Les événements qui ont secoué l'Ukraine en 2020

Les événements qui ont secoué l'Ukraine en 2020

Ukrinform
L’Ukraine a été marquée cette année non seulement par la pandémie du coronavirus, mais aussi par de nombreux autres épisodes à forte résonnance.

Ukrinform a préparé pour ses lecteurs une chronologie des événements qui ont secoué l'Ukraine en 2020.

1. LE CRASH D'UN AVION UKRAINIEN EN IRAN

Le 8 janvier 2020, dans la matinée, un Boeing 737 de la compagnie Ukraine International Airlines s’est écrasé peu après son décollage de l’aéroport international de Téhéran. L’avion à destination de Kyiv transportait 167 passagers principalement d’origine iranienne et canadienne, ainsi que neuf membres d’équipage. Il n’y a aucun survivant.

Immédiatement après l’accident, Ali Khashani, porte-parole de l’aéroport international Imam Khomeiny, a déclaré que le crash aurait vraisemblablement été causé par des difficultés techniques.

Dès le lendemain de l'accident, le Premier ministre canadien Justin Trudeau, se basant sur les informations des services de renseignement alliés, déclare que le Boeing aurait été abattu par un missile sol-air Tor-M15, ce qui est initialement réfuté par les autorités iraniennes. Le 11 janvier, celles-ci finissent par admettre avoir abattu l'avion par erreur et précisent le 21 janvier qu'il y a eu deux tirs de missiles. Le crash a eu lieu alors que la défense aérienne iranienne était en état d'alerte en raison d'une grande tension entre l'Iran et les États-Unis.

Toutefois, le 11 janvier 2020, l'état-major des forces armées iraniennes admet sa responsabilité dans la catastrophe et reconnaît une « erreur humaine », l'avion ayant été atteint par erreur par deux missiles surface-air. Le général de brigade Amir Ali Hajizadeh, commandant de la Force aérospatiale de l'armée des Gardiens de la révolution islamique, déclare endosser « la responsabilité » de cette erreur en précisant que « l'opérateur chargé de tirer les missiles a fait feu sans pouvoir obtenir la confirmation d'un ordre de tir à cause d'un «brouillage» des télécommunications. Le soldat a pris l'avion pour un «missile de croisière», il a eu «10 secondes pour décider» mais «a pris la mauvaise décision». » Selon l'état-major, «le coupable» de cette erreur doit être traduit «immédiatement» en justice.

2. LES PREMIERS CAS DE COVID-19 EN UKRAINE

Le 3 mars, l'Ukraine a détecté le premier cas d’infection à la Covid-19 chez un homme originaire de Tchernivtsi qui est arrivé d'Italie en Roumanie par avion, puis s'est rendu en Ukraine en voiture. Le 12 mars, deux autres cas d'infection à coronavirus ont été officiellement confirmés. L'infection a été enregistrée dans les régions de Tchernivtsi et de Zhytomyr.

L'Ukraine ferme alors tous ses établissements scolaires. Le 13 mars, alors que le pays compte un mort et trois cas et que ses structures hospitalières sont insuffisantes, le gouvernement décide de fermer ses frontières à tous les étrangers. Les Ukrainiens voulant rentrer doivent se soumettre à une quarantaine s'ils ont séjourné dans un pays à risque. Le gouvernement décide le même jour de suspendre toutes les liaisons aériennes à partir du 17 mars.

Le 12 mars 2020, les centres commerciaux, salles de sport, restaurants et cafés sont fermés. Le transport routier interurbain et interrégional est suspendu. Les points de passage pour les services publics, ferroviaires et de bus sont fermés le 17 mars. Le retour dans leur pays des citoyens ukrainiens doit se faire en voiture, à pied, ou grâce à certains vols occasionnels spécialement affrétés.

Le 25 mars, l'Ukraine déclare un mode d'urgence national de trente jours et prolonge les mesures de quarantaine jusqu'à la même date.

Des mesures de quarantaine rigoureuses se sont poursuivies jusqu'au 11 mai. Peu à peu, elles ont été affaiblies: la réouverture des magasins non alimentaires, des cliniques dentaires et des salons de beauté a été autorisée. Les parcs et les terrains de jeux ont été ouverts. Le 22 mai, l'Ukraine a repris le trafic intérieur de passagers, les transports de surface des villes ont recommencé à fonctionner comme d'habitude et les métros ont circulé le 25 mai.

Le 22 mai, le Conseil des ministres a introduit une quarantaine adaptative: des restrictions dans les différentes régions ont été établies en fonction de la situation épidémiologique locale.

Le 11 novembre, le Cabinet des ministres a décidé d'abandonner la quarantaine adaptative et a introduit des restrictions de niveau «orange» sur tout le territoire de l’Ukraine. Actuellement, le confinement a été prolongé jusqu'au 28 février 2021.

3. LES INCENDIES DANS LA RÉGION DE TCHORNOBYL ET DE ZHYTOMYR

Le 4 avril, un incendie de forêt à grande échelle s'est déclaré dans la zone d'exclusion de Tchornobyl sur le territoire de la forêt de Kotovsky. Il n’a été maitrisé qu'au bout de 10 jours, et dans certains endroits, les pompiers ont continué d'éteindre le sol forestier jusqu'au 3 mai.

Selon l'Agence nationale pour la gestion de la zone d'exclusion, 20 000 hectares de territoires de la zone de Tchornobyl ont été touchés par ces incendies, dont 30% de forêts. De rares représentants de la flore et de la faune ont été menacés.

Le 15 avril, la police a dénoncé deux hommes pour avoir déclenché délibérément des feux dans la zone d’exclusion en brûlant des ordures. Le lendemain, une autre personne a été arrêtée par les policiers pour la même raison.

Après cet incident, la Verkhovna Rada a adopté une loi renforçant la responsabilité à l’encontre de ceux qui brûlent la végétation sèche.

Cependant, dès le 16 avril, le service d'urgence de l'État a été averti d’un autre incendie, dans le territoire de la région de Zhytomyr. Rapidement, le feu s’est propagé à d’autres villages, Ostrovy, Dyvochyn, Zhourba, Mahdyn et Lytchmany du district d’Ovroutch.

Les incendies ont touché 4300 hectares du territoire. Il a détruit 39 maisons habitées. Le Conseil des ministres a alloué 25 millions d'UAH pour réparer les conséquences des incendies dans la région de Zhytomyr.

4. LE VIOL À KAHARLYKH

Dans la nuit du 23 au 24 mai 2020, Nelya Pohrebytska, une jeune femme originaire de la petite ville de Kaharlykh, région de Kyiv, a été convoquée au poste de la police locale afin de témoigner dans une affaire de viol. Mais, une fois sur place, elle n’a pas été interrogée, mais intimidée et violée par deux policiers.

Au début de la matinée, la jeune femme a réussi à s’échapper. Elle s’est alors adressée à l’hôpital où les médecins ont attesté qu’elle avait été violée, battue et torturée. 

Le 25 mai, le Bureau d’investigations de l’État d’Ukraine a engagé une enquête préliminaire à l’encontre de deux policiers accusés de viol. Le 26 mai, le tribunal du district Holosiivsky de la ville de Kyiv les a placés en détention provisoire sans droit à la liberté sous caution.

Le 27 octobre, le Bureau du procureur général de l’Ukraine a délivré un acte de suspicion à l’ancien chef de police de Kaharlykh, accusé d’avoir cautionné des tortures dans les locaux de la police. Il a été assigné à résidence.

Le 2 décembre, cinq autres policiers de Kaharlykh ont été arrêtés dans l’affaire des tortures et des arrestations illégales.

5. LES INONDATIONS DANS L’OUEST DE L’UKRAINE

Le 23 juin, les intempéries en Ukraine ont provoqué les pires inondations en dix ans dans l’ouest du pays. Près de 800 personnes ont été évacuées et trois personnes sont décédées.

Près de 200 localités ont été partiellement inondées dans quatre régions, dont la plus touchée est celle d’Ivano-Frankivsk, frontalière de la Roumanie et dont près de la moitié est occupée par le massif montagneux des Carpates, a précisé le ministère de l’Intérieur dans un communiqué.

Les intempéries, qui se sont poursuivies, ont détruit 110 kilomètres de routes et 90 ponts, coupant l’accès à une trentaine de localités. Ces inondations sont les plus importantes depuis celles de 2008 qui avaient fait 39 morts dans l’ouest de l’Ukraine. Certains experts mettent en cause les coupes massives et souvent illégales de bois dans les Carpates, qui pourraient selon eux être à l’origine de ces catastrophes.

Le gouvernement ukrainien a alloué plus de 700 millions d'UAH à des mesures prioritaires pour surmonter les conséquences du mauvais temps et a demandé à la Rada de s'entendre sur l'attribution de 2 milliards d'UAH supplémentaires. Le 21 juillet, le président Volodymyr Zelensky a signé la loi N° 746-IX sur les amendements à la loi ukrainienne sur le budget de l'État de l'Ukraine pour 2020, que la Verkhovna Rada a adoptée le 3 juillet 2020. Les dommages causés par les éléments ont été estimés à au moins 2,5 milliards d'UAH.

6. LE TERRORISTE DE LOUTSK

Le 21 juillet, dans la matinée, à Loutsk, région de Volhynie, un individu armé menace de faire exploser un bus avec une vingtaine de passagers à l’intérieur. Le délinquant a déclaré qu'il possédait des explosifs ainsi que des armes automatiques.

À l'issue d'une conversation téléphonique avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky, l’homme a accepté de libérer une femme âgée, un adolescent et une jeune femme. Les dix otages restants ont ensuite été libérés à l'issue d'une opération des forces spéciales et de la police, selon les services de sécurité ukrainiens (SBU).

Plus tard, le président Volodymyr Zelensky a publié une vidéo sur Facebook, en réponse à une exigence du preneur d'otages, et a appelé «tout le monde à regarder le film Earthlings sorti en 2005», en référence à un documentaire américain sur le mauvais traitement des animaux destinés à être des animaux domestiques.

Le preneur d'otage s'est rendu à la police, selon le ministère de l'Intérieur. «C'est fini!», s'est félicité le ministre de l'Intérieur Arsen Avakov sur Twitter, en publiant une photo de l'assaillant allongé par terre, menotté, aux côtés des membres des forces spéciales. «Nous n'avons perdu personne», a souligné dans un message sur Facebook le président Zelensky.

Selon Anton Herachtchenko, vice-ministre de l’Intérieur, l'homme avait appelé, depuis le bus, la police, se présentant comme Maxime Plokhoï, un pseudonyme pouvant être traduit par «Maxime le méchant». Plus tard dans la journée, l'assaillant a été identifié comme étant un citoyen ukrainien de 44 ans originaire de la région russe d'Orenbourg, déjà condamné à deux reprises, notamment pour «banditisme», «fraudes» et détention illégale, et ayant passé près de 10 ans en prison en Ukraine.

Des messages postés sur les réseaux sociaux sous le nom de «Maxime Plokhoï» ont indiqué qu'il était armé, notamment d'explosifs, qu'il était «contre le système» et avait demandé que les personnalités les plus importantes du pays, à commencer par le président, postent des messages sur les réseaux sociaux où ils ternissent leur image ou se comportent de manière ridicule.

7. LE PÉTROLIER DELFI

Dans la nuit du 21 au 22 novembre 2019, une forte tempête a arraché l'ancre du pétrolier Delfi, qui se trouvait dans la zone d'eau du port de «Pivdenne» dans la région d’Odessa. Le navire a fini par s’échouer au large d’Odessa, les membres de l'équipage ont été évacués.

À la suite de l'accident, la côte a été polluée et les fuites d'hydrocarbures sont devenues plus fréquentes avec le début de l'été. En juin 2020, une importante nappe d'hydrocarbures a été découverte près du pétrolier, après quoi la plage où le navire était bloqué a été interdite aux vacanciers.

L'armateur a promis de procéder à l’enlèvement du Delfi avant le 31 mars, mais il a reporté à plusieurs reprises la levée du pétrolier. Il y a eu plusieurs tentatives pour éloigner le pétrolier de la côte, mais elles se sont toutes soldées par un échec. La première tentative a eu lieu le 18 juillet et s'est terminée par la rupture d'une des cordes en nylon. Lors de la deuxième tentative le 26 juillet, c’est un câble d'acier à l'aide duquel l'un des remorqueurs tentait de déplacer le navire qui s’est rompu.

Finalement, le 10 septembre, le pétrolier a été transporté au port maritime de Tchornomorsk. Au total, les travaux de retrait du navire de l'échouage ont duré 30 jours et ont coûté environ 14 millions d'UAH.

8. L’INCENDIE DANS LA RÉGION DE LOUHANSK

Le 30 septembre, un nouveau feu de forêt s’est déclaré sur le territoire de l’Ukraine, cette fois, dans la région de Louhansk. Poussés par des conditions météorologiques « extrêmement difficiles » — un temps sec et des rafales de vent - près de 150 incendies se sont déclarés dans la région de Louhansk, ravageant au total plus de 11 000 hectares, selon le Service des situations d’urgence de l’Ukraine.

Trois avions bombardiers d’eau et un hélicoptère ont été déployés sur place. Les feux ont endommagé quelque 250 maisons dans huit localités et 120 personnes ont dû être évacuées. 

Les autorités ukrainiennes ont fermé l’unique point de passage entre les territoires contrôlés par le gouvernement ukrainien et la pseudo République populaire de Louhansk, car l’incendie avait provoqué l’explosion de mines autour de ce site et détruit une partie du pont.

Selon les informations communiquées par le Bureau du procureur de l’Ukraine, neuf personnes ont été tuées et dix autres blessées dans les feux de forêt.

Le 13 octobre, le Cabinet des ministres a alloué 185 millions d'UAH sur le fonds de réserve du budget de l'État pour indemniser les victimes des incendies de forêt dans la région de Louhansk.

9. LE CRASH D’UN AVION MILITAIRE DANS LA RÉGION DE KHARKIV

Le 25 septembre, vingt-six personnes, pour la plupart des élèves d’une école militaire, ont péri dans le crash d’un avion de transport militaire, lors d’un vol d’entraînement dans l’est de l’Ukraine. Deux étudiants ont survécu à la catastrophe, mais l’un d’eux, dans un état « extrêmement grave », est décédé le samedi matin suivant, selon le ministre de la santé. Le deuxième blessé s’est rétabli quelques jours après l’accident.

Le précédent bilan faisait état de 23 morts et deux disparus. Au total, l’avion transportait 27 personnes, sept membres d’équipage et 20 étudiants de l’Université nationale de l’aviation de Kharkiv, à l’est du pays.

Selon de premières informations, le commandant de l’équipage qui pilotait l’appareil a signalé une panne de l’un des moteurs sept minutes avant le crash et demandé de pouvoir atterrir d’urgence. Cependant, l’enquête n’a pas encore déterminé les causes de l’accident.

10. DES ÉLECTIONS EN PÉRIODE DE PANDÉMIE

Le 25 octobre, des élections locales ont eu lieu en Ukraine en vertu du nouveau Code électoral, qui introduit un système de listes ouvertes des partis, réduit le nombre de députés et élargit les possibilités de leur rappel.

La pandémie Covid-19 a été la plus grande menace et obstacle aux élections de 2020. Et bien que les élections aient eu lieu, la situation épidémiologique dans le pays a eu un impact négatif sur le taux de participation: la CEC a rapporté qu'il a été d'environ 37%. Selon certaines estimations, le non-respect des exigences sanitaires et de la distanciation sociale lors des campagnes et du vote ont été l'une des raisons de la forte augmentation de l'incidence d’infection dans les semaines qui ont suivi les élections.

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