclaration lors d’une conférence intitulée "L'agression russe en Ukraine: équilibre et perspectives", ce lundi à Varsovie, rapporte un correspondant d'Ukrinform :

"Nous entendons souvent parler dans les médias de la crise des relations ukraino-polonaises, mais elle n'existe pas", a déclaré M. Cichocki.

Selon lui, personne ne souhaite noter les aspects positifs dans les relations entre l'Ukraine et la Pologne, comme le soutien de Varsovie à l’Ukraine à propos de l’agression russe dans le Donbass et le fait que la Pologne est le deuxième plus gros contingent de représentants dans la mission de l’OSCE en Ukraine avec plus de 40 membres) et est investie dans la coopération militaire étroite entre les deux pays. Varsovie investit également dans le développement des petites entreprises et la restauration d’écoles détruites dans l’est de l’Ukraine, notamment dans la ville d'Avdiivka.

Cette déclaration du vice-ministre des affaires étrangères polonais suit une lettre du Président de la République, Andrzej Duda, lue la veille lors d’une cérémonie d’hommage pour le 74ème anniversaire du génocide de Polonais dans le village de Huta Pieniacka, en 1944.

Si le chef de l’Etat a réaffirmé sa volonté de bonne entente avec son voisin du sud, certains passages de la lettre ont ravivé des tensions déjà exacerbées par le vote d’une loi mémorielle en début de mois :

 "Le crime de génocide commis par des soldats et des policiers ukrainiens au service du Troisième Reich d'Hitler, ainsi que par des nationalistes ukrainiens, a entraîné la mort d'environ un millier de personnes - des résidents polonais de Huta Pieniacka, des Juifs et des réfugiés d'autres villes de Volynie et Podilie, qui y étaient réfugiés [...] Il est important de ne pas oublier les crimes de Huta Pienicka" .

Le devoir de mémoire et de vérité serait selon Duda gage de bonne entente entre les deux pays. Un discours écorné par l’un de ces prédécesseurs, Aleksander Kwasniewski (président de la Pologne entre 1995 et 2005 – centre gauche) qui, s’il s’accorde à dire que le devoir de mémoire et la recherche de vérité sont importants pour la Pologne et l’entente entre les deux pays, voit dans les tensions actuelles la volonté du parti conservateur au pouvoir d’instrumentaliser et de politiser l’Histoire.

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