Kaja Kallas, Haute représentante de l'UE
Les menaces venant de la Russie ne disparaîtront pas, même si la guerre en Ukraine prend fin
12.04.2026 18:12
Kaja Kallas, Haute représentante de l'UE
Les menaces venant de la Russie ne disparaîtront pas, même si la guerre en Ukraine prend fin
12.04.2026 18:12

La fin mars 2022 a marqué un tournant dans la guerre russo-ukrainienne, lorsque les forces russes ont abandonné leurs tentatives d'entrer dans Kyiv et ont commencé à se retirer de sa périphérie sous la pression des forces armées ukrainiennes.

Ce fut également un choc face à l'ampleur des crimes commis : après la libération de Boutcha, d'Irpin et de Hostomel, le monde a découvert des rues jonchées de corps de civils tués par les militaires russes.

Les représentants de l'Union européenne ont été parmi les premiers à se rendre sur les lieux. Quatre ans après le retrait des troupes russes, ils continuent de soulever la question de la responsabilité des auteurs de ces crimes. Ukrinform s'est entretenu à ce sujet avec la Haute représentante de l'UE pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, Kaja Kallas, arrivée à Boutcha avec une délégation de ministres des États membres de l'UE pour l'anniversaire de la libération de la région de Kyiv.

LA RATIFICATION DE L'ACCORD AU SEIN DE L'UE PERMETTRA D'Y ASSOCIER D'AUTRES PAYS

— Votre visite en Ukraine est consacrée à la préparation du Tribunal spécial sur le crime d'agression. Quels sont les délais réalistes pour sa création ? Pensez-vous que tous les États membres achèveront la ratification de l'accord et débloqueront les fonds ?

— Oui, nous avons impérativement besoin que tous les États membres finalisent la ratification pour aller de l'avant. C'est la base qui nous permettra d'inviter d'autres pays à rejoindre le Tribunal spécial sur le crime d'agression.

Il est crucial d'envoyer un signal sur la responsabilité, non seulement des soldats qui commettent des crimes de guerre, mais aussi de ceux qui les envoient au front, car sans eux, il n'y aurait aucun crime de guerre. C'est pourquoi la création de ce Tribunal spécial est nécessaire pour traduire les dirigeants de l'État agresseur en justice.

— Les sanctions sont également un levier pour peser sur la guerre de Poutine. La proposition d'une interdiction totale du pétrole russe dans l'UE est-elle toujours à l'étude, malgré la flambée des prix causée par la guerre en Iran ?

— Bien sûr, cela a compliqué les débats car il y a une pénurie mondiale de pétrole. C'est précisément pour cette raison que certains États membres hésitent, car les prix de l'énergie grimpent. Mais je pense que nous devons avancer. Nous discutons d'une interdiction totale des services maritimes pour la « flotte fantôme ». Cela aura certainement un impact, car environ 45 % de la production totale de pétrole russe transite par la mer Baltique.

DE NOMBREUX ÉTATS SOUTIENNENT L'INTERDICTION D'ENTRÉE DES MILITAIRES RUSSES DANS L'UE

— Le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Andriy Sybiha, demande l'interdiction d'entrée dans l'UE aux citoyens russes ayant combattu contre l'Ukraine, ainsi qu’aux membres de leur famille. Quel est votre avis ? Quand l'UE pourrait-elle valider cette mesure ?

— Des États membres ont proposé d'interdire l'accès à l'Europe aux combattants russes. Les discussions sont en cours. De nombreux pays soutiennent cette initiative car nous devons anticiper l'avenir. Ces combattants représenteraient une menace pour la sécurité s'ils se retrouvaient dans nos rues. Nous envoyons également un signal clair : combattre contre l'Ukraine entraînera de telles conséquences.

L'UE SE PRÉPARE EN PERMANENCE AUX MENACES VENANT DE RUSSIE

— Vous plaidez pour une implication accrue de l'UE dans les négociations. Comment y parvenir face à l'opposition de la Russie ?

— La Russie s'oppose fermement à la paix. Le Kremlin tient des discours de façade tout en bombardant l'Ukraine et en refusant tout cessez-le-feu, alors que l'Ukraine y a consenti sans conditions il y a un an. Nous devons les placer dans une situation qui les force à revoir leurs calculs et à passer d'un simulacre de négociations à un véritable accord pour mettre fin à cette guerre. Malheureusement, nous n'en sommes pas encore à ce stade.

— Parlant de l'Estonie, votre pays d'origine : la Russie multiplie les menaces contre les pays baltes, notamment avec l'invention d'une prétendue « République populaire de Narva » ou le détournement de drones par brouillage électronique. Êtes-vous prêts à contrer ces nouvelles menaces ?

— Nous nous préparons sans relâche. Ces menaces s'inscrivent sur le long terme et ne disparaîtront pas, même en cas de fin des hostilités.

Ivan Kossiakine, Kyiv

Photo : Volodymyr Tarasov / Ukrinform

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