Etienne de Poncins, Ambassadeur de la République française en Ukraine
La désoligarchisation en Ukraine devrait prendre la forme de mesures antitrust dans l'économie
22.04.2021 14:33

LES PERSPECTIVES DU FORMAT NORMANDIE DEMEURENT À L'ORDRE DU JOUR, MAIS LES PRÉREQUIS DOIVENT ÊTRE REMPLIS

- Monsieur l'Ambassadeur, l'Ukraine surveille actuellement de près tous les contacts internationaux de la direction de notre État et les signaux reçus de partenaires et d'amis concernant le soutien dans le contexte de l'augmentation des troupes de la Russie près des frontières de l'Ukraine et en Crimée. En ce sens, les résultats annoncés des pourparlers entre les dirigeants ukrainien, français et allemand à Paris sont perçus différemment en Ukraine : certains hommes politiques en sont satisfaits, certains en attendaient davantage. Et comment sont-ils du côté français ?

- Je tiens à signaler tout de suite que la visite du président Zelensky à Paris était planifiée à l'avance et que le moment où elle a eu lieu est tout à fait appropriée, car l'agenda international d'aujourd'hui est vraiment très chargé.

Nos pays sont dirigés par deux présidents jeunes et dynamiques, qui entretiennent une relation longue et très amicale. C’est le cas aussi des Premières dames – lors de la réunion des chefs d'État, un déjeuner a été organisé en parallèle entre Mme Olena Zelenska et Mme Brigitte Macron.

C'est donc une amitié qui se développe entre deux couples, ce qui est assez rare dans les relations internationales. Mais cela caractérise en outre positivement les relations entre nos pays.

La conversation en tête-à-tête entre les deux présidents a duré près de deux heures, et c'est un indicateur supplémentaire du niveau de confiance entre les chefs de nos États.

Comme vous le savez, après le format bilatéral, Mme Angela Merkel s'est jointe à la conversation et les discussions ont eu lieu dans un format tripartite. Il y a un certain degré de confidentialité dans leur contenu, mais les présidents ont évidemment abordé l’augmentation de la présence militaire russe aux frontières de l'Ukraine et de la possibilité de désescalader et de réduire les tensions liées à la présence militaire de la Russie aux frontières de l'Ukraine.

Ils ont également discuté des moyens et des opportunités de relancer le travail au sein du format Normandie et du processus de Minsk, car ils estiment que la voie diplomatique est la seule qui puisse garantir une issue à cette situation.

Alors, bien sûr, nous considérons la visite comme efficace. En outre, il convient de noter que ces thèmes ont été complétés par une dimension remarquable de coopération bilatérale, très intensive et active dans les domaines économique, culturel et politique.

- Le bureau du président de l'Ukraine a annoncé la visite du président français Emmanuel Macron en Ukraine au premier semestre de cette année. Cette visite est-elle à l'ordre du jour du dirigeant français, ou la France envisage-t-elle une réunion des présidents à Paris le 16 avril comme alternative ?

- Non, ce n'est pas une alternative, mais plutôt un contact régulier qui a eu lieu comme prévu d’assez longue date.

À l'occasion de la rencontre (avec le président Zelensky à Paris le 16 avril – ndlr), le président Macron a réaffirmé le principe d’une visite en Ukraine dès que la situation épidémique le permettra.

Maintenant, nous parlons  probablement de l'été de cette année. Nous n'avons pas encore de date exacte, mais la perspective de la visite est confirmée.

- Dans un entretien avec le journal français Le Figaro à la veille de sa visite à Paris, le président Zelensky a exprimé l'espoir qu'Emmanuel Macron serait en mesure de relancer le format Normandie et de lui donner « la respiration artificielle ». La conversation avec le président Poutine annoncée par le président de la France dans un proche avenir peut-elle être considérée comme un pas dans cette direction ?

- Nous avons toujours prôné la tenue d'un sommet au format Normandie, cette perspective est à l'ordre du jour, mais il est nécessaire de fournir des conditions politiques significatives pour cette rencontre.

Nous poursuivons nos efforts et la participation de Mme Merkel aux pourparlers de nos présidents témoigne de la recherche de moyens de progresser dans les négociations et de parvenir à de nouvelles solutions dans ce format Normandie.

Mais nous devons bien comprendre la position du président Macron – il ne faut pas tenir un sommet pour faire un sommet, il doit y avoir un contenu spécifique qui mènera à cette réunion.

Le dialogue entre nos capitales se poursuit en permanence. Hier (l'interview a été enregistrée le 20 avril – ndlr), сomme vous le savez, une réunion s'est tenue au niveau des conseillers diplomatiques auprès des dirigeants du format Normandie.

Aujourd'hui, nous estimons que, malheureusement, les conditions préalables à la tenue du sommet ne sont pas encore réunies.

- Lors de sa visite à Kyiv, la Présidente en exercice de l'OSCE, Anne Linde, a déclaré que l'Ukraine avait rempli sa part des engagements discutés au sommet de Paris pour la prochaine réunion de Normandie. Partagez-vous cette évaluation ?

- Dans ma réponse, je ferais référence à une métaphore avec un verre – il est à moitié vide ou à moitié plein.

On voit qu'une certaine partie des conclusions du sommet de Paris fin 2019 a été mise en œuvre, grâce à l’Ukraine, en particulier, l'échange de prisonniers, ainsi que des mesures prises par l'Ukraine comme l'ouverture de nouveaux points de passage (KPVV) à Zolote et Chtchastia.

Dans le même temps, il y a d'autres mesures qui n'ont pas été mises en œuvre, et certaines sont actuellement menacés, par exemple, le respect du cessez-le-feu.

Autrement dit, nous voyons qu'il y a de la place pour du travail, et il continue de remplir le nombre de conditions préalables nécessaires à l'organisation de nouvelles réunions. La Russie et les séparatistes soutenus par la Russie doivent faire leur part du chemin.

LA FRANCE ET L'ALLEMAGNE PRENNENT EN COMPTE LES LIGNES ROUGES DE L'UKRAINE LORS DU DÉVELOPPEMENT DES CLUSTERS

- L'Ukraine craint que le contenu des « Clusters clés pour la mise en œuvre des accords de Minsk » développés par l'Allemagne et la France ne soit pas divulgué, car ils craignent de franchir certaines « lignes rouges », ce que la société ukrainienne n'acceptera pas. L'une des principales positions de l'Ukraine sur la mise en œuvre des accords de Minsk est de résoudre d'abord les problèmes de sécurité et ensuite seulement de passer aux questions politiques. La société ukrainienne a-t-elle des raisons pour de telles craintes ?

- Je vois vraiment que la presse parle parfois d'une certaine trahison, de la possibilité de franchir certaines « lignes rouges » (quand on s'entend sur les « Clusters clés ... » – ndlr). Je ne suis pas d’accord, c'est une déformation utilisée par les médias pour faire sensation. En tant que médiateurs, nous respectons la position de l'Ukraine sur ces questions sensibles, sommes pleinement conscients des « lignes rouges » qui existent pour l'Ukraine et essayons de les prendre pleinement en compte.

En parlant de clusters, je voudrais souligner une certaine confidentialité qui devrait être inhérente au processus de négociation, et noter que la fuite d’informations sur les clusters dans la presse ne vient pas d’Allemagne et de France, mais du côté russe.

La tâche de l'Allemagne et de la France est de faciliter les réunions au format Normandie, car il n'existe actuellement aucune autre possibilité de communication directe entre l'Ukraine et la Russie.

Notre priorité avec l'Allemagne est également de contribuer au succès de ces pourparlers, et cela a été réaffirmé par notre président et la chancelière allemande, vendredi à Paris.

- La France et l'Allemagne suivent-elles les tentatives de la Russie de forcer l'Ukraine à s'entretenir directement avec les soi-disant représentants de la RPD / RPL afin de se retirer du processus de négociation de Minsk et, sur cette base, de demander la levée des sanctions de l'UE ?

- En effet, nous assistons depuis plusieurs mois au renforcement du narratif russe visant à présenter la Russie comme un médiateur, non comme une partie à ces négociations, et les événements en Ukraine comme une guerre civile.

Nous rappelons sans cesse que le Groupe de contact trilatéral porte sur la participation de l’Ukraine, de l’OSCE et de la Russie.

Nous nous opposons donc à ce narratif car ce n’est pas la situation diplomatique.

- La partie française dans les négociations avec la Russie soulève-t-elle la question de l'arrêt de la délivrance de passeports russes aux résidents de la partie occupée du Donbass, qui est considérée en Ukraine comme une annexion rampante et une raison possible pour légitimer officiellement la présence de troupes russes en ORDLO prétendument pour protéger les citoyens russes ?

- Bien sûr, la France a condamné à plusieurs reprises la pratique de la délivrance de passeports russes aux résidents des régions ukrainiennes. La même position est généralement partagée par l'Union européenne, qui a également fait des déclarations pertinentes.

- Le président Zelensky a déclaré à Paris que l'Ukraine attendait un signal lors du prochain sommet de l'OTAN en juin sur la volonté des pays membres de soutenir le plan d'action de l'Ukraine pour l'adhésion à l'Alliance et a noté le rôle important de la France dans la résolution de cette question. La partie française est-elle prête à donner un tel signal à l'Ukraine ?

- Cette question (concernant l'octroi d'un MAP à l'Ukraine – ndlr) est absolument légitime et, je pense, elle sera examinée au sommet de l'OTAN en juin.

Mais la décision relève de la compétence de l'Alliance et sera prise dans ce format.

À mon avis, la question de l'avancement vers la perspective de fournir un MAP n'est pas d’actualité immédiate. La tâche de l'Ukraine aujourd'hui est de mettre en œuvre le programme « nouvelles opportunités », auquel elle a accédé l'été dernier.

- La France a déjà déclaré son soutien à la plateforme pour la Crimée, mais vous avez dit que ses objectifs ne sont pas entièrement compris. Avez-vous trouvé la réponse à cette question dans la stratégie de désoccupation et de réintégration de la Crimée temporairement occupée, récemment approuvée par le président Zelensky ? La partie française a-t-elle déjà décidé du format de participation à cette initiative et du niveau de représentation lors du sommet inaugural en août de cette année ?

- Nous suivons de près cette initiative. Elle est en discussion au niveau de nos ministres des Affaires étrangères, en particulier, M. Kouleba, qui était en visite à Paris, a discuté de la question avec son homologue, Jean-Yves Le Drian.

Elle est appropriée car elle permet réellement de remettre la question de l’annexion illégale de la Crimée par la Fédération de Russie à l’ordre du jour de la politique internationale.

Sans aucun doute, nous participerons à des événements qui se tiendront dans ce format. Il est trop tôt pour parler du niveau précis de notre représentation au sommet, mais nous y serons avec nos partenaires européens, américain, canadien et autres.

LA FRANCE ET LES PARTENAIRES DU G7 SOUTIENNENT LE BESOIN DE DÉSOLIGARCHISATION EN UKRAINE

- Il y a environ deux mois, vous avez déclaré dans une interview accordée aux médias ukrainiens que la France et d'autres États membres du G7 étaient déçus de l'état de la lutte contre la corruption en Ukraine. Probablement une coïncidence, mais juste après cela, le président Zelensky et le Conseil de sécurité nationale et de défense ont commencé à prendre des mesures décisives dans cette direction. Comment évaluez-vous les actions récentes des autorités ukrainiennes pour vaincre la corruption ?

- Ceci (lutte contre la corruption – ndlr) est une question très importante, car en fait la nécessité d'instaurer l'État de droit, le fonctionnement d'un pouvoir judiciaire indépendant est une condition préalable nécessaire pour une pleine utilisation du potentiel économique de l'Ukraine.

La France et ses partenaires du G7 ont exprimé une certaine frustration face aux travaux réalisés dans ce sens en Ukraine à partir de l’été 2020, après la période dite de « turborégime » qui avait semblé prometteuse.

Dans le même temps, il faut reconnaître que ces derniers mois, nous avons assisté à une intensification des efforts des autorités ukrainiennes pour, pour ainsi dire, mettre sur la bonne voie les réformes dans les domaines de la lutte contre la corruption et du système judiciaire.

La décision de la Cour constitutionnelle du 27 octobre de l’année dernière a, à notre avis, constitué un revers important et, on peut dire, une certaine défaite sur cette voie. Nous voyons la nécessité de restaurer le plein effet de la législation anticorruption, qui a été abrogée par cette décision.

Comme vous le savez, un certain nombre de projets de loi se trouvent actuellement dans la Verkhovna Rada. Certains vont dans la bonne direction, en particulier, le rétablissement des dispositions prévoyant une peine de prison en cas de fausse déclaration ou non-déclaration d’intérêt dépassant un certain montant. Nous considérons cela comme un pas dans la bonne direction.

Comme vous l'avez peut-être vu, avec le groupe des ambassadeurs du G7, nous avons salué la décision du président tentant de mettre un terme aux agissements du tribunal administratif de district de Kyiv, qui a acquis une réputation de foyer de corruption.

La position du groupe des ambassadeurs du G7 sur cette question est inchangée : nous pensons que la réforme judiciaire est la mère de toutes les autres réformes pour l'Ukraine. Parce que sans réforme judiciaire, sans garantir aux investisseurs étrangers la possibilité de travailler sans crainte de privation illégale de leurs avoirs, les conditions préalables au développement économique de l'Ukraine ne seront pas créées.

C'est pourquoi, en décembre de l'année dernière, le groupe d'ambassadeurs du G7 a présenté sa vision du développement de la réforme judiciaire sous la forme d'une feuille de route, qui a été rendue publique.

Comme vous le savez, nous accordons une importance particulière aux procédures de sélection des membres d’organes indépendants de l’Ukraine et des juridictions. Car la pire situation que l'on puisse imaginer est l'existence d'institutions formellement indépendantes dont les membres n'ont ni le niveau approprié de compétence ni d'impartialité, ou ne remplissent tout simplement pas les critères d'intégrité pour exercer leurs fonctions.

C’est pourquoi nous préconisons la participation d’experts nommés par des organisations internationales spécialisées aux panels de sélection pour la nomination des membres de ces institutions indépendantes de l’Ukraine et autres juridications.

- Dans quelle mesure, à votre avis, l'idée d'adopter une loi distincte sur les oligarques peut-elle être exprimée par le président Zelensky ?

- Nous suivons de près les mesures prises récemment par les autorités ukrainiennes, dont une partie va, comme je le disais, dans la bonne direction.

Nous soutenons la nécessité d'une désoligarchisation en Ukraine, qui devrait se faire, en particulier, sous la forme de mesures antitrust dans l'économie ukrainienne.

En fait, au cours des dernières semaines, nous avons eu le sentiment que président Zelensky donnait une impulsion positive à son pays. Nous devons maintenant examiner les résultats concrets qui découleront des différentes initiatives.

Sur cette question des réformes, je voudrais également citer en exemple le projet de loi sur la réforme du Service de sécurité ukrainien. Comme vous le savez, il a été adopté en première lecture, mais il n’est pas encore adopté en deuxième lecture. Cette loi est très importante, en particulier, en raison de l'une des questions clés concernant la compétence du SBU pour enquêter sur les délits économiques. À notre avis, un changement de situation est ici nécessaire, déjà initié par la création, récemment, du Bureau sur la sécurité économique.

Ainsi, on note certains signaux positifs et changements positifs. Cependant, comme on dit, une hirondelle ne fait pas le printemps, il faut le bon nombre de mesures et de décisions spécifiques, bien calibrées, qui mèneront à des résultats.

DÈS LE DÉBUT DE L'ANNÉE, LES ÉCHANGES ENTRE L'UKRAINE ET LA FRANCE RENOUVELÉS

- En 2020, le chiffre d'affaires total du commerce entre l'Ukraine et la France a baissé de 8,4% par rapport à 2019 et le volume des investissements directs de la France dans l'économie ukrainienne a diminué à peu près du même pourcentage (-8,8%). La pandémie de coronavirus peut-elle être considérée comme la cause ? Selon vous, quels sont les moyens de surmonter ces tendances négatives ?

- Je voudrais noter qu'en tant qu'ambassadeur, je suis largement satisfait de la manière dont la coopération commerciale entre nos pays se développe malgré les défis liés à la pandémie de Covid-19.

En fait, en 2019, les entreprises françaises ont eu une année très réussie en termes de chiffre d'affaires. Sans aucun doute, en 2020, il y a eu une certaine baisse. Mais le chiffre d'affaires du commerce reste encore à un niveau relativement élevé, et depuis le début de cette année, les échanges reprennent fortement.

À cet égard, je voudrais mentionner deux contrats emblématiques que nous mettons en œuvre aujourd'hui – pour la fourniture d'hélicoptères et de patrouilleurs pour les besoins du ministère des Affaires intérieures de l'Ukraine. Les travaux sur ces contrats se déroulent exactement comme prévu et il existe une bonne dynamique dans leur mise en œuvre.

Les coprésidents de la Commission intergouvernementale mixte franco-ukrainienne de coopération économique, Bruno Le Maire et Arsen Avakov, ont des contacts réguliers par téléphone, vidéo et en personne. Il y a des développements, nous pouvons donc espérer de nouveaux contrats significatifs dans le domaine de la coopération économique entre nos pays.

Lors de la réunion des deux présidents Macron et Zelensky à Paris vendredi dernier, une recommandation a été faite pour accélérer les travaux de la Commission mixte afin de préparer le lancement de nouveaux contrats importants dans le domaine économique.

Il est à espérer que dans les semaines à venir, certains de ces contrats seront précisés et rendus publics, et ce sera l'occasion de nouvelles rencontres entre les deux ministres.

LA FRANCE SOUTIENT LA DEMANDE DE L'UKRAINE À L'UE POUR LA FOURNITURE DE VACCINS

- La France démarre la production du vaccin contre le coronavirus Pfizer-BioNTech, il a été rapporté qu'au moins 250 millions de doses devraient être produites d'ici la fin de l'année. Les responsables ukrainiens tentent d'obtenir le soutien des grandes puissances pour accéder au vaccin contre le coronavirus. Y a-t-il une chance que la France partage avec nous dans les meilleurs délais, en particulier, peut-être, ses propres vaccins ?

- Dans ce domaine, comme d'ailleurs, dans bien d'autres, les décisions, notamment, sur le placement de la production de vaccins et la signature de contrats d'achat sont faites au niveau de l'Union européenne.

Comme vous le savez, pour les pays non membres de l'UE, il existe un mécanisme COVAX, et j'ai été heureux d'apprendre  la semaine dernière qu’il y a eu une première livraison dans son cadre à l'Ukraine.

Je voudrais également noter que l’Union européenne, contrairement à un certain nombre d’autres pays puissants, dont le Royaume-Uni et les États-Unis, est un exportateur de vaccins.

La France, bien sûr, soutient les demandes à l'UE, qui viennent d'Ukraine, sur la possibilité de fournir des vaccins.

- À la mi-mars, l'UE a commencé à discuter du projet de « passeport de vaccination » unique publié par la Commission européenne. Il devrait prendre en compte quatre vaccins approuvés par l'UE (Pfizer-BioNTech, Moderna, AstraZeneca-Oxford et Johnson & Johnson). À l'heure actuelle, cela prive les Ukrainiens de la possibilité de voyager librement en Europe. Pouvons-nous compter sur le soutien de l'UE et, en particulier, de la France dans ce domaine ?

- C'est également un sujet assez sensible, qui est débattu au niveau de l'Union européenne.

La question de la levée des restrictions de voyage et tout ce qui y est lié est complexe.

En effet, tous les vaccins ne sont pas actuellement reconnus par les institutions européennes compétentes. C’est une question difficile et je crains que les discussions ne se poursuivent pendant un certain temps et qu’elles ne soient assez difficiles.

Cependant, nous espérons toujours que des progrès seront réalisés et que des solutions appropriées aideront à lever les restrictions le plus rapidement possible.

Au terme de notre entretien, je voudrais revenir sur la dimension bilatérale de la coopération entre nos pays et dire qu'en dépit de tous les défis et difficultés causés par l'épidémie, nous avons décidé de maintenir le Printemps français en Ukraine cette année. C’est un programme qui se déroule à Kyiv et dans toutes les grandes villes d’Ukraine. Je vous invite à aller sur le site internet du festival http://printempsfrancais.com.ua/fr/

Nous avons, à cause de la pandémie, cherché à ce qu’un certain nombre de manifestations se déroule en plein air, de façon à ce qu’elles puissent se dérouler dans le respect des mesures sanitaires indispensables pour lutter contre la propagation du virus. Par exemple, depuis quelques jours et jusqu’au 10 mai, si vous passez devant l’ambassade de France, vous verrez 14 photographies d’Oleksandr Gliadelov, aussi esthétiques que touchantes, accrochées sur les grilles. Dans un tout autre style, vous pouvez aussi découvrir dès maintenant la fresque murale réalisée par l’artiste français Nelio à l’Institut polytechnique Igor Sikorsky de Kyiv.

Nous avons dû reporter la représentation d'ouverture du festival, maintenant elle deviendra une représentation de clôture. J'annonce la date de sa tenue – du 11 au 12 juin sur la place de Sofia.

Nous espérons sincèrement que d'ici là, la situation sanitaire s'améliorera et que nous aurons encore l'occasion de célébrer le printemps, l'amitié et la coopération entre la France et l’Ukraine, notamment sur le plan culturel.

Notre décision de reprendre le festival malgré la pandémie est aussi un signal envers le monde de la culture, en Ukraine comme en France : mon pays soutiendra toujours la culture et les échanges dans ce domaine, quelles que soient les circonstances. La coopération culturelle, qui joue un rôle important dans nos relations bilatérales, continue donc cette année, grâce à l’inventivité des équipes de l’Institut français et des artistes, qui ont su s’adapter pour poursuivre.

Nadiya Yurchenko, Kyiv.

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