Ce jour dans l’histoire : Dans les traces de la catastrophe de Tchernobyl

Ce jour dans l’histoire : Dans les traces de la catastrophe de Tchernobyl

Ukrinform
Le 26 avril 1986 à 1h23, une puissante explosion s’est produite dans le quatriéme réacteur de la centrale nucléaire de Tchernobyl.

Cette explosion a détruit une partie du réacteur et de la salle des machines, et provoqué un incendie qui s’est propagé sur le toit du troisième bloc nucléaire. Les radiations projetées dans l'athmosphère à cause de l'accident de Tchernobyl ont été de 30 à 40 fois plus élevées que lors de l'explosion de la bombe atomique d'Hiroshima.

Les pompiers et les services de secours arrivés presque immédiatement sur les lieux n'étaient malheureusement pas équipés de masque à gaz isolants ou d'autres moyens de protection spécialisés. Pourquoi? - Ils n'avaient tout simplement pas été avertis de la particularité et de la dangerosité de la situation et de la menace à la vie. Telles étaient les réalités de l'époque : obsédé par l'idéologie du secret,  le gouvernement soviétique aurait tenté de cacher l'accident à l'ensemble de la population avec pour conséquences désasteuses la respiration et la contamination par voie respiratoire de matières radioactives des liquidateurs (les personnels chargés de restaurer la situation).

L'incendie aura duré 10 jours et coûté la vie à 31 personnes. Au centre du quatrième réacteur, les pompiers ne réussiront à éteindre l’incendie que  le 10 mai suivant, quand la plupart du graphite s'était déjà consummé.

Au total, 240 mille personnes ont participé à l'extinction de l'incendie de la centrale nucléaire de Tchernobyl et toutes ont reçu des doses élevées de radiations. Mais l'action des pompiers a évité le pire : une forte explosion d'hydrogène, étape suivante de la tragédie.

Immédiatement après l'accident, près de 8,5 millions de personnes ont été exposées aux radiations,  et environ 155 kilomètres carrés de terres ont été polluées. Plus de 5 millions d'hectares de terres ont dû être interdits à l'agriculture. Dans les premiers jours suivant l'explosion, la population a quant à elle été évacuée sur une zone de 10 kilomètres, avant que les autorités ne se décident à étendre l'exclusion à 30 kms.

Le réacteur a, lui, continué à relacher ses rayonnements toxiques durant encore 3 semaines, jusqu'à ce qu'il soit recouvert par un mélange de sable, de plomb, d'argile et de bore. 

Après l'explosion, un nuage radioactif s'est échappé non seulement sur le territoire de l'Ukraine, de la Biélorussie et de la Russie mais aussi sur de nombreux pays européens : Suède, Autriche, Norvège, Allemagne, Finlande, Grèce, Roumanie, Slovénie, Lituanie et Lettonie.

L'International Nuclear Event Scale (INES) a d'ailleurs classé cet accident était classé au septième  et plus haut niveau de dangerosité.

La Suède a été le premier pays à informer sa population de l'augmentation du niveau de radiation, ce qui a fait prendre conscience à la communauté internationale de la tragédie survenue en Ukraine, l'URSS ne publiant les premières nouvelles officielles que le 28 avril, sans pour autant dévoiler l'ampleur veritable du problème. Tenter de masquer la dangerosité devenait de plus en plus compliqué depuis que l'ensemble des médias étrangers relayaient les dangers que créait l'accident de Tchernobyl.

Plusieurs versions cohabitent toujours concernant les causes de l'accident, parmi lesquelles la possibilité de réacteurs mal conçus, des expériences infructueuses dans la centrale et la négligence du personnel.

Afin d'empêcher la propagation des radiations à la fin de l'année 1986, le réacteur détruit a été recouvert d'un "sarcophage" spécial. Selon les spécialistes, 95% du carburant présent dans le réacteur au moment de l'accident, ainsi qu'une quantité importante de substances radioactives (des restes du réacteur et du noyeau) resteraient enfermés sous ce sarcophage. Pour des raisons de sécurité, le fonctionnement de la centrale nucléaire de Tchernobyl a été arrêté le 15 septembre 2000. Dans le même temps, le "Sarcophage" érigé en 1986, s'est progressivement effondré, entrainant un appel d'offre en 2004 pour concevoir et construire un nouvel équipement de protection, dont la construction a débuté en 2012.

De nouveaux travaux de démantèlement des structures instables du "Sarcophage" sont prévues dans un proche avenir. Selon les concepteurs du nouveau conditionnement, la nouvelle installation sera en mesure de résoudre le problème pour une durée d'au moins au moins cent ans.

En attendant, la liquidation totale de la centrale est prévue pour 2065.

EH

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