La Grande-Bretagne et l’UE envisagent la saisie de pétroliers de la « flotte fantôme » russe
Le ministre britannique de la Défense, John Healey, a rencontré ses homologues des États baltes et d’Europe du Nord pour discuter de la possibilité de capturer ces navires pétroliers utilisés par la Russie pour contourner les sanctions. Ces échanges se sont déroulés en marge de la Conférence de Munich sur la sécurité, au sein du groupe des Forces expéditionnaires conjointes (Joint Expeditionary Force), une alliance de dix pays engagés dans la sécurité de l’Atlantique Nord et de la mer Baltique.
Selon des participants et des personnes informées, le chef d’état-major de l’armée britannique, Richard Naiton, a présenté plusieurs scénarios d’action, incluant des opérations conjointes pour arraisonner les navires. Le ministre estonien de la Défense, Hanno Pevkur, a déclaré après la réunion que « l’atmosphère et la compréhension générale étaient qu’il fallait être plus actifs ». Il a ajouté que les pays accordant leur pavillon à ces tankers devaient savoir que d’autres États pourraient prendre des mesures appropriées, tout en soulignant la nécessité de poursuites discussions avant toute décision.
Le ministre estonien des Affaires étrangères, Margus Tsahkna, a pour sa part noté que certains participants restaient prudents en raison de craintes d’escalade.
Ces opérations pourraient s’inspirer des actions américaines, qui ont récemment arraisonné plusieurs tankers près du Venezuela, dont certains liés à la Russie. Le degré d’implication des États-Unis dans cette initiative menée par Londres reste incertain, mais une coordination semble probable. Moscou a déjà exprimé son inquiétude face à ces saisies, des responsables russes ayant demandé officieusement à Washington d’y mettre fin.
La « flotte fantôme » russe (ou « flotte de l’ombre ») compte environ 1 500 tankers opérant sous pavillons fictifs ou de complaisance, souvent sans respecter les normes de sécurité et d’assurance. Plus de 600 d’entre eux font déjà l’objet de sanctions de l’UE, du Royaume-Uni et des États-Unis en raison de leurs liens avec la Russie.
Parmi les précédents récents : le 7 janvier, la Grande-Bretagne a aidé les États-Unis à saisir le tanker « Marinera » battant pavillon russe. Le 22 janvier, la marine française a intercepté un pétrolier en route depuis la Russie vers la Méditerranée.
Ces discussions reflètent la volonté croissante des alliés occidentaux de resserrer l’étau sur les revenus pétroliers russes, qui financent en grande partie l’effort de guerre en Ukraine, près de quatre ans après le début de l’invasion à grande échelle.
Photo : AI