L'AIEA alerte sur les risques liés à l'intensification de l'activité militaire autour des installations nucléaires ukrainiennes
L'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) s'inquiète de la multiplication des vols de drones et des alertes aériennes autour des centrales nucléaires ukrainiennes. Une trêve localisée, négociée sous son égide, a certes permis jeudi de réparer un transformateur de secours près de Zaporijjia. Mais cette accalmie ponctuelle ne masque pas une dégradation globale de la situation.
La centrale de Zaporijjia, occupée par les forces russes, dépend d'une alimentation électrique extérieure pour faire fonctionner ses systèmes de sûreté, même à l'arrêt. La réparation menée pendant le cessez-le-feu vise à sécuriser cette connexion. « Des efforts diplomatiques persistants peuvent aboutir à des résultats concrets », a estimé le directeur général de l'AIEA, Rafael Grossi.
Le répit reste cependant isolé. À Tchornobyl, les équipes de l'agence ont compté 134 drones en une semaine, contre 80 la précédente. Le 9 octobre, l'un d'eux s'est écrasé à deux kilomètres du site, provoquant un incendie vite contenu. La centrale du Sud de l'Ukraine a signalé 121 drones, celle de Khmelnytskyï 31, celle de Rivne un seul. Au total, 194 alertes aériennes ont retenti autour des installations nucléaires en sept jours. À Khmelnytskyï et Rivne, les équipes de l'AIEA ont dû se mettre à l'abri à plusieurs reprises.
Pour Rafael Grossi, cette activité militaire croissante représente un danger pour la sûreté nucléaire, même sans frappe directe. Il a une nouvelle fois appelé toutes les parties à la retenue.
Ces tensions s'ajoutent aux difficultés d'un système énergétique déjà éprouvé, à quelques semaines des grands froids. Pour les millions d'Ukrainiens rentrés chez eux, rester dépendra autant de l'évolution des combats que de leur capacité à passer l'hiver.