Les revenus pétroliers de la Russie chutent de 20 % en un an sous l’effet des sanctions et de la baisse des prix – FT
En 2025, les revenus de la Russie issus des hydrocarbures ont diminué d’environ 20 % en raison de l’augmentation des rabais sur le pétrole russe, des sanctions et de la baisse générale des prix mondiaux, rapporte le Financial Times.
Après que les États-Unis ont imposé des sanctions contre Rosneft et Lukoil, l’écart entre le prix du pétrole de référence Brent – qui se négocie actuellement à son plus bas niveau depuis 2021 – et le mélange d’exportation russe Urals a presque doublé par rapport à octobre. Selon les calculs du FT basés sur les données d’Argus, le rabais est passé à plus de 24 $ par baril contre 15 $ les deux années précédentes.
Combinée à la faiblesse des prix mondiaux, cette situation a réduit les revenus pétroliers de la Russie en 2025 d’environ un cinquième par rapport à 2024. Cela démontre comment les sanctions américaines affectent toujours significativement les revenus pétroliers russes, et montre que l’Occident peut encore infliger des dommages importants à l’économie russe près de quatre ans après le début de la guerre à grande échelle.
Le pétrole génère plus de revenus que le gaz pour la Russie, un écart qui s’est creusé depuis la perte du marché européen du gaz en 2022, rendant ces revenus encore plus sensibles aux fluctuations des prix. En décembre, le pétrole Urals est tombé à 39,2 $ le baril, son niveau le plus bas depuis la pandémie de Covid-19. Selon un ancien haut responsable du secteur énergétique, pour certaines livraisons récentes vers l’Inde, le prix est même tombé à 22‑25 $ le baril, à peine suffisant pour couvrir les coûts d’extraction. « Si les États-Unis renforcent encore les sanctions, la seule manière de vendre du pétrole sera par pipeline », a ajouté cet interlocuteur.
Les sanctions ont également réduit la part des revenus pétroliers dans le budget global de 50 % à environ 24 %, soit le niveau le plus bas depuis dix ans. Pour compenser ce déficit, le Kremlin a été contraint d’augmenter la TVA et les taxes pour les petites entreprises.
La hausse des dépenses militaires combinée à la baisse des revenus pétroliers a entraîné un déficit budgétaire de 2,6 % du PIB en 2025, soit cinq fois le niveau prévu. C’est la quatrième année consécutive de déficit, l’une des plus longues périodes depuis le début du règne de Vladimir Poutine.
Les sanctions ont également obligé la Russie à consentir à d’importants rabais pour conserver ses volumes d’exportation. Selon le Centre de recherche sur l’énergie et l’air pur (CREA), les importations russes de pétrole par voie maritime vers la Chine ont augmenté de 23 % en décembre par rapport au mois précédent, tandis que celles vers l’Inde ont diminué de 29 %. Toutefois, d’après les analystes, l’exportation maritime moyenne devrait atteindre environ 410 000 tonnes par jour d’ici fin janvier, soit 11 % de moins que l’an dernier.
La pression s’accentue avec le renforcement du rouble, dont la valeur dépasse celle prévue dans le budget. Cela signifie que la Russie reçoit moins de roubles pour chaque dollar issu de ses exportations. Si les prix du pétrole restent bas et que le rouble reste fort, le déficit budgétaire pourrait atteindre environ 3 000 milliards de roubles d’ici la fin de l’année, soit près de 7,5 % des revenus que Moscou espère obtenir en 2026.
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