Président + «Serviteur du peuple» à la Verkhovna Rada: priorités du nouveau gouvernement

Président + «Serviteur du peuple» à la Verkhovna Rada: priorités du nouveau gouvernement

Ukrinform
Sur la base des déclarations de Volodymyr Zelensky et de son entourage, nous analysons les orientations prioritaires de la future politique ukrainienne.

Le nouveau gouvernement ukrainien se met progressivement en marche . Le Président a déjà signé un certain nombre de décrets, publié des centaines d’ordonnances et de règlements concernant diverses sphères de la vie sociale et politique et procédé à des dizaines de nominations. Et grâce aux entretiens et aux discours du président et de son équipe, nous en apprenons davantage sur leurs projets, leur point de vue sur la résolution des problèmes les plus urgents pour les Ukrainiens et sur la politique qu'ils tentent d'incarner. Dans le même temps, certains messages sont restés inchangés depuis le début de la campagne pour l'élection présidentielle de Volodymyr Zelensky. D’autres, pour ainsi dire, sont «rééditées», soit en raison de réinterrogations «internes», soit en raison de circonstances extérieures changeantes, soit sur l’avis de partenaires internationaux, soit à travers la réaction de la société à des idées controversées.

De toute évidence, la recherche d’approches communes au sein de l’équipe dirigeante se poursuit, ce qui peut expliquer parfois  le contenu divergent des  déclarations sur les mêmes questions à l’ordre du jour, faites par divers représentants du gouvernement! Cela est en partie compréhensible: le processus de répartition des responsabilités et de recherche d’algorithmes de communication interne, ainsi que la communication du nouveau gouvernement avec la société, le secteur public, le milieu des experts et la presse, sont actuellement en cours. Cette période s'achèvera probablement avec le début du nouveau Conseil suprême (Verkhovna Rada) et la formation du gouvernement. Jusqu'à présent, l'équipe présidentielle ne s'est pas prononcée publiquement sur les candidats aux postes de dirigeants parlementaires, ni sur les candidats probables aux portefeuilles ministériels. Au lieu de cela, de plus en plus clairement, Volodymyr Zelensky et ses représentants expliquent les tâches qui attendent les autorités centrales et le système de gestion du pays dans son ensemble. Ukrinform résume les informations sur les prochains pas  du chef de l’État ukrainien et de son équipe.

1. La question de «la guerre et la paix»

La semaine dernière, dans une interview «En toute franchise avec le président», Volodymyr Zelensky a confirmé sa volonté de reprendre les pourparlers de paix dans le format  Normandie. Aujourd'hui, selon lui, des consultations sur cette question sont en cours au niveau des conseillers des chefs d'État (Ukraine, Allemagne, France et Russie). Et l'une des prochaines réunions consacrées au règlement de la situation dans le Donbass pourrait avoir lieu au plus haut niveau. Et par conséquent, la probabilité d'un résultat positif augmente. Le président a également évoqué avec prudence la possibilité de discussions directes avec Vladimir Poutine. Selon lui, nos partenaires occidentaux en particulier sont catégoriquement opposés à cela: «Tout le monde dit, Dieu nous en préserve, s'il y avait des négociations directes avec la Russie, les sanctions seraient levées. Honnêtement, je ne comprends pas ce modèle. J'étais persuadé que les sanctions ne sont pas imposées à cause de mes conversations avec le président de la Fédération de Russie, mais parce que la Crimée nous a été enlevée et que la Russie soutient les territoires temporairement occupés». Le président a souligné que l'Ukraine était reconnaissante aux partenaires occidentaux pour leur soutien, mais qu'elle devait en même temps avoir son propre avis. C'est pourquoi Zelensky, comme il l’ a souligné, «n’a pas écouté» les conseils de ses partenaires et a initié une conversation téléphonique avec Poutine sur la question de la libération des prisonniers. Lors de la première étape, l’Ukraine considère en priorité la libération de nos  24 marins capturés par la Russie. L’étape suivante: la libération de tous les Ukrainiens prisonniers en Russie, dans la Crimée annexée et dans les territoires occupés du Donbass. En outre, depuis avril, les membres de l'équipe présidentielle répètent sans cesse leur thèse sur des «lignes rouges» que l'Ukraine ne peut pas franchir dans le processus de négociations pacifiques avec l'agresseur. C'est tout d'abord l'impossibilité de toute concession territoriale.

Il est à noter que les autorités ukrainiennes n'envisagent pas la possibilité d'amnistie pour les membres des groupes armés illégaux, en particulier ceux impliqués dans des crimes de guerre,  «Si nous parlons d'une amnistie pour les militants, les personnes impliquées dans des crimes de guerre, je pense qu'il ne peut y avoir aucune autre option. Aucune amnistie à cet égard n'est accordée en Ukraine ni à l'étranger», assure Dmytro Razumkov, dirigeant du parti «Serviteur du peuple».

2. Politiques sociales, tarifaires et économiques

Dans l'interview  «En toute franchise avec le président», Volodymyr Zelensky a confirmé sa volonté de réduire les tarifs des services publics pour les Ukrainiens. Cependant, il a rappelé que cela relève de la compétence du gouvernement. Le nouveau Conseil des ministres devrait donc explorer la possibilité d’adopter une telle décision. «Nous en avions déjà parlé avec le FMI et la Banque mondiale. Ils craignaient beaucoup que nous réduisions fortement les tarifs des services publics, et non pas parce qu'ils s'y opposaient, mais parce qu'ils ne savaient pas - aux dépens de qui et pour quoi. Cela doit se produire de manière à ce qu'il n'y ait pas de trou dans le budget», a-t-il affirmé.

Parmi les options possibles pour alléger le «fardeau tarifaire», l'équipe présidentielle envisage la possibilité d'une exemption du paiement des tarifs publics pour les personnes qui ont déjà atteint l'âge de 70 ans. Il s'agit en premier lieu des citoyens pauvres et isolés. À propos, après les élections présidentielles, les nouvelles autorités ont également changé d'avis sur la coopération avec le FMI, la Banque mondiale et d'autres institutions financières internationales. L’équipe de Zelensky comprend que sans un soutien externe du pays, rien ne peut être fait. Par conséquent, la mission du Fonds monétaire international devrait arriver en Ukraine immédiatement après la formation du nouveau gouvernement, en septembre.

Dans le même temps, le représentant du président au Conseil des ministres, Andrii Gerus, espère que Kyiv sera en mesure d’atténuer les dispositions du mémorandum sur la coopération avec le Fonds concernant la question des «tarifs publics». Au lieu de cela, notre pays, selon ses prévisions, peut se fixer des tâches plus ambitieuses dans la poursuite des réformes anti-corruption: «Pour que nous les élaborions nous-mêmes, sans être forcés», a-t-il souligné.

Selon les experts, un signe important pour la poursuite de la coopération de Kyiv avec les institutions financières internationales a été le fait que le nouveau président s'était immédiatement éloigné de la proposition de l'influent oligarque Igor Kolomoisky de déclarer l'Ukraine en défaut de paiement. Quant aux autres priorités économiques du nouveau gouvernement, elles seront évidemment définies en détail dans l'accord de coalition et dépendront des modèles et des stratégies économiques qui seront préférés par les représentants du bloc économique du gouvernement. Jusqu'à présent, la question des modifications possibles dans le système fiscal et dans la sphère de la déréglementation est évoquée de temps à autre: en fonction de la diffusion de messages divergents dans l'espace de l'information. Il s'agit en particulier du soutien à l'idée de Zelensky d'introduire une taxe sur le capital retiré, une amnistie du capital (en particulier, retirée dans les offshore), le lancement d'une véritable réforme agraire.

L'une des priorités de l'équipe du nouveau président est la création d’un service du renseignement financier. Il devrait récupérer les fonctions correspondantes des divisions du Service de la sécurité de l’Ukraine et  du ministère de l'Intérieur, ainsi que du service des finances de l'État.

3.Lutte contre la corruption et relations avec les oligarques

Jusqu'à présent, le président et son entourage critiquent régulièrement les «succès» antérieurs de l'Ukraine dans ce domaine. Volodymyr Zelensky explique le travail peu efficace de beaucoup de nos structures anti-corruption et des forces de l'ordre par un manque de volonté politique: « Le Bureau du procureur anti-corruption prétend que  la faute vient du Bureau national de la lutte contre la corruption. Le  Bureau national de la lutte contre la corruption prétend que c’est la faute du  Bureau du procureur anti-corruption. Le procureur général déclare que s’il y avait eu une volonté politique, il aurait mis en prison tout le monde... Je ne comprends qu'une chose: ma volonté politique ne suffit pas, le problème est que nos forces de l’ordre n’ont pas cette volonté». Parallèlement,  le chef de l'État a laissé entendre que des changements radicaux dans le personnel de ces structures étaient inévitables. En particulier l'une des premières tâches que le parti «Serviteur du peuple» s’est fixée au sein du nouveau parlement est le changement de procureur général.

Et le chef adjoint du bureau du président, Ruslan Riabochapka, a assuré: dans les deux prochains mois, le président décidera du changement de direction du Bureau national de prévention de la corruption. Les nouvelles autorités ont également de grands espoirs quant au lancement de la Cour suprême anticorruption (en septembre). Parallèlement, l’Ukraine compte sur le soutien institutionnel et consultatif des processus correspondants de la part de ses partenaires internationaux. Volodymyr Zelensky l'a souligné lors du 21ème sommet Ukraine-Union européenne, qui s'est tenu le 8 juillet à Kyiv. Selon le président, Kyiv demandera prochainement aux pays de l'UE de ne pas fournir de fonds pour lutter contre la corruption, mais de prendre des décisions concernant l'extradition de nos fugitifs en fuite.

Et pourtant, le président de l'Ukraine a déclaré ces derniers jours qu'il avait établi de «nouvelles règles» pour les oligarques: chacun d'entre eux supportera désormais un «lourd fardeau financier». Volodymyr Zelensky a notamment évoqué des accords avec Rinat Akhmetov:

«Il a acheté 200 ambulances pour les polycliniques et les hôpitaux pour enfants. Par la suite, nous présenterons un document d'investissement selon lequel, il investira massivement dans la médecine et le renouvellement de l'infrastructure du Donbass». Selon le président, c'est «un format normal pour travailler avec les oligarques». Volodymyr Zelensky est convaincu que tous les oligarques qui ne sont pas impliqués dans des crimes devraient investir en Ukraine. Au lieu de cela, ceux dont les intentions criminelles seront prouvées, seront traduits en justice …

4. Tâches du Parlement et réformes des autres autorités

Le président Volodymyr Zelensky souhaite que la première session de la Verkhovna Rada de la 9ème convocation ait lieu le jour de l'indépendance de l'Ukraine, le 24 août. Selon Olexandre Kornienko, chef de l’état-major du parti «Serviteur de peuple», les possibilités de mise en œuvre concrète de ce plan ont déjà été discutées au sein de l'équipe du chef de l'État. Zelensky attend également avec impatience un processus rapide de formation de la coalition et du gouvernement. «Surtout s'il s'agit d’une monocoalition, formée sur la base d'un seul parti», a déclaré Andriy Gerus, représentant du président au Conseil des ministres. L’équipe du président voudrait que les premiers documents adoptés par le nouveau parlement soient des lois sur la destitution du président, l'enrichissement illégal et la levée de l'immunité parlementaire. Dmytro Razumkov, chef du parti «Serviteur du peuple» a informé que la préparation d'un projet de loi sur l'opposition parlementaire était déjà en cours. Il a également appelé à apporter des amendements aux règlements de la Verkhovna Rada, qui permettraient de punir les député pour les pots de vin et l'absentéisme, et cette punition devrait même sous-entendre la privation du mandat.  Toutefois, il semble que le mécanisme concret de réalisation de ce plan n’est pas encore été discuté. En revanche, dès les premiers jours des travaux du nouveau parlement, les citoyens attendent des décisions sur les démissions du procureur général, des ministres des Affaires étrangères et de la Défense et, bien sûr, sur la nomination d'un nouveau gouvernement.

Outre les éventuelles décisions en matière de personnel, l'équipe de Volodymyr Zelensky examine également les perspectives de réforme de la structure des organes exécutifs. Le Président, par exemple, soutient l’idée de réduire le nombre des ministères. Selon lui, des travaux concrets sont déjà en cours. En particulier, le chef de l'État soutient l'idée de la fusion du ministère de la Culture, du ministère de la Politique de l'information et du ministère de la Jeunesse et des Sports. Il est à noter qu’auparavant, Ruslan Riabochapka, adjoint du chef de l’Office du Président, a déclaré que dans le cadre de la réforme du Conseil des ministres, le nombre de vice-premiers ministres qui ne sont pas responsables de ministères peut être réduit. Certains organes exécutifs centraux pourraient également être supprimés. En ce qui concerne les changements au niveau local, Dmytro Razumkov, chef du parti «Serviteur du peuple», a démenti les rumeurs selon lesquelles des élections locales anticipées auraient lieu cette année. «Je pense que les élections auront lieu en 2020, mais tout dépendra des autorités locales», a déclaré Razumkov. Il a ajouté que le parti était mécontent de nombreux représentants sur le terrain. Selon lui, la plupart des autorités travaillent de manière inefficace et ne relèvent pas les défis auxquels l'État est confronté.

Probablement, c’est la raison pour laquelle,  lors d’une conférence de presse suivant les élections législatives, Volodymyr Zelensky a répondu à la question concernant des élections municipales anticipées en recommandant aux fonctionnaires de ne pas se relâcher: «Tout le monde pose la questions sur les élections locales. Cela vous intéresse? Alors, je vais vous dire: ne vous relâchez pas», a déclaré le président.

Vladyslav Oboukh, Kyiv.

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