Depuis la fin de l’automne, des négociations sur les conditions de la fin de la guerre sont en cours. Ces jours-ci, des rencontres se tiennent aux Émirats arabes unis dans un nouveau format, avec la participation de représentants de l’Ukraine, des États-Unis et de la Russie.
Ukrinform s’est entretenu avec le premier adjoint du chef du Service de renseignement extérieur de l’Ukraine, Oleh Louhovsky, afin de comprendre ce que la Fédération de Russie dissimule derrière sa « façade » : ses objectifs sur le champ de bataille, ses capacités militaires, l’état de son économie, la durée pendant laquelle elle sera en mesure de financer la guerre, ainsi que le rôle de ses principaux partenaires — la Chine et la Biélorussie. Il a également été question du missile Orechnik, utilisé une nouvelle fois par la Russie contre l’Ukraine, et du maintien ou non de la menace d’une attaque russe contre les pays de l’OTAN.

LES RUSSES METTENT UN ŒUVRE UNE STRATÉGIE DE TEMPORISATION
— Monsieur Louhovsky, la Russie est-elle réellement intéressée par la fin de la guerre ou s’agit-il d’une simulation ?
— Nos données indiquent qu’à ce stade, l’élite du Kremlin n’est pas prête à de véritables négociations en vue de mettre fin à la guerre, et que la Russie met en œuvre une stratégie de temporisation. Au Kremlin, on croit qu’en poursuivant l’offensive sur le front et en provoquant des black-out à l’arrière, il sera possible de nous briser et d’atteindre ainsi ses objectifs.
— Quelles sont les « lignes rouges » de la Russie dans les négociations ?
— À ce jour, elles sont au nombre de plusieurs et font l’objet d’ajustements réguliers. Pour la Russie, il est fondamental que l’Ukraine ne soit pas membre d’alliances de sécurité et qu’aucun contingent militaire étranger ne soit déployé sur notre territoire.
C’est la position actuelle. Mais à tout moment, la Russie peut formuler de nouvelles « lignes rouges » afin de ralentir le processus de négociation.
— Selon les renseignements, quels sont les objectifs de la Russie à court terme sur le plan de la politique étrangère ? Et que négocie l’envoyé spécial russe Kirill Dmitriev ?
— En matière de politique étrangère, une mission a été assignée à la diplomatie et aux services de renseignement russes : tirer un maximum de dividendes des processus en cours dans le monde.
L’objectif tactique consiste à favoriser la formation d’une « coalition des réticents » — un bloc de pays et de forces politiques qui s’opposeraient conjointement, à tous les niveaux de l’UE, aux projets de la « coalition des volontaires » en matière d’aide à l’Ukraine.
S’agissant de Kirill Dmitriev, le Kremlin a fait le pari de lui, estimant qu’à l’ère de la « diplomatie des accords commerciaux », il est mieux armé que d’autres pour conclure des projets bilatéraux de nature économique. L’objectif est ainsi de susciter l’intérêt des pays occidentaux pour une reprise de la coopération économique avec la Russie.
Des projets similaires sont également proposés par Dmitriev à la Chine, en particulier dans les domaines de l’extraction et de la transformation des ressources énergétiques et des terres rares.
Sans ces projets, la Russie ne dispose ni de capitaux libres pour investir, ni de technologies modernes pour l’exploitation minière en grande profondeur, alors que le coût moyen d’un projet dans la région arctique atteint entre 15 et 20 milliards de dollars.
— Comment la Chine aide-t-elle la Russie, alors que Pékin nie systématiquement toute implication dans la guerre contre l’Ukraine ?
— Nous distinguons deux axes principaux de soutien de la part de la Chine.
Le premier concerne le soutien économique. La Chine est devenue le principal partenaire commercial de la Russie, qui devient de plus en plus dépendante de Pékin pour l’exportation de pétrole, de gaz et de métaux, ainsi que pour l’importation de machines-outils, de composants pour drones et de médicaments.
Selon nos données, plus de soixante projets d’une valeur supérieure à 100 milliards de dollars sont mis en œuvre entre la Chine et la Russie. Ils couvrent de nombreux secteurs — de l’extraction des ressources naturelles et du développement des infrastructures de transport à la construction mécanique, à l’innovation et même au complexe militaro-industriel, notamment la construction d’une usine de pâte à papier.
La Chine aide également la Russie à mettre en place des mécanismes de paiement alternatifs à SWIFT afin de contourner les sanctions, notamment par l’utilisation de cryptomonnaies, de plateformes de compensation et par l’interconnexion des banques aux systèmes de paiement russe et chinois SPFS et CIPS.
Le second axe stratégique de coopération concerne le domaine militaire. C’est précisément grâce au soutien chinois que le complexe militaro-industriel russe est en mesure d’accroître les cadences de production de munitions d’artillerie, de mines, de missiles de croisière et balistiques, ainsi que de missiles destinés aux systèmes de défense aérienne.
La Russie intègre les composants électroniques fournis par la Chine dans les missiles de croisière Kh-101, les missiles 3M-14 Kalibr, les drones kamikazes Geran, ainsi que dans les systèmes embarqués des chasseurs Su-57 et des hélicoptères d’attaque Ka-52.
Rien qu’en 2025, nous avons constaté que la Russie avait acquis, pour les besoins de ses entreprises du complexe militaro-industriel, environ 40 000 types de composants électroniques fabriqués par plus de 80 entreprises enregistrées en Chine. Il s’agit notamment de condensateurs, de microcircuits et de générateurs de courant alternatif, indispensables à la production en série dans les secteurs de la construction de missiles, des systèmes radioélectroniques et de l’aéronautique.
La Chine demeure également un partenaire stratégique de la Russie pour la fourniture d’équipements de haute technologie, en particulier de machines-outils à commande numérique. En 2025, la part des importations de ces machines en provenance de Chine a atteint environ 35 %.
Enfin, comme nous l’avons déjà signalé, la Chine fournit à la Russie des images satellitaires civiles de haute et de très haute résolution du territoire ukrainien, utilisées par la suite pour mener des frappes de missiles et de drones.
Et comme nous l’avons déjà signalé, la Chine répond également aux besoins de la Russie en images satellitaires de haute et de très haute résolution de sites civils en Ukraine, qui sont ensuite utilisées pour mener des frappes de missiles et de drones.
— Et comment l’autre partenaire stratégique, la Biélorussie, aide-t-elle la Russie ?
— La Biélorussie demeure le principal et unique allié de la Russie sur l’axe occidental. Elle continue de jouer le rôle d’arrière-base de la Russie, en fournissant des obus, des systèmes de drones, ainsi qu’en assurant la réparation du matériel militaire russe.
Depuis le début de l’invasion à grande échelle, le complexe militaro-industriel biélorusse s’est intégré à celui de la Russie. Plus de 80 % des entreprises biélorusses sont impliquées dans l’exécution de la commande publique de défense russe et du programme d’armement de l’État russe pour la période 2025–2034.
Le territoire biélorusse est activement utilisé pour l’acheminement de technologies et de produits destinés aux entreprises du complexe militaro-industriel russe, afin de contourner les sanctions.
Les entreprises biélorusses assurent la réparation de blindés, de systèmes de missiles et d’artillerie, de moyens de communication, de systèmes automatisés de commandement et de matériel aéronautique.

LE KREMLIN MISE SUR UNE PROGRESSION MAXIMALE EN PROFONDEUR DU TERRITOIRE UKRAINIEN
— Parlons maintenant des objectifs sur le champ de bataille. En mai de l’an dernier, l’ancien chef du Service de renseignement extérieur, Oleh Ivachtchenko, déclarait dans une interview à Ukrinform que les plans de la Russie visaient alors un contrôle total des régions de Louhansk, Donetsk, Zaporijjia et Kherson. Ces plans ont-ils été ajustés compte tenu des réalités actuelles ?
— Depuis mai de l’an dernier, la position du Kremlin à l’égard de l’Ukraine n’a pas changé. Plus encore, à court terme, le Kremlin n’envisage pas de revoir ses objectifs stratégiques sur le front ukrainien, ni, par conséquent, sa vision de la fin de la guerre.
Comment entendent-ils atteindre cet objectif ? Le Kremlin continue de miser sur une progression maximale en profondeur du territoire ukrainien. Il est convaincu de la possibilité d’un effondrement du front et de l’arrière.
Un point important : en matière territoriale, la Russie ne se fixe aucune limite et se donne pour mission d’avancer autant que la situation le permettra. Elle est convaincue que cela renforcera sa position dans les négociations.
Je rappelle qu’à la veille du Nouvel An, Vladimir Poutine a publiquement assigné au commandement militaire la tâche, outre l’offensive en direction de Zaporijjia, de poursuivre également l’offensive dans les régions de Soumy et de Kharkiv, sous prétexte d’élargir la « zone de sécurité ».
Au Kremlin, on estime que les frappes contre les infrastructures énergétiques en plein hiver, combinées à un avantage sur le front, produiront un effet cumulatif susceptible de contraindre l’Ukraine à capituler.
— Comment évaluez-vous les capacités militaires de la Russie ? Où en est-elle en matière d’équipements et d’armements ?
— Les capacités militaires de la Russie demeurent, pour le dire avec retenue, limitées, bien qu’elle ait engagé pratiquement toutes ses unités encore opérationnelles dans les combats. Cela se traduit notamment par des reports constants des échéances fixées pour l’exécution des missions.
À titre d’exemple, en 2025, le ministère russe de la Défense prévoyait de constituer 15 nouvelles divisions. À la fin de l’année, seules quatre ont pu être déployées, et encore avec des effectifs incomplets. Le problème ne concerne pas seulement le personnel, mais aussi les armements et les équipements militaires.
Cela touche en premier lieu la production de véhicules blindés et de systèmes d’artillerie. En raison de l’épuisement des stocks hérités de l’époque soviétique, la Russie mise désormais sur la fabrication de nouveaux équipements, un processus bien plus long et plus coûteux.
Prenons l’exemple des chars : la production de nouveaux chars devrait augmenter cette année de 20 %, pour atteindre environ 260 unités. En revanche, les volumes de remise en état devraient diminuer d’au moins 40 %. Au total, les forces armées recevront ainsi environ un tiers de chars en moins qu’au cours de l’année précédente.
Il existe toutefois des domaines dans lesquels l’adversaire se fixe chaque année des objectifs de hausse de la production : missiles de croisière et balistiques, drones d’attaque, munitions d’artillerie et bombes aériennes. Mais là aussi, nous constatons que les plans de production se heurtent aux limites des capacités industrielles et au manque de composants électroniques importés. Dans la plupart des cas, l’augmentation de la production de certains types d’armements n’est possible qu’au détriment d’autres.
— Qu’en est-il de la mobilisation ?
— Globalement, la Russie remplit intégralement son plan de mobilisation. Certaines régions le dépassent même, notamment les districts fédéraux de l’Extrême-Orient, de l’Oural et de la Volga. D’autres, en revanche, échouent systématiquement à atteindre les objectifs fixés, en particulier le district fédéral central et le Caucase du Nord.
Chaque année, la Russie recrute environ 420 000 militaires sous contrat, auxquels s’ajoutent quelque 30 000 personnes intégrées à des unités dites « volontaires », non incluses dans les statistiques générales.
Le commandement russe ne tient pas compte des pertes humaines. Il estime que des incitations financières élevées et un ensemble d’avantages sociaux pour les contractuels permettent de compenser ces pertes.
Un seul chiffre l’illustre : environ 90 % des personnes ayant signé un contrat en 2025 ont été envoyées pour combler les pertes existantes.
Selon nos informations, la Russie ne réduira pas cette année le rythme de cette mobilisation dissimulée et fondée sur des incitations financières. L’objectif global fixé est de 409 000 personnes.
La priorité est donnée au renforcement des unités de systèmes de drones. Le besoin annuel est estimé à près de 80 000 militaires. Et dans ce domaine, contrairement au recrutement des unités d’assaut, l’accent sera mis sur la qualité du personnel. Les candidats seront recherchés parmi les étudiants des universités techniques et d’autres établissements d’enseignement en Russie, avec, là encore, des incitations financières à la clé.
— La Russie a récemment frappé l’Ukraine pour la deuxième fois avec l’Orechnik. Sait-on combien de missiles de ce type elle possède et à quel rythme ils sont produits ?
— Selon nos estimations, la Russie ne disposerait pas de plus de trois à quatre missiles de ce type. Nous savons que le ministère russe de la Défense prévoit de lancer l’Orechnik en production de série en 2026 et d’acquérir la capacité de fabriquer cinq missiles ou plus par an.
— À quoi devons-nous nous attendre ?
— Il faut comprendre que l’Orechnik a une portée davantage politique que militaire. Il s’agit avant tout d’un instrument d’intimidation à l’égard de nos partenaires européens. Son efficacité militaire est par ailleurs discutable. L’Orechnik repose sur des technologies du siècle dernier et nécessite un suivi technique constant ainsi que l’élimination rapide de diverses défaillances.
— Quels signaux le Service de renseignement extérieur de l’Ukraine (SZRU) reçoit-il des services étrangers concernant le déploiement de l’Orechnik en Biélorussie ?
— Il ne serait pas approprié de ma part de divulguer les informations transmises par nos partenaires. Toutefois, une coopération active est en cours sur cette question. Cela permet d’avoir une vision objective commune et d’éviter la désinformation russe et biélorusse.
— De manière générale, comment se déroule la coopération du SZRU avec les principales agences de renseignement mondiales, notamment celles des États-Unis ? Partagent-elles leurs renseignements avec l’Ukraine ?
— Notre interaction avec l’ensemble de nos partenaires connaît une dynamique positive et est depuis longtemps entrée dans une phase pratique.
Il existe plusieurs domaines dans lesquels nous avons pris de l’avance sur nos partenaires. Aujourd’hui, nous partageons avec eux les connaissances acquises et les aidons à développer leurs capacités.

LES ARRIÉRÉS DE SALAIRES AUGMENTENT DANS LES ENTREPRISES DU COMPLEXE MILITARO-INDUSTRIEL RUSSE
— Comment le Service de renseignement extérieur de l’Ukraine (SZRU) évalue-t-il l’état de l’économie russe ? Combien de temps la Russie pourra-t-elle encore financer la guerre ?
— L’économie russe est entrée en 2026 dans un état d’affaiblissement sans précédent depuis le début de l’invasion à grande échelle.
La baisse de 24 % des recettes budgétaires issues du pétrole et du gaz en 2025 — à 106 milliards de dollars — a contraint le Kremlin à revoir son budget à trois reprises, multipliant par cinq le déficit budgétaire. Alors qu’en janvier de l’année dernière celui-ci était prévu à hauteur de 15 milliards de dollars, il a dépassé les 75 milliards de dollars à la fin de l’année.
En raison de l’utilisation constante des réserves du Fonds national de bien-être pour couvrir le déficit budgétaire, le volume de ses actifs liquides a été divisé par trois depuis le début de la guerre.
Le Kremlin est déjà passé à la vente de réserves d’or et de métaux précieux. Au cours du premier semestre, il a prévu d’en utiliser près de 19 milliards de dollars afin de combler le déficit budgétaire.
Nous enregistrons également une augmentation des arriérés de salaires, y compris dans les entreprises stratégiques et celles du complexe militaro-industriel, pour un montant proche de 10 millions de dollars. Par rapport à 2024, cet indicateur a augmenté de 88 %.
Selon nos prévisions, en 2026, l’économie de la Fédération de Russie sera confrontée à un risque accru d’entrée en récession, dans un contexte de pression inflationniste renforcée, de rétrécissement de la base fiscale et de croissance du secteur « de l’ombre ».
— On sait que la Russie utilise sa « flotte fantôme » pour contourner les sanctions et alimenter son budget. Quels sont les pays qui achètent le plus souvent le pétrole russe ?
— La Russie exporte par voie maritime environ 170 millions de tonnes de pétrole par an, soit plus de 70 % de l’ensemble de ses exportations pétrolières. Les principaux acheteurs du pétrole russe sont l’Inde, la Chine et la Turquie, qui représentent à eux seuls 92 % des livraisons.
Au cours des trois dernières années, plus de 900 pétroliers ont été impliqués dans l’exportation du pétrole russe, dont la majorité relève de la « flotte fantôme ». Dans le même temps, les sanctions entraînent une hausse des coûts opérationnels pour les exportateurs. En conséquence, les coûts d’affrètement des navires et de leur assurance ont augmenté de 40 à 50 %. Plus de 79 navires sanctionnés ont cessé de participer à l’exportation du pétrole russe en 2025.
Par ailleurs, les acheteurs exigent des remises sans précédent, dépassant 25 % du prix du brut de référence Brent. Au final, tout cela conduit à une diminution des recettes en devises, à une réduction des revenus et de la base fiscale, ainsi qu’à un manque d’investissements, en particulier dans le secteur de l’extraction pétrolière.
— Comment la Russie exploite-t-elle le potentiel économique de nos territoires occupés à des fins d’enrichissement ? En particulier, quels volumes de céréales ukrainiennes sont exportés et vers quelles destinations ?
— En 2025, la Russie a exporté plus de 2 millions de tonnes de céréales depuis nos territoires temporairement occupés, pour une valeur de 400 millions de dollars. Les pays consommateurs sont situés en Afrique, au Moyen-Orient et en Asie.
Les céréales sont exportées par la « flotte céréalière » russe via les ports maritimes situés dans les territoires temporairement occupés de la Crimée, ainsi que des régions de Zaporijjia et de Donetsk.
La Russie a créé un « hub céréalier » en haute mer, à la sortie du détroit de Kertch. Les cargaisons y sont transbordées depuis de petits vraquiers russes vers des navires étrangers, dans le but de dissimuler l’origine des céréales.
Nos analystes ont calculé que cette activité implique 45 navires, deux navires-réservoirs ainsi qu’environ 40 navires de la flotte de cabotage. 85 % de ces navires sont immatriculés sous juridiction russe, ce qui permet de minimiser l’impact des sanctions.
Il n’est pas non plus un secret qu’en dehors des céréales, la Russie exporte depuis les territoires temporairement occupés du charbon, du coke, du kaolin, du minerai de fer, de la soude et de l’acier. Rien que l’an dernier, plus de 200 000 tonnes de ressources minérales et de produits sidérurgiques ont été exportées par voie maritime.
— La menace d’une attaque russe contre les pays de l’OTAN demeure-t-elle ? Et dans quel horizon temporel cela serait-il possible ?
— À l’heure actuelle, la Russie ne dispose pas des capacités nécessaires pour mener une guerre à grande échelle contre l’OTAN au sens classique du terme.
La Russie est inférieure à l’OTAN tant en termes de potentiel humain que de dépenses de défense. Les capacités sont également incomparables en matière d’armements et d’équipements militaires.
Les pays de l’Alliance disposent de trois fois plus de véhicules blindés, de quatre fois plus d’aviation de combat et d’une supériorité de dix fois en matière de navires de guerre. À titre d’exemple, le potentiel cumulé des flottes des pays de l’OTAN comprend 210 frégates, tandis que la Russie n’en possède que 12.
En outre, la frontière entre la Russie et l’OTAN s’étend sur 2 500 kilomètres, ce qui constitue un obstacle difficile à franchir.
Au Kremlin, on comprend le caractère perdant de toute guerre conventionnelle contre les pays de l’Alliance. Toutefois, lorsqu’il s’agit d’une opération militaire locale, d’un niveau qui empêcherait l’activation automatique de l’article 5 du Traité de l’Atlantique Nord, les militaires russes élaborent précisément différents scénarios d’opérations offensives.
Je tiens à souligner que de tels scénarios ne sont considérés comme possibles qu’à la condition d’une victoire dans la guerre contre l’Ukraine, suivie d’une certaine pause temporelle nécessaire à la reconstitution du potentiel militaire.
Alla Cherchen, Kyiv
Photos fournies par le Service de renseignement extérieur de l’Ukraine
Photos fournies par le Service de renseignement extérieur de l’Ukraine